gruyeresuisse

20/08/2021

Les excursions de Markus Schwander

Schwander bon.jpgMarkus Schwander, Kloster  Schoenthal, Langenbruck, du 4 juillet au 3 octobre 2021.
 
Artiste et professeur à l’Institut LGK LLAD de la Haute école d’art FHNW, dans divers projets de recherche, Markus Schwander s’est intéressé à la perception spatiale. Explorer le paysage reste pour lui une méthode d’investigation importante pour son travail artistique comme pour son enseignement.
 
Schwander 2.jpgLes excursions - cette part apparemment objet d'un logos superfétatoire -  lui servent à étudier la perception de l’espace. Le fait de marcher ensemble est analysé comme une constellation permettant de reconnaître et d’influencer les facteurs qui déterminent l’action, c’est-à-dire de façonner l’action collective lorsque le regard s'ouvre.
 
Schwander bon 2.jpgL’artiste présente dans cette exposition des exemples artistiques pour illustrer le rapport entre l’espace et la perception, et la reconstruction permanente de ce rapport. Ce qui prouve que et entre autres, l'excursion n'est pas seulement un moyen d'exister à temps partiel mais de maîtriser les amarres de ce que nous nommons rapidement le paysage sans comprendre ce que cela engage. Un acte aussi trivial peut devenir un travail de magie.
 
Jean-Paul Gavard-Perret

19/08/2021

Mireille Fulpius : structures poétiques pour digressions urbaines

Fulpius.jpgArt en plein air, Môtiers du 20 juin au 20 septembre 2021, "Avoir" lieu, 3 installations à Chambéry et aux Charmettes du 15 juillet au 30 octobre 2021
 
Fulpius 2.jpgDans son land-art Mireille Fulpius crée  des compositions sculpturales et des installations in situ. Auparavant, dans une ancienne forge, à Marchissy, entre Genève et Lausanne,  elle soudait d’importantes pièces métalliques géométriques. Depuis, elle a changé de lieu, de pays, de matière. Elle prépare ses oeuvres en  son atelier à Seyssel, en Haute-Savoie, dans une ancienne friche industrielle des Ateliers de la Poudrière. La franco-suisse pour transformer le bois devient   bûcheron, charpentier, architecte, designer, sculpteur, peintre, graveur. Reliée au réel dans une approche concrète elle fait de son atelier un laboratoire expérimental, S'y préparent ses installations de grande envergure en milieu naturel ou urbain. Elles sont éphémères et façonnées de façon réfléchie et ludique  en un "art constructif modulaire, libre et inventif"  écrit l'artiste.
 
Fulpius 3.jpgSon lieu de création se divise en un atelier d’art graphique avec  presse à rouleau et de l'autre un immense espace  où elle élabore ses sculptures à la tronçonneuse dans les essences de bois les plus variées : chêne, cèdre, acacia, peuplier. Progressivement les planches de pin, bambou ou épicéa sont émincées en fines et longues lanières pour être ensuite tressées, métamorphosées en compositions inattendues dans l’atelier. Quant à ses  travaux sur papier, ils  se déclinent sous la forme d’esquisses à la pierre noire sur papier coréen, d’empreintes de bois, de dessins glacés spatulés d’encre.
 
Au besoin  la sculpture devient le plus abstrait des arts.  Ses ensembles monumentaux créent des, montages capables de proposer divers types d’interactions entre l'espace et les passants. Ils sont saisis par le rythme que crée de telles "partitions" avec leurs traits  multidirectionnels, leurs effets de reliefs et comme une symbolique rattachée à la culture orientale. Cela demande sans doute un effort de reconstruction chez les regardeurs au moment où ils avancent entre formes et traces en divers types de progressions.
 

Jean-Paul Gavard-Perret

18/08/2021

Thomas Hauri : tout ce qui s'ouvre

Hauri.jpgThomas Hauri, "In the Abbot's Room", Kloster  Schoenthal, Langenbruck, du 6 juin au 12 septembre 2021.
 
C'est dans un lieu magique à la fois champêtre et un rien industriel  que Thomas Hauri poursuit son travail fascinant de diverses biffures et sutures.  Renversant tous  les systèmes de représentation et de lecture des images, l'artiste en propose ici une superbe mise en scène. Si bien que les œuvres peintes deviennent parties prenantes d'une forme d'installation.
 
Hauri 3.jpgLe pouvoir de telles images par le "caviardage" programmé crée une régence ironique et puissante au sein  des éléments d’architecture aussi bien de l’image que  du lieu. Ils deviennent des prélèvements reconstitués qui font prendre conscience à la fois des limites de tout discours et de la richesse de l’image. Celle- ci s'éloigne de la triste bourrelle des formes classiques.
 
Hauri 2.jpgSe crée - au sein d'un milieu austère, sobre où demeurent néanmoins des indices d'une vie particulière voire traditionnelle - la présence d'un monde unique. Il permet de pénétrer dans le vif de la mémoire par des traversées de l'inconscient. Hauri arrache au logos pictural sa part non essentielle pour n'en conserver que ses flux et reflux.
 

Jean-Paul Gavard-Perret