gruyeresuisse

22/03/2021

Charles Weber : insurrection des fantômes

Weber 1.jpgCharles Weber, "Lassithi Drive", Galerie Patrick Cramer, Genève, jusqu'au 5 mai 2021.
 
 
Dehors la lumière claque. Mais les arbres n'ont pas du plomb dans l'aile. Les ombres rebondissent. Les fantômes ne changent pas. Ils se chargent. Ils ne prétendent à rien. Ils disent à peine - puisque en les photographiant Charles Weber les invite - :  « Venez par là ».  Que faisons-nous alors ? Reste une immatérielle lenteur de  lunaisons pour attendre une légende. L'arbre est dedans. Il est  dans ce vaste monde.
 
Weber 2.jpgIl y a des arêtes, des traversées  d’un Eden dont on ne finira de descendre les volets. Il y a aussi une sur-vivance, une langue obscure. Saveur d’empreinte, de poivre vert en la cendre des jours. Mouvement de repli. Sutures pour la Belle au Bois Dormant en hiver gris.
 
Weber 3.jpgLa photographie saisit parfois des  silhouettes presque disparues. Tout rappelle parfois certains paysages d'Antonioni (L'Eclipse, Blow Up, Le Désert rouge). Ce qui fascine c'est  l'horizon défait, l’ultime tissu du monde . Mais aussi l’inverse de sa ténèbre, l’extase troublante, la rencontre impossible d'un seuil infranchissable.  
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 

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