gruyeresuisse

10/05/2021

Gérard Macé compagnon de route de ses semblables

Macé.jpgC'est en pensant (comme tout un chacun - mais pas n'importe comment ni pour dire n'importe quoi) que les poètes nous intimident et nous enchantent en rendant possible l'avenir de l'être et de la langue. Preuve qu'ils pensent en société au sein même de leur solitude. Pour autant cette pensée souvent verticale ne se laisse pas facilement appréhender dans leur création.
 
 
Macé 2.jpgA l'inverse, leurs textes  "annexes" permettent de comprendre ce qu'ils propagent comme pensée selon des formes inédites dégagées du pur logos. Macé rompt ainsi le "silence" de ce qui échappe aux mots de la tribu pour mettre à nu des processus capables d'ouvrir à la langue  pour la faire croître et multiplier la pensée.
 
Macé 3.jpgQuittant le giron du moi pour rejoindre une altérité - celle de ses pairs -  il donne la parole à ceux comme Mallarmé, habitués au rêve, viennent nous parler de la façon dont ils interpellent l'être, le monde et la langue. Par de tels commentaires - l'inverse d'un "comment taire" - les auteurs revisitent leur création. Macé établi une relation de fraternité avec eux. Elle repose moins sur une ressemblance que sur le partage d’une expérience. Elle répond à l'affirmation "nous ne saurons jamais". Par eux l'auteur rappelle  ce que - grâce à leurs plongées dans les gouffres- nous savons aujourd’hui.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 

Gérard Macé, "La pensée des poètes - Anthologie", coll. Inédit Essais Folio, Gallimard, Paris, 12 mai 2021, 386 p., 8,60 E..

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