gruyeresuisse

06/05/2019

Je ne vois que toit (IX)

Ovaine.jpgUne autre paire de Mancha

Presseur d'amendes douces plus que brouilleur de cru, ami (inconnu) d'Ovaine qui "pour tester le vrai du faux impunément ment", il caresse les métaphores des halles qui sans être idéales sont toujours musclées.

 

Ovaine 2.jpgPour lui Ovaine ignore ramadam et carême, se pique la ruche et permet au mâlin de soulever son pancho, de dégrafer sa gaine of Throne pour passer des jeux vides et hauts (qui rendent les adultes à l'état de loupiots) à ceux qui font renaître en eux la bête à deux dos dans un marais saillant où le moustique tigre pique.

Encore un effort lui dit-elle et la nature humaine finira dans un beau bordel ou dans le sel de la terre. Preuve qu'il manquera toujours un Don Quichotte en selle. Sa Rossinante néanmoins va toujours à hue et à dia plus que Sancho ne le pensa. Ovaine manifeste envers elle un culte et pour l'ânier une fièvre.

Lheo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

 

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05/05/2019

Anja Niemi : résistance aux normes

Niemi.jpg

Anja Niemi joue avec les codes inclusifs d'une photographie programmée qui réduit la femme à un fétiche ou un usine à fantasmes. Plus que de beaux discours de belles images conviennent. Il suffit que leur monstration biaise les attentes.

 

 

 

 

 

Niemi 3.jpg

Les égéries deviennent les sujets propres à démystifier certains ajustements. Elles sont là pour introduire du leurre dans le leurre, de la fumée dans l'enfumage. Sans assises sinon débôitées, le corps à la fois rentre en lui et en sort de manière intempestive. Il devient un indice créateur d’ouverture par l’audace et la résistance d’une écriture photographique qui ne fait plus de la femme un simple support mais un manifeste de l’anticonformisme dans la vision de la femme et de ses attraits.

 

 

Niemi 2.jpgL'accroche esthétique passe par un glamour particulier et corrosif. Sa norme classique passe à la trappe sans pour autant que négligée la beauté. Mais elle est là pour parasiter des standards par effet de créativité.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Je ne vois que toit (IX)

Edwarda 3.jpgAphone et à cris

 

 

Entendez-les : ils implorent mon aide pour les délivrer de leur impuissance et me promettent des Ex-voto par l’intersection de la Sainte Sexo. Ils m’assurent de leur éternelle reconnaissance. Mais à peine guéris et calmés me traitent de crapaude. Ils garderont néanmoins en relique une petite touffe de mes blondeurs devant lesquelles ils s’agenouillèrent

 

 

 

edwarda.jpgSainte Mère - me dis-je - ne serais-je qu’une bête ? Pourquoi pas après tout. Soufflant seulette pour modeler cette chose à corne dans ma terre pure, pour qu'ils y plantent leur tente en gueulant «  bourre bourre ma fille, remue toi le croupion », croyant me faire mourir d’amour à l’aube ou au crépuscule en toutes leurs chutes de neige tandis que je dis mes grâces.

Que les Madame Edwarda du futur fassent partie de moi. Je leur montre le chemin laissant monter ma voix. On voulut me retirer la langue : je la tire tandis qu’un parlement de pucelles célèbre mes charmes. Dans mes déplacements elles m’accompagnent. Plus tard elles habilleront mon cadavre.

 

Edwarda 2.jpgElles lèveront le coude à ma santé une fois que la cloche de l’église aura été remplacée par la sonnette des loufiats. En carpe grise je serai là. Dans le bocal sur le buffet. Ouvrant la bouche je ne laisserai rien paraître. Sinon à la surface des bulles qui crèvent. Les autres femmes parleront pour moi et ça donnera un air de fête. Leurs paroles danseront sur des fils avant de s’envoler des glycines comme des anges que les moineaux emportent en leur gazouillis.

 

Lheo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

 

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