gruyeresuisse

30/08/2021

La poésie visuelle progressive de Catherine Bolle

Bolle.jpgCatherine Bolle, "Eaux nomades"", Fabienne Levy. Lausanne, à partir du 10 septembre au 23 octobre 2021.
 
Catherine Bolle fut à l'origine de ce blog. Elle devint la première artiste qui a inspiré une longue traversée l'art de et/ou en Suisse. Et elle reste une pièce maîtresse de cette accumulation de regards. Son oeuvre parfois monumentale parfois plus discrète reste en absence de toute figuration humaine ou paysagère car l'artiste s'intéresse avant tout aux traces que laissent les humains et ce qu'ils créent dans leur développement.
 
Bolle 2.jpgLa place majeure de Catherine Bolle dans l'art helvétique s'explique par l'exigence de son travail en ses diverses approches de perfections, de matières et techniques. L'artiste cherche toujours à comprendre. Et voir comment au sein de son apparente immobilité une image bouge (d'où le titre de l'exposition)  à la fois par le déplacement de celles et ceux qui la regardent comme par les intentions de la créatrice.
 
Bolle 3.jpgIntéressée - entre autres - par le dessin et la transparence, elle redonne vie à l'image autant dans l'espace publique que dans des travaux plus intimes et quel qu'en soit le format. L'artiste se trouve désormais à la croisée des chemins. Va-t-elle continuer à répondre à des appels (entre autres d'architectes) ou en travaillant seule à seule face à elle-même dans une révélation et réverbération intimistes et selon des expérimentations qui se créent en avançant ? A la fois intellectuel et sensible son travail reste la recherche de nouvelles images en explorant comment font les autres mais aussi en développant leurs propres intuitions sans que la sienne demeure en reste. Bien au contraire.
 
Jean-Paul Gavard-Perret

29/08/2021

Catherine Meurisse à Bâle, entre humour et sagesse

Meurisse bon.jpgCatherine Meurisse, "L’humour au sérieux", Cartoonmuseum, Bâle, du 6 novembre 2021 au 20 mars 2022.
 
Catherine Meurisse est l’une des dessinatrices françaises les plus connues d’aujourd’hui. Elle dessine des caricatures sur l’actualité, a créé des reportages de bandes dessinées et plusieurs romans graphiques, ainsi que des livres pour enfants. C'est à l’âge de 18 ans que pour elle tout commence avec la visite de l’école Estienne, à l’occasion des journées porte ouverte.  Les élèves de l'institut lui donnèrent "l’impression d’être les apprentis de Daumier et Doré".
 
Meurisse 2.jpgSes professeurs de collège et de lycée l’avaient toujours encouragée à faire quelque chose de son coup de crayon. Car comme tout dessinateur professionnel, elle fit de nombreuses caricatures de profs à l’école et n’a jamais lâché le crayon même si elle ne pensait pas en faire un jour un métier. Etant de nature assez inquiète, elle a d’abord voulu gonfler son bagage universitaire au cas où sa carrière dans le dessin tournerait court. La provinciale monte à Paris et bientôt ses œuvres paraissent dans "Le Nouvel Observateur", "Libération" et d’autres journaux. Depuis elle est devenue la première caricaturiste membre de l’Académie des Beaux-Arts.
 
Meurisse 3.jpgL’exposition au musée du dessin animé de Bâle présente des dessins originaux de toutes les œuvres de l’artiste souvent distinguée. Celle qui travaille depuis 2001 pour "Charlie Hebdo", en 2015 échappa de justesse à l’attentat contre le magazine satirique qui tua onze de ses collègues. Depuis, elle cherche d’autres thèmes et images dans la beauté de la nature et des arts. Elle a créé deux romans graphiques avec des traits autobiographiques : "La Légèreté" et "Les grands espaces". Quant à "La facilité", l'album décrit de manière touchante comment elle se bat pour revenir à la vie par la perte et le deuil. Et avec "Delacroix", Catherine Meurisse réalise en 2019 une magnifique mise en scène des souvenirs d’Alexandre Dumas à Eugène Delacroix.
 
Jean-Paul Gavard-Perret

Jambistes unis

Ruth.jpgFini la pose, haro superflu. Foutriquet me dis-je car je me doigt à ma promise. A deux nous serons une fois de plus vieux tigres de guère, oiseaux bécasses, hirondelles rasantes,  bas cygnes au trognon blanc de hures plus que de plumes. T'honorer de tant de vilaines pensées qui finissent en boulemimine. Gloire aux nuées, gares aux écailles. A foison dans ta toison pour une ablumition. Au drap, audace,  se taper une bonne tranche de jambons  tandis que nos jambes fidèles comme des cœurs s'ouvrent ou se tendent c'est selon. Oh mon océane., fais que je te fasse comme le taureau à la vache au Léon. Que je sois couturier de vieille dame avant que Dieu me damne. Enfant j'étais si sombre que je ne connus jamais la pâmoison. Mais désormais nous souterons comme gars de la sardine à Oléron. Oui je permets que tu me bénisses tandis que je remise mon dernier jeton. C'est tombal et velouté. C'est volupté. Valseur valsant pour l'allegro à perpétuité, allez gros ! Allez Ruth à bagage ! Grelot, grelot. Je suis le Petit Robin de ton fourré, le Robinson de ton vendredi maigre. Il me faut souquer, sabrer, conjuguer, m'ensevelir et mastiquer. Admire, admire, Princesse et pince moi encore pour savoir si je rêve. Il y a si longtemps qu'en vieux Poil de Carotte  je n'ai pas roux coulé. Réinventons le corps quoique sans âge. Comme des ambitieux soyons notre propre songe. Qu'importe nos phrases incomplètes et nos musiques inachevées.
 
Jean-Paul Gavard-Perret