gruyeresuisse

03/05/2022

Hubert Crevoisier : le souffle de la matière

Crevoisier.jpgHubert Crevoisier, "Je suis bleu, je suis jaune, je suis verre… et je vois rouge !", Musée Ariana, Genève, du 25 février au 7 août 2022
 
 
Crevoisier 2.jpgSculpteur de verre, Crevoisier pousse cette matière vers l'inconnu. Dans ce but il a quitté un temps  Genève pour se former comme souffleur de verre à Orrefors (Suède) puis dans d'autres lieux aussi réputé comme  les Cristalleries de Saint-Louis en France mais aussi à New York et Montréal.
 
Crevoisier 3.jpegSes premiers  cocons de verre plaçaient l’humain au coeur d'une telle recherche. Puis il a utilisé le verre comme une loupe, un microscope ou un télescope pour voir plus et mieux.  D'oeuvre en oeuvre il saisit  le jaune, le bleu, le rouge et des espaces indicibles qu'il a réalisés par exemple au Malévoz Quartier Culturel, Hôpital du Valais, à Monthey en 2020. Et ce avant d'explorer au Musée Ariana à Genève tous ces Espaces de la couleur pour voir comment la sculpture  “ Dynamique jaune” transforme la couleur bleue en vert en des monolithes et briques.
 
Crevoisier 5.jpgL'artiste relie  le verre, la couleur et l’espace dans des installations, formelles mais jamais rigides où se dévoilent avec justesse et pudeur une palette d'un monde énigmatique et impressionnant. Ne se limitant toutefois pas à un seul médium l'artiste ouvre le monde dans une approche qui donne à l'art une faculté de soigner. Captivant.
 
Jean-Paul Gavard-Perret

02/05/2022

Fragments et totalité : Mike Kelley

Kelley.jpgAprès une première période essentiellement marquée par les performances, Mike Kelley a développé un travail artistique nourri  de questionnements philosophiques, de psychanalyse et de littérature. Le tout avec un sens de l'iconoclastie chargée d'humour noir et d'ironie.
 
Kelley 2.jpgIl s'est saisi des tabous liés notamment à l’enfance, à l’éducation, à la sexualité et des  questions liées à la mémoire, individuelle et collective. Ses oeuvres mêlent éléments autobiographiques et faits divers. Elles traitent autant de traumatismes que de l’histoire officielle  qu'il n'a cessé de déconstruire.
 
Kelley 3.jpgUn tel travail  est protéiforme et comprend dessins, peintures, sculptures, installations, performances, objets hétéroclites, photographies, vidéos, créations sonores, etc.. L'artiste n'a jamais cessé de lutter contre toute forme d’interprétation réductrice (en particulier autobiographique) de son approche. Il a toujours cherché à donner à tous types d'"histoires" un sens caché avec un art du décalage et une parfaite liberté. Et ce, de la culture populaire à la culture savante.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
Mike Kelley, Wilde Private,  Zürich, du 12 mai au 15 juillet 2022.
 

Le vandalisme de Pierre Alechinsky

Alechi.jpgPierre Alechinsky, "Blanc sur noir et autres couleurs", Galerie Sonia Zannettacci,  du 5 mai au 9 juillet 2022.
 
Vingt-six monotypes (avec remarques marginales soulignant l’image centrale) composent l'alphabet alechinskien qui compose  le cœur de l’exposition. Elle se complètent de peintures et estampes "à marginalia".
 
Pierre Alechinsky est devenu un des rares peintres dont se reconnait la "marque" hors des cercles artistiques.  Sur le papier pelure posé à terre les couleurs et les formes emplissent le support sous forme de répétitions ou plutôt de variations. Il s’agit pour le créateur de tracer, tracer encore en induction à la qualité (bonne ou mauvaise) du support en disposant du temps (court ou long) dans le silence ou la musique afin d’accueillir l’image sans l’appeler, sans d’idées préconçues.
 
Alecchi.jpgPour lui et comme il le dit, il s'agit de « laisser venir, connecter ». Voilà donc la seule certitude du peintre bruxellois : ne pas refuser le geste, ne pas faire preuve d’une prudence trop grande tout en contrôlant ce "vandalisme" issu de l’intérieur mais afin que chaque travail soit une fête.
 
Jean-Pau Gavard-Perret