gruyeresuisse

22/01/2022

L'art brut de Romain Perrot

Perrot.jpgRomain "Roro" Perrot,  "Peintures et dessins", Humus, Lausanne,  du 29. janvier au 26 février 2022.
 
 
Romain Perrot dessine, peint, édite et publie des "graphzines" depuis 20 ans sous le nom ABSURDUM, dans un geste brut et direct. Il est aussi et surtout connu comme musicien performeur bruitiste et autodidacte  à l’origine du courant de musique expérimental intitulé « Mur bruitiste » (Harsh Noise Wall), dont il a contribué à définir les fondements sous le nom de "Vomir". Il mène depuis 20 ans de nombreux projets, en solo ou en collaboration – en improvisation sauvage, parasitages et interférences.
 
 
Perrot 2.jpgSa   première exposition  en Suisse, présente vanités et memento mori -  séries menées depuis maintenant plusieurs années. De tels travaux sont moins connus que sa musique. Mais proche de Jean Dubuffet par l'esprit il propose son propre de l’art brut et un refus d’une culture dominante développée. Il y a chez lui un côté plasticien punk en de telles créations chargées de désespoir et de rage. Et ce en toute liberté créatrice. Au regardeur de livrer sa propre interprétation.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 

13/01/2022

Ed & Nancy Kienholz : hantises

Kien 2.jpgLe peintre américain Edward Kienholz reste un des grands artistes méconnus du siècle dernier. Il a produit avec sa femme Nancy une série de pièces monumentales Réalisées entre 1978 et 1994, les installations grandeur nature présentées à la galerie Templon de Bruxelles explosent les codes de la sculpture. Elles instaurent un univers inquiétant entre fascination et répulsion. 

 
Kien.jpgSurgissent des scènes mystérieuses et inquiétantes  en tableaux tridimensionnels ou assemblages d'objets du quotidien. Se mêlent statues humaines et objets manufacturés dans un réalisme étrange. Ces œuvres à quatre mains sont une dénonciation virulente de la société américaine : excès consumériste, racisme ordinaire, sexisme, violence institutionnelle, hypocrisie religieuse
Kien 3.jpgLes pièces somptueuses et faussement kitsch créent une atmosphère glauque. Elles sont conçues comme des oeuvres pour voyeurs.. Rien n’est moins sûr cependant. De fait le voyeurisme lui-même est regardé. Le tout dans une reprise et une parodie aussi grotesque que sublimée des intérieurs chers à la peinture flamande. Si bien que les Kienholz deviennent les Vermeer du siècle passé. Chez eux comme chez le peintre de Delft rien n'est requis du réel pour fonder le "tableau" sinon l'insoupçonnable forme des choses, à savoir celle qui leur "sur-vit".  
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
 
"Ed & Nancy Kienholz", Galerie Templon, Bruxelles, du 13 janvier au 5 mars 2022,

24/12/2021

La révolution Renoma

Renoma 2.jpgRenversant le principe de fonctionnement d’une chambre noire, Maurice Renoma utilise les éléments naturels comme des instruments optiques afin de déconstruire la photographie. C'est à sa matière un alchimiste qui au sein de l'art, la photographie garde une place originale. Dans une période de gaspillage et de surconsommation délirante il enregistre des images et quelque temps plus tard, les retravaille sur un écran, les remonte, les recycle en un traitement qui en change la nature et la forme en des  modes originaux de figuration.
 
Renoma.jpgReprenant ses séries  et étant donné que les objets réfléchissent la lumière dans toutes les directions, Maurice Renoma  conçoit une projection recevant les influences issues des espaces alentour et s’appropriant leur atmosphère. La vue qui en dérive est  créée pour devenir une sorte de métaphore de notre décadence.
 
Renoma 3.jpgDans des images flottantes vaquent les songes et les pulsions et les fantômes que l'artiste a toujours exploré. Dans  ce "montrage" le format choisi pour la vidéo est celui des débuts du cinéma. Il s’impose ici comme un véritable choix esthétique, porteur de figures rhétoriques dont la répétition pour représenter l’obsession et l’intime en un enjeu majeur pour nous sortir de nos zones absurdes et prétendue confiance.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
Maurice Renoma, "Anti Camera Oscura", pour exposition  "Mue", Morpho Saint-Ouen, du 8 janvier au 12 février 2022.