gruyeresuisse

15/02/2020

Peter Wüthrich la lecture par l'image

Wuttrich bon.jpgPeter Wüthrich, "Literary Ghost", Galerie Bernhard Bischoff & Partner, Berne, du 17 janvier au 22 février 2020.

Passionné depuis toujours par les livres qu'il a traités - certains diront maltraités ...- de diverses façons, Peter Wütrich recherche toujours à travers eux et leurs mises en espaces des perspectives poétiques et altières en diverses structures et envols.

Wuttrich.jpgCelui qui n'est pas pour autant un "ghostartist" comme il existe des "ghostwriters", enclenche ce qui tient de la performance ou plutôt de l'installation.

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D'une part à travers des livres "d'images" qui donnent le titre à l'exposition se fomentent un autre esprit et une autre histoire de la littérature en ce qui devient des "portraits" de mots. D'autre part la galerie propose des objets en trois D :  maquettes d'architectures construites de différents livres anonymisés par leur couleur mais qui suggère le travail des écrivains dans leurs maisons et lieux respectifs.  Celui qui fut d'abord architecte offre une lecture particulière de la littérature : l'image lui accorde une subjectivité supplémentaire là où la poésie visuelle joue à plein.

Jean-Paul Gavard-Perret

13/02/2020

Abdul Rahman Katanani : face au monde

Katanani.jpgBarbara Polla (a.k.a. Barbelé pour l'occasion) présente à Genève le nouveau livre d'Abdul Rahman Katanani "Brainstorming". Elle prouve par un beau texte de présentation comment l'artiste rentre dans le monde et s'en dégage.

Katanani 3.pngL'artiste reprenant l'histoire de l'art dans ses prémices et prolégomènes montre à travers ses images une sorte d'immense musée  - de Beyrouth à Paris, de Hong-Kong au Brésil. Il "image" comment les hommes envisagent leur futur, questionnent les pouvoirs et suggèrent leur liberté et leur angoisse.

Katanani 2.png"Brainstorming" devient une narration universelle riche et radicale. Elle fait écho à ce qui arrive au monde - et ce dans les profondeurs des immenses vagues et bouquets que l'artiste construit en fils de fer barbelé. Il roule et déroule métaphoriquement ce qui mène les être humains : mots, pensées, frustrations, rires, tempêtes (sous un crâne et ailleurs). Cette vague est en rapport avec celle d'un tsunami qui menace le monde pour à la fois l'affronter, y entrer mais aussi s'en sortir.

Jean-Paul Gavard-Perret

12/02/2020

Béatrice Helg : retour et perspectives

Helg bon.jpgBéatrice Helg, galerie Sonia Zannettacci, Genève, jusqu'au 15 février 2020. Monographie chez 5 Continents Editions.

Béatrice Helg est née à Genève où elle vit et travaille. Après des études de violoncelle au Conservatoire de Genève, elle étudie la photographie dans des institutions de premier plan en Californie puis à New York. Ses prises vont dans le sens d'une épuration et d'une simplification. Elles présentent des univers d’ombre et de clarté d’une étrange beauté aussi poétique que spirituelle.

Helg.jpgEn ce sens l’œuvre de Béatrice Helg occupe une place singulière dans la tradition de la photographie construite et constructiviste. Loin des images hyperréalistes ou narratives, les cibachromes et tirages offrent des formes abstraites et des univers lumineux étranges empreints de spiritualité et de poésie où l'espace, le temps et l'architecturation jouent un rôle majeur.

Helg 2.jpgExposée dans le monde entier, elle fait son retour à Genève où elle n'apparaissait plus depuis la fermeture de la galerie fondée par Jan Krugier. L'artiste présente des oeuvres du passé mais surtout des pièces nouvelles en grands formats. Beatrice Helg poursuit un travail de simplification, d' épuration, d'abstraction moins conceptuelle qu'on le dit. Se retrouvent ici ses petits théâtres métalliques proches de l'architecture ou de la sculpture. Mais les nouvelles œuvres qualifiées de «Résonance» se rapprochent plus de la peinture là où les formes et la lumière interagissent.

Jean-Paul Gavard-Perret