gruyeresuisse

08/05/2019

Anaïs Wenger : tout feu, tout glace

Wenger bon.jpgAnaïs Wenger, "Etoile", Centre d'Art Contemporain, Genève, du 16 au 22 mai 2019.

"De même que la romancière Zelda Fitzgerald se lançait à corps perdu dans la pratique intensive du ballet pour devenir danseuse étoile, Anaïs Wenger a décidé de changer de mode de vie le temps de sa résidence au Centre d’Art Contemporain Genève." Sur la patinoire des Vernets à Genève elle a créé un film très particulier entre documentaire à la fiction.

Wenger bon 2.pngL'artiste s'est associée à Sayaka Mizuno, cinéaste et ancienne championne Suisse da patinage pour réaliser le "Etoile", sa première expérience cinématographique où des sportives explorent non sans risques des figures inédites.

Wenger Bon 3.pngPour Anaïs Wenger la patinoire incarne le lieu fabriqué afin de reproduire les possibilités d'espaces ailleurs libres et naturels. Il s'agit à la fois de glisser sur la glace comme de la briser. S'instaure le rêve de qui cherche à devenir "ailé" dans la quête de la performance et de la perfection.

Wenger 4.jpgAnaïs Wenger ouvre ce "miroir" où l'être doit offrir un spectacle aussi attendu que mystérieux à la recherche de l'exploit en des entrelacs presque dénoués, des vagues qui s’étendent même quand le présent se fend là où toute effraction laisse une trace, une errance programmée. Existe là une quête de la représentation de la femme en une perfection imposée. Le corps féminin n’est plus un objet : il devient une étoile aussi filée que filante en ses défilés, sa présence.

Jean-Paul Gavard-Perret

Je ne vois que toit (X)

Almodovre.jpgLa salle du jeu

Existe-t-il d'autres passages ? Je me suis vu en elle. Je ne suis plus personne, j’appartiens au monde nocturne où la lune ploie. Je suis la mélancolie du monde lorsque sa soie glisse encore de son fantôme. Je suis son œuf dur, son manque de peau, son lent beau.

Je suis charpie plus que bloc. Visage pâle, yeux cernés de cerneaux. Je suis saisi de crampes qui descendent jusqu’aux génitales parties à l’appétit Capri-cieux. Mes angoisses sont notables et ma faiblesse générale.

Que faire de mon mou de ventre ? Comme dirait l'autre, «C’est pas la mère à boire» Flexion, fiction, piston. Sexion hâte, un, deux, Typhon, cyclone, trombe. Danser encore danser du museau dans la chapelle systite jusqu’à y mettre le feu avant la raie qu’on panse.

L’épi s’y mouille. La langue jette les gloria, les ave du cancre las. Il y a là de la crême en glaise, de la sauce blanche et du jus de pater. Croix de bois, croix de faire, l'enfant dit de l’homme n’est que de la Mer Noire dont il boit le lait preux.

Lheo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

 

09:25 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0)

06/05/2019

Timothée Calame : sans tenir là

Calame 2.jpgTimothée Calame, "Altera", Centre d'Edition Contemporaine, Genève, du 15 mai au 28 septembre 2019.

Timothée Calame joue avec les matériaux et des échelles. Dans un mixage d'objets improbables et d'éléments intimes, l'oeuvre remet en cause les pouvoirs qui pèsent sur l'homme en montrant comment les mécanismes de l'économie troublent nos espaces publiques et privées, voire sensoriels et mentaux.

 

Calame.jpgInstallations, sculptures, peintures et vidéos servent à mettre à jour des systèmes d'exclusions et de disparité sociale. Il y a trois ans le Genevois, au Swiss Institute de New York, aménagea les lieux avec des bâches (récupérées dans les rues de Marseille pour dissimuler des immeubles vides) afin de former le tracé d'un labyrinthe, image d'une spéculation "ordinaire".

Calame 3.jpgAttentif aux incohérences nuisibles du libéralisme Calame propose une pratique expérimentale. L'économie de moyens joue à plein afin d'appeler à un nouvel ordre plus sensible à la catastrophe planétaire annoncée. Existe une diversité de sujets et bien des façons de les montrer afin que les choses et surtout les responsables bougent enfin un peu. Il faut que ceux qui naissent aujourd'hui vivent vieux et non dans un monde du désenchantement. Faire c'est ainsi pour lui inscrire, pièce par pièce, une poétique du vivant et non d'une basse survivance.

Jean-Paul Gavard-Perret