gruyeresuisse

26/05/2013

Richter-Dahl Rocha & Associés : diptyque architectural

 

 

Richter.jpg Les architectes de Lausanne Richter - Dahl Rocha achèvent en ce moment à l’extrême nord du Campus de la ville un ensemble unique en Europe. Il est constitué d’un centre de congrès à infrastructure modulable et innovante dont l’amphithéâtre pourra recevoir  jusqu’à 2135 places et comptera une quinzaine de salles de réunions. Un bâtiment adjacent de 500 chambres d’étudiants avec commerces, restaurants et services complète l’infrastructure et répondra aux besoins croissants de la communauté EPFL.

 

Cet ensemble est caractéristique d’une utopie architecturale bien comprise. Richter et Dahl Rocha fidèles à leur philosophie cultivent des avancées formelles et technologiques loin d’une facticité aguicheuse et du pure « façade ». Dans le sillon creusé par leur expérience et leur imaginaire les architectes développent une fois de plus une œuvre qui attire et touche. Elle prolonge la contemplation et le plaisir par l’intelligence. Articuler  un bâtiment de prestige (Le Centre de Congrès)  et un bâtiment apparemment plus « commun»  prouve une volonté de complémentarité et d’harmonie.

 

 

 Richter 3.jpgRichter-Dahl Rocha refusent donc l’architecture qui cannibalise l’humain au profit de l’effet. Leur projet est à la fois simple et compliqué. L’appel à deux artistes (Catherine Bolle et Daniel Schlaepfer) n’est pas comme trop souvent un alibi superfétatoire  Par exemple avec la première créatrice il  s’agit d’introduire un symbolisme cosmographique et fractal dans le bâtiment d’habitation par l’intervention subtile de plus de 800 panneaux teintés puis peints afin de produire une vision macrocosmique du monde dans un jeu de « repons » entre Est et Ouest, Sud et Nord.

 

Tout dans ce projet renforce l’idée que l’architecture est réactive et « métaboliste »  ou n’est rien. Les deux créateurs l’ont bien en jouant de deux propos significatifs : tandis qu’un bâtiment fend l’air de son étrave l’autre protège. L’ensemble respire parfaitement et suggère à la fois l’idée d’innovation et de paix.  Dans ce diptyque l’imaginaire ne renonce pas à  franchir des seuils mais reste au service d’harmonies complexes. Plis et ruptures, jeux de couleurs font que les deux bâtiments se regardent et se complètent. Par le passage d’un lieu à l’autre, d’un moment à l’autre l’espace y devient temps. En ce sens aussi un tel projet  fera date.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

crédit photographique richterdahlrocha.com, ccra graetzel epfl.