gruyeresuisse

15/04/2021

Les offrandes de Giacomo Santiago Rogado

Rogado bon.jpgGiacomo Santiago Rogado, "Kopf herz Bauch", Galerie Mark Müller, Zurich, du 24 avril au 5 juin 2021.
 
Giacomo Santiago Rogado délivre de bien des imbroglios que l'art entretient. Narrateur plastique il construit une légende muette. Nul discours est nécessaire. Résultat :  une liesse minimaliste, la fête de contacts implicites. Aucun incident ne vient déranger l’ordre : tout est accueil là où sous l'uniformité d'apparence se produit moins la sévérité qu’une poésie du diaphane.
 
Rogado 2.jpgDans les formes, disques, taches tout à la fois se divulgue et s'endigue. L'exubérance prend un aspect très particulier presque ascétique mais coloré. Un miracle maraude car le créateur est apte à capter un tumulte sourd. Il permet de rejoindre le flux d'une avancée là où le statique est métamorphosé. Par un contrôle constructif.  Rogado crée ce qui semble soumis à une astreinte.
 
Rogado.jpgIl n'existe pas à proprement parler de trame ou d'horizon mais un porte greffe minutieusement réglé : les éléments à l'identique créent une étrange parade. Elle laisse à la fois sans voix et bavard tant le regardeur ne peut se défaire de ce qui lui est servi sur ce plateau. L'œuvre semble "sans image" et pourtant elles abondent impeccables  et prégnantes en ce qui tient d'un cérémonial aussi discret qu'étrange. L'œil doit apprendre à saisir sa force et sa fantaisie.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
 

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