gruyeresuisse

06/06/2017

Antoni Muntadas : « Art Basel is….fantastic »

Muntadas.jpgAntoni Muntadas est un pionnier de l’art conceptuel et de l’art multimédia. Il utile la performance, la vidéo, les installations, la photographie, Internet, etc., pour répondre aux principaux enjeux politiques et sociaux de notre temps. Ses œuvres abordent principalement les problèmes du flux d’informations et de l’hyperconsommation médiatique à travers les technologies de pointes et la dynamique de l’architecture

Muntadas 2.pngLe but est de faire comprendre le monde. Muntadas isole parfois un mot précis qu’il sertit dans un cadre architectural afin de le faire « claquer » par ce déplacement. Il s'est beaucoup intéressé à la télévision dès les années 70 puis sur la jonction des nouvelles technologies et de l’urbanisme. Les cathédrales vernaculaires qui rivalisent d’originalité et d’audace dans les grandes métropoles deviennent à la fois un écran et une sorte de musée « in progress ». Pour Muntadas l'architecte est donc devenu un maître du monde de l'art contemporain et de la culture au service de ses commanditaires.

Muntadas 3.jpgPour s’en moquer les recherches de l’artiste se présentent toujours sur un mode ironique. Le détournement, la transformation (comme celui du pavillon de la biennale de Venise en une sorte de hall d'aéroport) sont au centre de ce travail qui souligne les esthétiques du pouvoir (on pense bien sûr à la Trump Tower de Manhattan). L’humour le plus mordant demeure en conséquence le vecteur majeur pour attaquer l’arrogance de ceux que le créateur espagnol dénonce implicitement.

Jean-Paul Gavard-Perret

Antoni Muntadas, Galerie Michel Didier, Art Basel 2017.

05/06/2017

Lobbiaz et les inconnues

Lobbiaz.jpgDans son travail de commande comme dans ses œuvres personnelles Lobbiaz poursuit une œuvre fascinante. Evitant le pathos, il fait jaillir l'existence selon des formulations singulières. La noirceur rôde parfois au sein d’une alchimie poétique qui ne donne pas forcément les clés du secret.

Lobbiaz 2.jpgLe photographe propose le passage d’inconnues sans visage. Elles flottent un moment dans le temps en état de vulnérabilité et de provocation. Chaque modèle (dont Audrey Ba) devient l’aître de limbes lointainement familières dans l'embellie d'une surface inapprochable et chancelante. Le temps se couche sur les intermittences du mystère au sein du brassage d’eaux troubles et une sorte d’absence/présence où tout demeure en suspens.

Jean-Paul Gavard-Perret

14:50 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

Olivier Christinat : l’amour des images


Christinat.jpgOlivier Christinat Nouveaux souvenirs », préface de Tatyana Franck, Editions Associations des amis d’Olivier Christinat et art&fiction, Lausanne, 50 chf, 2017.

 

 

 

Christinat 2.pngFaisant suite à l’exposition « Nouveaux souvenirs, album japonais » (EPFL, Rolex Learning Center, Lausanne, 2013) ce livre présente plus de 200 images inédites d’Olivier Christinat (accompagnées textes de Véronique Mauron, Claude Reichler et Marco Costantini). L’ouvrae décline le génie de bien des lieux que le photographe organise avec perfection par différents types de suggestion dont la femme est souvent l’instigatrice. Toutes les photographies ont le mérite d’une précision et une clarté qui reste sous l’effet du réalisme d’une pure fiction. Tout est subtil, immanent. Christinat est un digne héritier de J-L Godard dans la manière de « chiader » (il n’y a pas d’autres mots) ses images. L’ensemble reste éternellement tendre, adolescent sans la moindre mièvrerie.

Christinat 4.jpgL’univers évoque aussi - sans que l’on puisse dire exactement pourquoi – celui de Proust. L’artiste ne sépare jamais la terre et les êtres. La géographie - physique ou amoureuse - engage de belles métonymies hallucinatoires dès qu’apparaît une fille ou une femme venue des hautes montagnes et qui se dirige vers un paysage désert quoiqu’urbain. Tout est parfaitement organisé, équilibré. Un secret demeure là où tout semble donné à voir. Si bien que le réel devient une terre inconnue. Incidemment l’artiste rappelle que l'amour ne peut pas être enfermé dans un atlas aussi grand soit-il. Et ce même si la photographie ne peut se satisfaire de l'amour de l'ailleurs, de l'amour " à la carte ". Il ne s'agit que d'une aventure intérieure. Et une aventure plastique. L’une entoure l’autre. Et vice versa.

Jean-Paul Gavard-Perret

11:30 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)