gruyeresuisse

31/05/2022

Marisa et Mario Merz rebelles de l'art

Merz.jpgMarisa et Mario Merz, M.A.H., Musée Rath,  Genève, juin 2022.

Couple emblématique de l'Arte Povera Marisa et Mario Merz sont présentés au musée Rath. Pour la première l'art a été un moyen de faire sauter le verrou entre le réel et notre imaginaire de l’intime. Quant au second il n’a eu de cesse de rappeler la fragilité de notre inscription dans la nature. 

Merz 2.jpgAvec eux l'art a pris une nouvelle tournure et ils ont "encouragé à imaginer que l’art fait percevoir les contours des miroirs que nous posons trop souvent entre nous et le monde." D'où divers systèmes de jonctions mais aussi de renversements de valeurs.

Merz 3.jpg

 

Rien n'est superflu et à l'inverse tout est tendu  chez de tels rebelles qui vont à l'essentiel en leur voyage au long cours qui peu à peu donne forme à l'informe tant que faire se peut par ce qu'ils ajustent et rassemblent. 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

30/05/2022

Gérard Titus-Carmel et "l'inscrutable beauté de l'absence"

Titus.jpg"Filtrée par l'imposte" - en rien imposteur - surgit l'histoire (plus que la fiction quoique Titus-Carmel suggère ça et là)  du corps et celle de langage sont remis à plat par effet de double face. Preuve - au passage - que l'un est toujours multiple comme le sens est un feuilletage sauf à tomber dans des approximations dérisoires
 
Le poète évite toute simplification sans pour autant rendre la langue absconse. La clarté  est omniprésente pour illustrer notre panorama  à la fois familier mais mystérieux là où nos "tigres" nous agacent.
 
Titus-carmel1.jpgD'un tel langage en miroir et écho il faut retenir l'hallucination calme. Par plans alternatifs et  successifs se découvre une forme de perfection d'une double emprise qui renvoie aussi au jeu de dehors et de dedans où s'instaure une forme de béance propre à suggérer lorsque qu'elle s'impose "l'inscrutable beauté de l'absence".
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
Gérard Titus-Carmen, "Travers du temps", Editions Tarabuste, Saint-Benoît-du-Sault, mai 2022, 148 p., 16 E..
 

29/05/2022

Albane Prouvost : le jeu des mots et du vivant

Prouvost.jpgDepuis l'an deux mille, l'auteur crée un livre inachevable dont voici le troisième chapitre - si l'on peut dire.
 
De tels textes n’avancent jamais de manière logique mais en répétitions et variations. Les mots se combinent les uns aux autres :" avez-vous des questions renards embrasés ? /// renards embrasés posez vos questions /// avez-vous des questions renards embrasés ? / renards embrasés posez vos questions". Nous entrons ainsi dans un monde du mystère et de la combinaison quasi cosmique.
 
 
Prouvost 2.jpgAu lecteur, à la lectrice de reconstruire entrelacs et combinaisons en ce qui tient de réapprentissage de la langue : "le poirier demande une preuve /quelle preuve demande le poirier ?", cela devient une sorte de volute infinie., déroutante sans doute sauf à comprendre que les mots ne sont pas les choses. Ce qui ne les l'empêche pas de reconstruire un jeu du vivant.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
Albane Prouvost, "Renard poirier", La Dogana, Genève, mai 2022, n.p., 25 €..