gruyeresuisse

02/05/2019

Roses pourpres de Rome et d'ailleurs en noir et blanc - Paolo di Paolo.

Di Paolo Anna Magnani.jpgLe  livre de Paolo di Paolo permet de retrouver une des photographes portraitistes majeurs. Quoique a priori engagé par divers revues au fil des ans pour ses capacités de reportage, ses oeuvres ne sont pas documentaristes mais de réelles oeuvres d'art. Le monde des stars n'est en rien "paparazzé". Anna Magnani s'y abandonne à la vue de son toutou pas snob.

Di Paolo Pound.jpg

Paolo di Paolo a donc offert un univers magique : Gloria Swanson amoureuse y est saisie en torsion dans un jardin romain, Marcello Mastroianni reste songeur devant une tasse de café semble lorsqu'il est visité par une cascade de lumière. Ezra Pound sort pour quelques instants de sa cachette. Quant à Pasolini l'auteur en donne le portrait le plus significatif là où le désir et le tragique jouent à fond.

 

 

 

Di Paolo 3.jpgPhotographe de la lumière plus que de l'éclairage, Paolo di Paolo a saisi Pasolini dans un coin de l'image regardant un garçon dans l'autre angle sur la colline de Monte Dei Croci. Entre les deux Rome semble une ville ouverte ou un abîme. L'image est mystérieuse - aussi physique que spirituelle. La solitude y règne comme souvent chez le photographe sauf lorsque Giuletta Massina et Fellini s'embrassent.

 

Jean -Paul Gavard-Perret

Je ne vois que toit (VI)

Bilan de compétence.

Nous saurons ainsi ce qui nous sépare et ce qui nous unit. L’obscénité et la pudeur. L’amazone et son huile. Les cris et les murmures, la langue et le clitoris. Flot, écume. Ravin, ravine lorsque deux jambes se décroisenDante 2.jpgt.

Gare aux phobies, haro aux tigres et aux tigresses. Muesli marin, prismes pagayant sur les crêtes comme un fer sous un cheval, un enfer sous Belacqua Velva. Qui sent la vie veut la prendre. Liquette au clou. Sable aux nœuds. Savates et serviettes. Passage à tabac sous ciel serein. Verge dans le maillot de bain en nylon. Trop mince pour être honnête. Cliquetis des boules. Cabines humides entre les dunes.

Avant que la viande soit cuite nous serons partis en gelée, fesses calées pour l'espérée trempette dans le désordre de nos pièces. Et dire que certains, certaines nommeraient ça loisirs...

Dante 3.pngEt ce, depuis un certain printemps. Il y a belle lurette. Au moment où s'écoutait Jeanne Sourza dans le rôle de la Hurlette dans ce qui ne s'appelait pas encore RTL. Forte en gueule elle dominait son compère comme une mère. Raymond Souplex s'y voulait l'égal de René Payot sur le Suisse Romande. Mais ni l'un ni l'autre avait tout leur bon sens.

Dante.jpgEtions têtards, étions enfants enfin presque. Devenions grenouilles mais sans savoir nager à l’étang du Grand Héron. Ce n’était qu’une mare grande comme une paume de main de nain.

Quand nous la revîmes la honte monta d'un cran. Dire que nous y trempions le cul comme dans une mer morte. Mais soyons fiers de nos bottes. Crampons nous sommes, continuons à nous sonner les cloches.

Ce n’est qu'en notre fange que nous nous envasons jusqu'au râble. Cela sent le bouillon d’algues et de poissons. Voilà pour le maelstrom d'émotions. Sirotons, sirotons comme sur vieux zinc de bar. Allah bordage. Embouche, broche et bave vieux zigomard.

 

Lhéo Tell (aka Jean-Paul Gavard Perret)

 

09:28 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0)

01/05/2019

Le minimalisme merveilleux de Julie Brand

Brand.jpgJulie Brand, "les lents arpenteurs", galerie Ligne Treize, Carouge, du 2 au 26 mai 2019.

Julie Brand propose à la galerie Ligne Treize un pan peu connu de sa création toujours atypique. Revenant aux racines de l'art (le dessin) elle crée un univers de lignes pures aux figurations aussi simples qu'originales. Son graphisme - issu de sa formation de designer - propose un univers où  le juste retour des "choses" vient à bout du rêve selon un réalisme très particulier.

 

Brand 2.pngChaque œuvre délimite un étrange espace choréïque. Rien de ce qui est habituellement "exploitable" en tant qu'image est utilisé. Chaque dessin reste proche d'un conceptualisme éloigné de l'ornementation. Tout se montre avec pudeur et sans provocation dans un mouvement de pénétration et d'interrogation. D'une succession de présences surgit un émoi particulier à la surface du support. Dans le morcellement se crée un double jeu des formes. Où tout finit. Où tout commence. La force fascinante ne cherche ni à agresser, ni  à  séduire : elle parle du dehors, du dedans, de l'envers et de l'endroit.

Brand 3.jpgNous passons d'une épreuve purement physique à une épreuve mentale et qui doit rester comme telle. Sans idéalisme marqué l'artiste ne met pas le monde sans dessus dessous. Elle ne l'endort pas pour autant. Demeure le tonus discret d'un merveilleux minimaliste entre précision et indécision. Le dessin échappe à l'uniformité : il éclaire la conscience. N'est-ce pas le meilleur moyen de parvenir à la connaissance de qui ou de si nous sommes en un jeu de traces ?

J-P Gavard-Perret