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06/05/2021

David Fernandes et Nayansaku Mufwankolo : déconstruction du genre

Iel.pngNayansaku Mufwankolo & David Fernandes, "NGC 0218 CCDM 1713", Librairie galerie Humus, Lausanne, 13 mai 2021.
 
 
Les dessins de David Fernandes possèdent une présence et une atmosphère particulières. Quittant le Valais, le Lausannois d'adoption invente une esthétique symbolique qui est la résultante de diverses influences. Entre autres la peinture surréaliste, l’ésotérisme (notamment les cartes de tarot), les bestiaires et l’imagerie des années 80-90. David Fernandès tient à garder un côté pictural dans ses images. La composition, la couleur sont essentielles dans ses narrations visuelles. L'auteur ne cesse d'ouvrir des perspectives comme il le fait par exemple avec Nayansaku Mufwankolo pour l'exposition "NGC 0218 CCDM 1713" à la Galerie Humus pour la 9ème "fête du Slip", le festival pluridisciplinaire des sexualités.
 
Iel 2.jpgL'artiste ne se reconnait pas dans les deux genres admis et binaires : "je n’ai jamais voulu être un garçon et je ne me suis jamais sentix être une fille". Même face à la langue elle/il s'est retrouvée face à un mur. Il s'agit alors d'ajouter des mots, pour rendre visibles des franges de la communauté LGBTIQA+ laissées de côté. Mais Nayansaku Mufwankolo y a découvert à quel point le racisme était très présent de même que la transphobie, la mysogynie, etc.. Et de noter "On ne parlait pas du tout de notion d’intersectionnalité à ce moment-là."  Aujourd’hui, l'artiste vit pleinement sa différence car ses mots existent enfin. A travers recherches, lectures, échanges elle a découvert ce qui lui convient le mieux. Pour "iel" "La langue française cloisonne beaucoup trop, c’est pour cette raison que j’ai pris le parti d’utiliser le They/Them. Pour moi, c’est complètement neutre et désincarné. Cela me correspond complètement et je le revendique".
 
Iel 3.jpgA la HEAD-Genève et à l’Eracom où elle enseigne Nayansaku Mufwankolo précise ses buts : «J’essaie de sensibiliser au maximum et de déconstruire aussi les stéréotypes véhiculés à travers la production visuelle" et d'ajouter "Au sein de l’espace de travail  nous nous respectons les unexs les autres dans nos différences et de fait tout commentaire ou blague à caractère sexiste, raciste, LGBTIQA+ phobe, qui ne respecte pas les croyances des personnes, c’est dehors."
 

Jean-Paul Gavard-Perret

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