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13/06/2017

La Jérusalem d’Efrat Shvily à Genève

Efrar.jpgEfrat Shvily, « The Jerusalem experience », Centre de Photographie de Genève du 2 jui au 20 aout 2017.

Efrat Shvily ne donne pas de titre à ses photographies bien que elles soient au service du documentaire. Elle photographie Israël et plus particulièrement les territoires « occupés » du « grand Jerusalem » . Les photographies se veulent des états des lieux : s’y découvrent souvent des maisons à demi construites ou préfabriquées. L’artiste veut montrer une forme d « interchangeabilité » des lieux.

Efrat 2.jpgAvec Oren Myers, pour «The Jerusalem Experience», l’objectif est différent. La créatrice présente la façon dont la Jérusalem historique se transforme en une «expérimentation» visuelle à l’aide des technologies de pointe, dans l’intérêt des visiteurs et celui des forces politiques, religieuses et commerciales concernées. Assaillis par un barrage de sons et d’images, les spectateurs sont confrontés à un travail exceptionnel, enveloppant et qui donne de Jérusalem une vision aussi « classique » et monumentale qu’inédite par adjonctions muséales.

La photographe israélienne y fait preuve et force mais aussi de délicatesse raffinée. Elle remodèle la ville en cultivant un enchantement qui est là pour rappeler son aspect toujours aussi éternel que provisoire. Le projet n’a donc rien d’une simple visite. L’artiste semble témoigner de la beauté avec en filigrane l’injonction de ne pas y toucher dans un montage aussi simple que sophistiqué.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

12/06/2017

Markus Weggenmann : mariages et divorces

Wennegan.pngNarrateur abstrait, conteur de couleurs, Markus Weggenmann ne traduit ni ne transcrit quoi que ce soit. Le travail va à la rencontre des seules couleurs et formes, leurs passions, leurs divorces. Existent la fête de contacts, des affinités électives et des écarts de conduite.

L’œuvre n’est pas exempte de contraintes et de sévérités mais une liesse demeure. Aux tourbillons fous du dehors répond une autre exubérance. Est-elle plus sage ? Pas forcément. Wennegan 2.pngMarkus Weggenmann multiplie des mutations et des détournements. Une langue plastique inédite danse dans l’anxiété que le plaisir de peindre recèle chez l’artiste et dans la saisie – pour le spectateur - d’un miroir incontrôlable en alliages imprévus, histoire que la peinture renaisse une nouvelle fois.

Jean-Paul Gavard-Perret

Markus Weggenmann, “…And more paintings”, gallerie Mark Mûller, Zurich, du 10 juin au 22 juillet 2017.

11:43 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

11/06/2017

Izet Sheshivari : un monde simplifié par l’évidence du multiple

Sheshi 2.jpgPar sa transformation du concept de livre, Izet Sheshivari poursuit sa mutation des images. Héritier de John Armleder il continue à renverser leur valeur en des mises en pages qu’il produit (et non reproduit) en donnant au support une nouvelle place.

Les morceaux d’images deviennent des pièces prélevées d’un plan séquence ou d’une sorte d’enquête filée. Izet Sheshivari en propose un éclaté ou une mise à plat. La visualité du monde est modifiée par le tramage et le processus d’impression au sein d’une traversée et d’une reconstruction.

Sheshi.jpgL’artiste ne cherche pas forcément l’attrayant et encore moins le décoratif. Ses arrêts sur image rendent l’anecdotique à la fois détachable du monde sans que la réalité soit remise en cause. Chaque page confirme un jeu de côtoiement et de séparation.

Sheshi 3.jpgLe réquisit de l’inhabituel est rendu décisif à travers l’anodin. Une sorte de fluidité aère l’encombrement et si rien ne bouge, rien ne suffoque, tout aère et circule. Un grain parfois plat ou un certain glacé fait de chaque tirage - et par amputation du cadrage des choses - une sélection d’espace où le tout essaime et s’échappe.

Jean-Paul Gavard-Perret

Izet Sheshivari, « Two Hands » « Two Coffee (Metropolitan Museum of Art) », Editions Boabooks, Genève, 2017.