gruyeresuisse

28/03/2022

Les durations galactiques de Gaudenz Badrutt

Badrutt.jpgGandenz Badrutt, "In the Land of Ganglia",  performance sonore, Librairie Humus, Lausanne, mardi 5 avril 2022
 
Nommé parfois "Helvète activiste", Gaudenz Badrutt prouve  avec  "In the Land of Ganglia" (et dans un prolongement live du LP Ganglions -  Aussenraum Records en 2019) qu'il reste  l’agenceur de sculptures sonores sinusoïdales. Manipulant avec maîtrise feedbacks internes et externes ainsi que voix il  donne corps à sa musique électro-acoustique étrange et cybernétique.
 
Badrutt BON.jpgC'est comme si l’auditeur se retrouvait au milieu du système centrale d'un androïde.  Le créateur offre ici en live  un déploiement de sets et de samples de diverses natures - du bruitisme à un univers d'ondes sidérales. Et ce, en musicien électronique qui improvise et compose à l'aide d'ordinateurs (en particulier l'échantillonnage en direct) et d'autres appareils électroniques.
 
Badrutt 2.jpgExistent comme toujours chez lui des incursions nébuleuses dans l’entre-deux du son en variations, durations et pertes de repères entre résonance et distorsion pour recouvrir et noyer les espaces d’une envoûtante ouate sonore aux paradigmes qui échappent au commun des écoutants. Ils plongent ainsi vers l'inconnu. "In the Land of Ganglia" reste donc le modèle d'une musique électronique organique, improvisée et abstraite.
 

Jean-Paul Gavard-Perret

10/01/2022

Steve Reich revisité

Reich bon 2.jpg"Contrechamps" et "Electro Ensembles" ont offert en 2021 au Victoria Hall de Genève une version remarquable de "Music for 18 musicians" (1976) de Steve Reich. Une nouvelle fois il est possible  de parcourir des galaxies, de faire des voyages inter-sidérants aux lèvres du choeur et aux comètes des violons, pianos, maracas, clarinette, xylophone et vibraphone.
 
Reich.jpg35 ans après sa création, l'opus garde toute sa force conquérante en ses 14 sections incisives et lancinantes. S'y retrouver sa et ses territoires de légende qui firent bouger la musique en mêlant celle nommée savante à une approche plus "populaire".
 
 
Reich bon.jpgLe cadre général enclot les sections qui serpentent dressée insidieusement autour d'un centre matricielle aui devient le corail des songes. Existe la promesse et l'évidence d'une musique qui réanime le monde grâce à deux ensembles qui par tous leurs membres semblent posséder un esprit uchronique pour recréer une écriture musicale  de milliers de notes dans tout un jeu de variations et de répétitions.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
Contrechamps et Electro Ensembles, "Steve Reich, Music for 18 musicians", labels Contrechamps, Megadisc et Eklekto, Genève, 2021.

18/11/2021

Le média-activisme de Tony Conrad

Conrad.jpgTony Conrad, "Exposition", Mamco, Genève, du 5 octobre 2021 au 30 janvier 2022.

L'exposition Tony Conrad organisée par Balthazar Lovay, est une collaboration avec le Kölnischer Kunstverein, Cologne et Culturgest, Lisbonne et se fonde sur la rétrospective de la Albright-Knox Art Gallery, Buffalo. Elle retrace un parcours de près de 60 années d’activisme culturel. L'artiste décédé en 2016  a apporté des contributions discrètes mais essentielles à la culture contemporaine en musique, cinéma, vidéo, peinture, enseignement ou encore média-activisme.
 
Conrad 3.jpgL'œuvre de l'artiste nord-américain est protéiforme. Tony Conrad explore les thèmes des structures du pouvoir, de l'isolation, de la surveillance et de la transparence. Depuis les années 1960 il a influencé et redéfinir les pratiques musicales et filmiques, le minimalisme, la performance et l'art conceptuel.
 
Conrad 4.jpgSon film expérimental The Flicker (1966), une succession d'écrans noir et blanc, et les Yellow Movies (années 1970), série de peintures abstraites en constante évolution, comptent parmi ses œuvres les plus remarquables. Conrad fut membre du "Theater of Eternal Music"  avec John Cale, Angus MacLise, La Monte Young et Marian Zazeela. Sa collaboration musicale avec le groupe de krautrock "Faust" pour "Outside the Dream Syndicate" (1972), demeure un classique du minimalisme et de la musique drone.
 

Jean-Paul Gavard-Perret