gruyeresuisse

03/12/2018

Helmut Newton ou le "caliente" décalé

Newton 2.jpgHelmut Newton restera - qu'on le veuille ou non - le maître du nu. Non seulement il le "met à nu" mais en renverse les perspectives par ce qui tient de l'évidence et de la plongée en abîme. Subtiles et provocatrices, impudiques les photographies introduisent du "jeu" dans la nudité en multipliant des jubilations qui révèlent la puissance du féminin et de sa spécificité.

 

 

 

 

Newton 3.jpgLe photographe entraîne par ses prises et mises en scène dans et de l'inconnu(e) entre le vide et l'évidence. L’immobilité saisie est la résultante de tous les dépôts de vagues successives. Elles créent une suspension, un point d'équilibre. Elles éclairent ou  brouillent, moins pour la sensation que l’émotion, les cartes du tendre.

 

 

 

 

 

 

Newton.jpgL'œuvre prouve l'aboutissement d'un lent travail d'approches et de révisions. Celui d'un œil en mue perpétuelle et aussi obsessionnel qu'ironique. Il s'agit de dégager des constantes, de laisser des traces visibles et invisibles. Le corps s'ouvre et se referme. D'autres paupières se soulèvent dans la mémoire. La femme s'expose comme énigme. Une pulsation reste ce qui sourd du plus profond mangé d'ombres et de lumière.

Jean-Paul Gavard-Perret

Saul Leiter. David Lynch. Helmut Newton: Nus, Fondation Helmut Newton, Berlin, du 1er décembre 2018 au 19 mai 2019.

02/12/2018

Amères tunes et apnées juvéniles de David Besschops

DBesschops.jpgans "Placenta" une mère alitée narratrice déblatère contre son fils. Une aide familiale lui sert de chambre d’échos prouvant combien le transfert c'est les autres. Et ce au milieu d'apparitions périfériques dont une "Carington" en rien Eléonore mais éprise d'elle-même. Elle voudrait faire du livre un miroir. Ce que la narratrice ne permettra pas. Son accord des on ne se veut en rien abri puces ou bar à basses pour gay luron.

Joue contre jour "Placenta" avance ainsi vers la perte finale. Mais il est rarissime de lire de tels débaroulements dans la langue. Preuve que les irréguliers belges sont toujours vivants. Grace à eux l’ère de la renonculacée sans cesse annoncée esr retardée mais chaque rosier y a son fumier. Chaque pétale son pal, son palier, son espalier, ses auréoles, ses aréoles et toutes ses alvéoles.

Besschops 2.jpg

Besschops sait que toute vie se nourrit d’épines mais il ne s’en soucie pas.Qu’importe si des fleurs sont allongées dans des cerfeuils. On entend sonner le glaïeul. L’hallali du lilas a résonné. Font chorus quelques cris sans thème. Seules ancrées dans la nuit deux angéliques mélangent leur protubérance. Cela ne semble une aberrance que pour les abbés rances et pour les athées divins qui voient dans l'inceste l'action d'une femme dantesque et en rien dulcinée. Elle transforme l’enfer en un paradis qui , en ses salles de gym, fait autant d'haltères que d'égaux.

Jean-Paul Gavard-Perret

David Besschops, "Placenta", Editions Comor en Nuptial, Namur, 2018, 60 p..