gruyeresuisse

24/06/2021

Richard Meier, Jean Gabriel Cosculluela et le livre "érotique"

Meier Bon.jpgAvec Richard Meier - et c’est ce qui fait la force de son travail  – la littérature en finit avec l’idéal trompeur - que Nietzsche dénonçait - de la prétendue transparence. Le secret à l’oeuvre dans l’oeuvre s’il n’a pas pour  but de rester caché ne peut que montrer le bout de son nez. Il garde « forcément » toujours sa part d’ombre. Toutefois avec le créateur un "pas au delà" se franchit dans une aventure qui dépasse tous les rêves crépusculaire. Preuve que le déshabillé du livre  reste toujours une nécessité plus que compulsive.

 
 
Meier.jpgEn effet, avec Cosculluela,  il démontre que, dans son strip-tease - le livre  - pour reprendre le nom d’un ready-made de Duchamp - révèle le "bruit secret " du silence. Dès lors que devient un livre qu’on ouvre ? Sa nudité comme l'écrivait Bataille, "égale à l’exhibition de celle qui fut une nuit et pour toujours Madame Edwarda » (in  "Le renversement éternel").
 
Meier 2.jpgDans le sillage de la partition de John Cage "4' 33" et de la pièce de Shakespeare "Beaucoup de bruit pour rien", Cosculluela et Meier exhibent la nudité du livre. Elle ne s'oppose plus au dévoilement. Car en plus beau fils du monde et contrairement à Madame Edwarda, il donne plus que ce qu'il est, plus que ce qu'il a. Tout lecteur s'y engage à l'image de Meier intervenant sur les textes du poète comme il le fit récemment sur le "Comment c'est" de Beckett. Dès lors les deux livres deviennent des pieuvres littéraires à ventouses graphiques. Ils créent des ouvertures dans l’intégrité d’un organisme livresque. Là le vrai "érotisme".
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 

Jean Gabriel Cosculluela "Le livre nu", "Beaucoup de bruit pour rien &...", Encres de Richard Meier, et Richard Meier "Pour rien Beaucoup de bruit", Les deux : Voix Editions, Elne.

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