gruyeresuisse

12/05/2021

Manon et le féminisme

Manon.jpgManon, Centre Culturel Suisse de Paris, du 9 mai au 18 juillet 2021. (L’exposition fait l’objet d’une publication éditée par le Kunsthaus Zofingen chez Scheidegger & Spiess)

 
 
Depuis le milieu des années 1970, l’artiste suisse Manon (qui s’est choisie son propre nom pour s’extirper du nom du père) interpelle par son sens radical et subversif de la performance, de la mise en scène et de l’installation. L'artiste aborde la transformation sociétale, le féminisme et la révolution sexuelle. Son travail se place en conséquence  dans les problématiques du temps sur les relations de domination ou les notions d’identité et de genre.
 
Manon 2.jpgDès sa toute première œuvre "Le boudoir rose saumon" (1974) s’instaure cette ambiguïté entre l’intime et sa théâtralisation, le vécu et l’artifice.  Cette oeuvre - bondée de bibelots, de parures, d’objets fétiche symbole d’une hyper-féminité luxuriante - était la chambre à coucher personnelle de l'artiste. Ses séries de photographies ou photo-performances retracent la création et transformation de son propre personnage "Manon". Elle se et le décline en passant du corps sexualisé à une figure androgyne et jeu de travestie jusqu'à des séries de mascarade d’identités possibles. De ses portraits plus récents jaillissent fragilité, âge et maladie.
 
Manon 3.jpgManon développe aussi des environnements immersifs ou des scenarii voyeuristes, excluants. Les relations de pouvoir homme-femme, l’exhibitionnisme et le renversement de rôles constituent leur point de départ. La femme devient dangereuse captive enchainée qui, par exemple, expose six hommes comme des objets de désir dans une vitrine.  Elle s’approprie le corps et la sexualité et utilise le déploiement de la féminité exacerbée comme d’une stratégie féministe. Elle poursuit maintenant un travail existentiel à travers la photographie et la réalisation de grandes installations et une pratique d’écriture quotidienne.
 

Jean-Paul Gavard-Perret

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