gruyeresuisse

10/06/2018

Silvia Bächli et Eric Hattan : monumentation provisoire et paradoxale

Hattan.jpgSilvia Bächli et Eric Hattan, « Art Parcours », Skopia et Art Basel, du 11 au 17 juin 2017.

Silvia Bächli et Eric Hattan poursuivent leur travail singulier. Poussée par son alter-ego la minimaliste trouve là un autre chemin de puissance. Elle ordonne ce que Hattan ramasse, récupère. Objets et matériaux créent des « monuments » paradoxaux et hybrides. D’où une forme de « turn over » du réel et du concept de création. Le duo provoque l’espace par ceux qu’ils créent. Dans une sorte de contrefort, existe un art sinon de l’immédiateté du moins de l’instantanéité par le côté mobile et flexible de matières que permettent la dynamique des constructions. Elles posent la question : à quoi ressemble le monde désormais ? Car insidieusement les chancres des deux artistes l’interrogent et de manière la plus suggestive.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

09/06/2018

Stephan Lupino : New York Delire et après

Lupino.pngStephan Lupino - personnage culte de la scène photographique new yorkaise des années 80 - est de retour. Celui qui était nommé le “down town Helmut Newton” avait installé un de ses studios dans les toilettes des femmes du club mythique de l’Area. Elles devinrent « the place to be » pour être shooté là où tout était permis.

Lupino 2.pngEn 1991 le colosse rejoint son pays (Le Croatie) pour se battre contre la Serbie. La paix revenue, il revient à la photographie mais l’abandonne pour la sculpture qui - quoique partiellement abstraite - reste marquée par l’érotisme.

Lupino 3.jpgL’artiste continue à explorer de manière particulière le corps afin de traduire  les obsessions du monde occidental et sa fascination pour le sexe. Il ne cesse d’opposer les vues idylliques et des horizons contaminés par le plaisir. Il a donc créé des profils étranges avant de s’éloigner d’un réel éphémère pour exprimer des « vérités » plus profondes.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Galerija Fotografija, Ljubljana, juin 2018.

08/06/2018

Les torsions de William Laperrière

Laperrière.jpgDe la manière brute (le bois) William Laperrière crée un espace absolument optique pour la confection d’étranges totems. L’érection n’est pas forcément le beau souci de l’artiste. Il préfère aller vers des incidences de surfaces et de creux. Si bien que la sculpture acquiert différentes morphologies. Plus que jamais elle est langage et défi.

Laperrière 2.jpgL’œuvre se sert des masses non pour mettre en scène une figuration ou une information mais afin de créer divers rapports pour l’avènement d’un enchantement particulier éloigné de la séduction décorative ou référentielle. La puissance de la matière se déplace en des forces visuelles « pures » dans la mesure où l’œuvre ne cherche pas des « narrations ».

Laperrière 3.jpgElle appelle à d’autres abords et d’autres prises. Il s’agit de gagner du « terrain » en perdant des repères terrestres à travers des équilibres en suspens. Souvent l’artiste fait oublier le bois lui-même. Il ne s’agit plus de voyager sur l’apparence mais dans un « corps » à la recherche de ses vides et de ses pleins.

Jean-Paul Gavard-Perret

Exposition William Laperrière (et Michèle Iznardo), Galerie Ruffieux-Bril, Chambéry, du 6 juin au 13 juillet 2018.