gruyeresuisse

07/05/2022

"It´s a… Women´s Women´s Women`s world!“ : femmes dans tous leurs états

Pipo Bon.jpg"It´s a… Women´s Women´s Women`s world!“ , Karl der Grosse, Kirchgasse 14, Zürich.

Cettte exposition a été créé en collaboration avec l’historienne de l’art Bettina Meier-Bickel. Elle présente une sélection d’œuvres d’artistes féminines de la collection d’art de la ville de Zurich - peintures, sculptures, dessins, photographies et vidéos. L’histoire du lieu a été façonnée par les femmes dont Emilie Lieberherr et d’autres pionnières dès 1894, lorsque l’Association des femmes de Zurich cherchait un espace.

Pipo 2.jpgAvec cette exposition qui  honore les pionnières, les propositions sont fortes voire provocatrices. L’identité, l’individualité féminines y sont abordées de diverses manières à travers les œuvres de Delphine Chapuis Schmitz, Barbara Davatz, Clare Goodwin, Andrea Heller, Daniela Keiser, Zilla Leutenegger, Verena Loewensberg, Manon, Pipilotti Rist, Katja Schenker, Shirana Shahbazi, Loredana Sperini, Annelies Štrba et Milva Stutz. 

Pipo.jpgTout est d'une force et d'une forme exemplaires; Par exemple, dans l’installation vidéo "Mutaflor", Pipilotti Rist filme l’entrée dans ses propres intestins d'un laxatif. Le lieu (un bistrot)  ne peut être que tourmenté par une telle pamoison des plus particulières. Mais avec  les autoportraits de Manon et les fragments de texte de Delphine Chapuis le visiteur peu retrouver une certaine assise. De même avec les œuvres de Shirana Shahbazi et Katja Schenker. Mais l’art est rarement aussi réaliste qu'ici. Les femmes y créent  un lien majeur avec le public sans la moindre condescendance.

Jean-Paul Gavard-Perret

Petite mort sans sépulture

Cristina Pasqua.jpg"Chère dame Léonore, ouvrez, ouvrez, ma lanterne va  perdre son huile" dit-il.  Et bien qu'il ait un demi-mètre en moins qu’elle et bien cinquante kilos de plus, elle ouvre pour qu'il la taquine dans le lit abandonné par son mari. Même si elle est surprise, pétard nu, lorsqu'il le premier la lutine elle a suffisamment d'esprit pour nier au second la chose. C'est même à l'époux de se justifier de son arrivée incongrue : "j'aimerais voir comment il se débrouille pour fourrer son poireau avec tout ce fourbi qu'il a dans son garde-manger." Il faut dire qu'un tel sot grenu s'occupe de la mère mais au besoin de sa fille. Pour l'attendre, l'une le cache sous l'escalier, l'autre lui donne rendez-vous dans l'église. Les deux iront en mantille au paradis. Dès lors d'une limousine ne sort pas une jument disent certains. "Ma fille, telle tu nais,  telle tu broutes et tu couches" ajoutent-ils. Mais certains disent qu'elles descendent toutes deux d'une race d'anguilles. Bonds, virevoltes, entrechats font parti de leur patrimoine génétique. Grasse ou sèche elles n'ont rien de fade et il arrive, tant leur train est girond, qu'elles peuvent être prises de beaux brins de filles dites de joie avec qui se boit un merveilleux Gigondas. Chacun s'y trouve à l'aise et les bénissent au nom de Dieu lorsqu'elles ouvrent la grille de leur grotte pour le ravissement des clochettes et de l'oiselet qu'on nomme parfois bout-en-chair, pied-de-biche, jonc, chanterelle, monte-en-main  sans oublier mon-p'tit-frère. Quant à l'apothicaire il le nomme Priape et sa femme dit simplement verge.  Devant un tel joujou et pour l'appeler à l'absence de vertu Léonore caresse un tel poupon pour lui lever la tête. En se frottant à sa jupe il arrive qu'il crache dessus. Et ce maladroit propriétaire nomme l'objet de son désir, pertuis, abricot, bénitier, oiseau-lyre, cabas, perruque voire encore piège ou sépulture.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
Photo : Cristina Pasqua

06/05/2022

Du moule à l'oeuvre : Jean-François Dubreuil et Max Charvolen,

Dubreuil 2.jpgJean-François Dubreuil et Max Charvolen, "Double Jeu", Galerie St-Hilaire, Fribourg, du 14 maio au 11 juin 2022.
 
Les oeuvres de Jean-François Dubreuil et de Max Charvolen présentent des différences évidentes mais existent néanmoins des correspondances possibles autant dans les démarches et questionnements. 
 
Pour Dubreuil, il y a toujours un journal  de la presse écrite comme prélude à l'oeuvre. Le créateur transcrit sur la toile cet objet en des surfaces de couleurs vives, faisant disparaître son contenu, papier, caractères, photos, publicité etc.. Maquette, places dévolues aux espaces rédactionnels, nombre de pages, tous ces éléments constitutifs sont strictement respectés. Surgit un glissement vers une représentation non-figurative et picturale, par cet écart entre l'objet d'origine et l'œuvre achevée
 
Dubreuil 3.jpgLa disparition des éléments réels, sont également des notions présentes dans la démarche de Charvolen. Le support initial est le bâti, un objet architectural modélisant qu'il utilise comme "matrice". L'artiste décolle ce moulage, source d'un geste pictural. Il crée ensuite la mise à plat qui s'opère par un découpage.
 
Chez les deux artistes la couleur est considérée comme code pour différencier les espaces et non pas à des fins symboliques ou optiques. Il s'agit de divers types de signalétique. Reste dans ces deux oeuvres tout un jeu entre l'aboutissement final et la source où il trouve sa génération.
 
Jean-Paul Gavard-Perret