gruyeresuisse

12/06/2021

Religieuse amante

Brutus.jpgL’aimée ne veut pas que son amant dorme - entendons : s’abandonne à des songes où elle n’est pas partie prenante de son existence. Le vrai amour possède donc en lui le paradoxe de la nuit blanche : il faut arracher à l’autre sa possible absence. L’aimée veut être plus que le souvenir d’hier et l’illusion de demain. Elle veut être un désir présent qui ne veut pas que l’amant trouve le sommeil et abuse d’images. Pour elle celui qui dort non seulement ne l’aime pas mais la trompe avec des images. Il est un inconstant et doit demeurer dans ce que les Chinois anciens nommait la Nuit Originelle : celle où le sommeil est interdit, celle qui rappelle que l’amour n’est pas un songe et l’aimée un fantasme, celle où l’amante refuse que l’autre vive d’une autre vie et que sa sexualité s’évanouisse dans le sommeil. L’amour n’est donc pas réparateur. C’est l’animal-maître, l’épreuve humaine. Blanc est le souterrain nocturne de l’aimant tandis que l’enfer définit le sexe de l’aimante. Motus et bouche cousue tous deux plongent dans les flammes pour garder leur secret en leur lune de miel, dans la conjonction crue et vaginale de leur unité qui induit le voyage éternel et la conduite forcée du transport amoureux.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
Peinture de  Claudia Brutus 

Commentaires

C'est bien pessimiste... L'amante est parfois contente que l'amant dorme, elle a aussi besoin de faire ses choses propres. Évidemment, si elle pense qu'alors l'alant doit simplement exécuter sa volonté... Elle n'aime pas qu'il fasse la sieste, elle aimerait qu'il aille lui chercher à manger.

Écrit par : Rémi Mogenet | 12/06/2021

L'amant, pas l'alant

Écrit par : Rémi Mogenet | 12/06/2021

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