gruyeresuisse

21/04/2019

Passages et paysages de Hélène Peytavi

Peytavi.jpgHélène Peytavi propose une réécriture d'un paysage frontière (entre la France et l'Espagne) d'après "l'Exode d'un peuple" de Louis LLech. Différentes strates de paysages et d'histoires se mêlent. L'artiste les associe aux photographies du temps qui passe et divers types de productions plastiques dans ce qui devient un paysage d'écho entre le passage des réfugiés espagnols au Perthus en 1939 et son œuvre.

Peytavi 2.jpg"Grains" est donc composé de photogrammes du film documentaire, de photos d'aujourd'hui, de dessins (papiers huilés et fusains) et de textes. Il s'agit non de prétendre reconstruire le visible mais d'analyser ses périphéries. Mis en récit le temps et l'espace sont revisités en un ensemble kalédoscopique. Le mixage ne se veut pas forcément un principe mais un fait qui s'impose en un tel projet et une pratique artistique, sans hiérarchie entre divers supports, manières et outils.

Jean-Paul Gavard-Perret

Hélène Peytavi, "Grains", Editions Voix (Richards Meier), 2019.

20/04/2019

François Fiedler le pariétal

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Proche d'une observation moléculaire du monde François Fiedler est à la recherche d'images primitives et sourdes proches d'un art pariétal d'un nouveau genre là où un brutalisme et un minimalisme jouent de concert. Soumises aux intempéries ses oeuvres sont confrontées à la violence de la nature avec laquelle elles vivent un temps plus ou moins long pour en subir les affres.

 

 

 

 

Fiedler 2.jpgExiste l'apothéose (discrète) de lignes, de courbes, de fuites. Ce qui prouve que la nature n'a pas plus horreur de l'art que du vide. Le premier se débat dans son propre jus. Si bien que de cosa mentale il s'échappe en prenant une autre route où se suspend en partie sa matérialité et se réalité. Toute une vision se reconstruit et se réfléchit là où volumes et couleurs se calculent et se vivent.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

François Fiedler, "Matières", Galerie Maeght, Paris jusqu'au 17 mai 2019.

Doris Pache : effacements et apparitions

Pache.jpgDoris Pache, "Silence de couleurs", Galerie Anton Meier, Genève, du 2 mai au 29 juin 2019.

 

Les oeuvres récentes de Doris Pache poussent plus loin son besoin d'espace et de lumière. Hors contextualisation le "paysage" s'étend dans l'infini des éthers. Demeure l'énigme de lieux où le silence parle par le jeu des couleurs subtiles.Rien n'existe que ce mystère. L'espace pictural est rendu à une grammaire indicible.

 

Pache 2.pngEchappant à toute conceptualisation, allégorie, symbole mais tout autant au scepticisme distingué et marmoréen, la couleur vibre dans un courant continu au sein d’un processus d’effacement dont l’artiste préserve des points d’échappement. Sortant des gamineries où l’égo de certains artistes se complaît, Doris Pache ne sollicite aucun fait, évite le récit et ne cherche pas à ciseler de l'ornemental. Existent une méditation affective (mais sans épanchement lyrique) et une médiation sur le sens à donner à ce qui est ou reste. La créatrice oppose au "concept" un élément mystérieux. N'est-ce pas là l’essence d’une expérience picturale aussi élémentaire que capitale ?

Jean-Paul Gavard-Perret