gruyeresuisse

13/05/2021

Marie-Ange Daudé et les espaces interlopes

Daudé 2.jpgSortant des sentiers battus, Marie-Ange Daudé capte par ses photographies ce qui généralement est ignoré. Sans cultiver un art de la ruine urbaine, ses interventions jouent des volumes où les cylindres - éventrés ou non - gardent leur importance poétique. L'artiste nous mène dans les marges. Elle utilise les vides et les pleins afin que, de contours inattendus,  se révèlent, des forces vives. 
 
Daudé.jpgElles jaillissent au sein de diffractions et d'entrelacs en un jeu avec d'espaces équivoques et poétiques afin de rendre le familier inconnu et l'inconnu le familier par effet de réalisme transformé. Les personnages deviennent des figures énigmatiques en situations incongrues. Si bien que l''artiste propose une forme d’apparition paradoxale, de présence en creux. L’image ne crée ni la possession carnassière des apparences, ni la mimesis dont le prétendu "réalisme" reste la forme la plus détestable. 
 
Daude 3.jpgLa créatrice joue du dedans et du dehors, de l’envers et de l’endroit en un cérémonial hallucinatoire mais non sans humour. L'imaginaire trouve la possibilité de faire émerger non une simple image au sens pictural du terme mais à une interrogation fondamentale sur l'existence à travers ce qui devient l'image de rien et de personne, de tout et de tous. La négation que l'artiste expérimente n’est donc qu’apparente par la mise en abyme du réel.
 
Jean-Paul Gavard-Perret

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