gruyeresuisse

10/07/2020

Édouard Taufenbach et Régis Campo vainqueur du PrixSwiss Life 2020

Siss 3.pngReprenant un titre de Bataille , Édouard Taufenbach et Régis Campo s'en éloignent aussitôt. Leur projet autour du vol de l’hirondelle est la narration d’un voyage venu d’un souvenir d’enfance classique: celui du chant de ces oiseaux dans le ciel et leur rassemblement sur les fils électriques avant leur grand départ pour l’Afrique, annonçant la fin de l’été. Ce projet répond parfaitement à l'ambition de la Fondation Swiss Life qui œuvre pour une société guidée par des valeurs d’accomplissement, de confiance, de proximité et de solidarité.

 

siss.pngA partir du sujet de l’hirondelle, Édouard Taufenbach et Régis Campo proposent la représentation sensible du passage du temps, du mouvement, et des échanges et circulations au sein d’un espace intercontinental. Le mouvement des hirondelles dans le ciel devient l'objetd'une rêverie propre à embrayer l'imaginaire. Les oiseaux semblent suivre une partition faite de ruptures, d’accélérations et de silences. Ils dessinent aussi des formes abstraites qui deviennent un mystérieux langage.

siss 2.pngA la jonction des usages artistiques et scientifiques des médiums photographique et musical, les deux créateurs avec autant de formalisme précis qu'une subjectivitéde narration donnent corps au désir de liberté avec le ciel pour perspective. Images et musique dans leur dialogue crée un exercice de voltige où la répétition de rythmes et de motifs. D’une case à l’autre, d’une mesure à l’autre, d’une hirondelle à l’autre, Le Bleu du Ciel évoque un génial mouvement de vitesse et de rupture pour un envoutement visuel et auditif.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Édouard Taufenbach et Régis Campo, "Le Bleu du ciel", PrixSwiss Life 2020

26/02/2020

Vendredi sur Mer et Lewis OfMan prodiges électro

V. SUR M.jpgCharline Mignot aka Vendredi sur mer, est suisse. Lewis OfMan est français. A eux deux ils cassent les codes de l'électro. Passionnée de photo et de mode, Vendredi est entrée dans la musique par hasard. Son premier titre "Est-ce que tu t'en souviens ?" fut composé pour habiller l'un de ses shootings. Elle est repérée par le label "Profil de Face" qui produit "La femme à la peau bleue", que la marque Sonia Rykiel utilisera pour l'un de ses défilés.

V. SUR M. 2.jpgCharline Mignot a lancé la carrière de OfMan et depuis ils créent chacun à leur manière en solo ou à deux un melting pot. A côté de Vendredi sur Mer, le second a déjà collaboré avec Lana Del Rey, Fakear, les Pirouettes et Rejjie Snow. Ces deux créateurs proposent un ego-trip et des romances nerveuses de plus en plus fondées sur les scansions d'une avant-garde sonore qui n'a rien d'élitiste.

V. Sur M 3.jpgAu moment où la Suissesse prend un peu de recul, le Français poursuit la veine de celle qui est passée maîtresse dans la composition des mélodies tout en se laissant aller de plus en plus à des morceaux de sons bruts. Dans leurs oeuvres respectives ils savent coordonner différentes influence squi vont de Lennon, Gainsbourg et Frank Ocean au bruitisme. Ils incarnent une énergie et un sincérité suffisamment rares pour qu'ils soient considérés comme faisant partie des artistes les plus novateurs et intéressants du moment.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

22/02/2020

Buvette - pour l'ivresse

Buvette.pngCourir le risque pour un artiste de prendre comme nom "Buvette" (eu égard à son ex job de barman) afin de se faire reconnaitre dans le monde de l'electro pop tient de la gageure. Pourtant avec son troisième album "Elasticity", Cédric Streuli ,originaire  des Alpes suisses, impose avec le label français "Pan European Recording" - une empreinte originale sur la scène musicale internationale par une électro cosmique teintée d'influences diverses - notamment très années 80 (mais revisitée). En évolution constante Buvette poursuit ses explorations sonores nourries par ses voyages aux États-Unis, en Inde et au Mexique avant de se fixer en partie à Paris en 2015.

Buvette 2.pngSes musiques - même dans leur évolution - se teintent d'une mélancolie qui néanmoins devient avec "Elasticity" bien différente et plus intéressante que dans ses précédents "4 Ever" et "The Neverending Celebration". Nettement cadré ce nouvel album gagne paradoxalement en liberté. D'où sans doute son titre - même s'il évoque aussi les villes en extension qui provoquent de multiples sensations et émotions. Et ce, au moment où les machines sont accompagnées d'une basse, d'une guitare et d'une batterie. Elles cassent l'aspect lisse du son par des détails astucieusement pop. Les sons s’étirent, se rapprochent ou s'éloignent dans un flux subtil et insidieux. Il donne à la musique electro de nouvelles ailes de désir.

Jean-Paul Gavrd-Perret