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15/05/2020

Gian Marco Castelberg : portraits

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Le zurichois Gian Marco Castelberg donne aux visages connus ou inconnus une grâce.  La notoriété ne devient qu'un monde dans un monde où la puissance du nom est remplacée par la force des images. Au lieu de dresser des couronnes de laurier sur les têtes, l'artiste les métamorphose en un éloge disctret en soulignant ce qu'ils font juste par la beauté de leurs portraits.

 

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Gian Marco Castelberg poursuit sa quête d’une lumière secrète en réalisant des prises qui semblent saisies au coin d’une table mais qui deviennent comme un bruit de pluie le matin. Surgissent des sursauts de mémoire entre le fortuit et l’essentiel. Le monde de la création s’y brasse à travers les indices des clichés.  Ils deviennent des métamorphoses plus que de simples coups de chapeau

 

 

Castelberg2.pngAvec le photographe il n'est pas jusqu'aux chevaliers à la « triste figure » a devenir joviaux. Et même les coupeurs de têtes pourraient sembler agréables. Quant aux femmes elles sont ici plus belles que jamais. Le portrait devient la parfaite reponse en négatif au faux-semblant par un regard capable de donner à toutes et tous une qualité d'émotion là où par effet de choix d'angles et de lumière l’inconscient affleure. Ce qui ne veut pas dire que soit offert d'emblée sa signification

Jean-Paul Gavard-Perret

13/05/2020

Yale Joel le voyeur

YaleJoel.jpgEn novembre 1946, Yale Joel, photographe de "Life", installe un miroir bidirectionnel dans le hall du Lowes Criterion Theatre de Times Square, où le film "Dark Mirror" était projeté. À l’insu du public, il a caché son appareil photo l’autre côté du miroir Les spectateurs, à leur insu, s'y rajustent, se pomponnent.

 

YaleJoel2.jpgDix-neuf de ces photographies furent publiées dans Life à l'époque et cette exposition en ligne est la première re-présentation de cette série 74 ans plus tard. Surgit un travail de voyeurisme espiègle comme d'une recherche de l'identité. Femmes et hommes sont présentés dans l’ondoiement de tissus. L'effet civilisateur et séducteur du vêtement est montré. Jaillit aussi le questionnement sur la sexualité là où l'érotisation prend un tour des plus singuliers et accidentels.

Yalejoel3.jpgLes ajustements de dernière minute du maquillage et des vêtements soulignent nos propres tics quotidiens. Si bien qu'à l'époque du selfie l'artiste renvoie en ce qui fut son anticipation intempestive. Il prouve combien chacun est captivé par sa propre image. Le passant s'arrête un instant, cherche en des tréfonds obscurs du miroir un autre homme, une autre femme. Celui ou celle qu’il côtoie forcément (et pour cause..) mais qui mêle un certain "rêve" secret à l'évidence, pour mieux se rapprocher à l'image qu'il ou elle espère (plus ou moins) donner.

Jean-Paul Gavard-Perret

Yale Joel, "Mirror Mirror", Exposition en ligne, Laurence Miller Gallery, New York, du 4 mai au 27 juin.

04/05/2020

Sylvie Léget et les épaisseurs de la solitude - Exile on main streets

Leget 3.jpgSaisir est difficile : la photographie réclame une attention, un abandon et une intelligence secrète. Sylvie Léget les possède : chacune de ses œuvres "frappe" juste, va à l’essentiel en un point d’équilibre que l’artiste sait toujours atteindre. Son travail demeure pourtant encore trop méconnu. Or, ses images font jaillir des lieux de silence où tout se fragmente et  (parfois^) se reconstruit.

Leget.pngBasée à Genève Sylvie Léget fait de son art un document sur la société saisie autant dans des prises de rues que dans des intérieurs. Elle capte  des moments de maternité et ceux des solitudes inhérentes aux grandes cités. Les situations sociales de celles qui doivent lutter sans que la société ne les remarque ou s'en soucie sont donc mises à nu.

Leget 2.jpgLa photographe multiplie un regard nécessaire par la vision des plus lonesome cow-girls du monde moderne. Elle repère des brèches qui permettent d'entrer dans leur intimité. La Genevoise reste poreuse aux êtres vulnérables  dans leurs exils "on main street" puis dans les asiles ou reprendre espoir. De telles photos sont pertubantes par leur force et leur conscience civile. Chaque cliché conduit en bordure des ravins de l'urbain.

Jean-Paul Gavard-Perret