gruyeresuisse

10/05/2019

Je ne vois que toit (XIII)

Lapin.pngLapin levé n'a pas d'oreilles

 

L'air vain. Vers l'aine. Un masque bergamasque tombe du réel rugueux. Tout ça se m'L et maque d'R. Aucun amour ne vint. Âme-nésie par saccades, fendant la mère gelée et brisant son mystère : au calme clair de lune le coeur n'est que prothèse du corps mal pensé. Dessous il y a la bête. Et le saint dessus qui chante dans le supplice qu'on appelle l'humain. Lapin le peint tel qu'il fut dans le stupre. Lapin y voit son tréfonds, son seuil du seul, son harpon. Il éponge son front mouillé, laissant sur la chaussée une poussière d'avoir été un corps et ses affects.

 

Lheo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret

 

10:18 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0)

09/05/2019

Stéphanie Serra l'indépendante

Serra bon 2.jpgStéphanie Serra, "Through the Words of Others", Finck Editions, CHF 15, 2019.

Publié avec le soutien de la Ville de Lausanne, le Canton de Vaud et de la Fondation Jan Michalski, ce livre est celui d'une femme libre. Ses choix et de son parcours original le prouvent. Stephanie Serra plus que de se mettre en avant-scène dans une propension  de l'égo cherche à travers les mots des autres et leurs oeuvres comment l'art dialogue avec le présent. Existe donc "une méthodologie de l'agencement" dans un "entretien" avec les créateurs comme les lecteurs.

Serra bon.jpgL'entreprise est originale, non sans grâce et impertinence et sans les moindres "chichis". La réflexion est profonde et astucieuse. Elle crée un double mouvement entre l'auteure et les arts, entre elle et le lecteur. Elle montre la lumière perceptible dans l'obscurité mais tout autant l'obscurité qui apparaît dans la lumière et comment cela se crée. Pour le comprendre, le saisir il faut s'arrêter devant un tel livre épouser ses puzzles et mouvements ou plutôt s'y laisser prendre.

Jean-Paul Gavard-Perret

Lancement du livre : Circuit, centre d’art contemporain, Lausanne, le 10 mai 2019

Je ne vois que toit (XII)

Courbet.jpgHorizon-t-alité

Haimer, chéraïr, vénéxécrer, abomidolâtrer : du biceps au transept, du concept aux forceps est désormais foutaise. Exception faite du scalpel dans le coeur et de l'harmonium dans la tête. Plus question que je colle aux quintes, aux secondes ou aux tierces. Me voici près du sol majeur, cocu magnifique de l'exister et comme les poètes anciens voués à la forme fixe. Me voici fin prêt pour mes obsèques puisque devenu obsolète en mon destin d'ablette.

Les variations des diapasons fous de Ligetti adaptées pour voix de crécelles donneront des tonalités aciculaires voire acuminées juste avant que je rejoigne la fosse d'aisance qui me donnera, à n'en pas douter, les jouissances de la glaise. Il y aura sans doute des jaloux qui seront ravis de voir leur rival décheoire. Ils seront fiers de leur noeud roucoulant prêt à la petite mort tandis que la mienne sera non seulement grande mais éternelle.

Il aurait fallu pourtant me voir jadis, bon pour la jouissaille, adorateur des plumes et des croupions, y insérant mon goupillon comme ces prêtres qui font un autre calice plus enfantin leur pays des merveilles. Mais puisque la vie part plus besoin de fantasmer sur celles qui furent mes saintes et souvent mal aimées. Vipère au poing je ne fus jamais hyper au point. Qu'elles sachent que mon petit pantin frippé les laisse désormais tranquille. Il me laisse en paix, ver parmis ceux qui finiront bien par le ronger.

Lheo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

 

10:05 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0)