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26/05/2019

Denis de Rougemont : l'Europe une idée neuve ?

Rougemont.pngDenis de Rougemont, "Faires des Européens - Essais sur l'Ecole et l'Université", Editions La Baconnière, Genève, 272 p., 20 E, 23 CHF,

Figure de proue - à côté d'Emmanuel Mounier - du personnalisme, Denis de Rougemont a pensé l'Europe très tôt sans tomber, avant guerre, sur ce que le Nazisme voulait en faire et, après la Guerre, en défendant un mouvement fédérateur face aux USA et à l'URSS. Le tout au nom de valeurs communes qu'il remet ici en perspective.

Rougemont 2.jpgL'auteur ne cherche pas une unité d'apparence et d'apparat d'une union de facto mais celle qui remonte à des fondamentaux. C'est ce qu'il nomme "une unité de base qui est notre passé, lequel conditonne et permet notre avenir commun".

Dès "méfaits de l'Instruction Publique" l'auteur dessine les contours de sa "Passion de l'Occident" qui le fit mal "voir" des penseurs rouges ou rose d'une certaine intelligentzia. Qu'importe les myopes : De Rougemont a le mérite de penser juste et hors slogans faciles. Il ne s'agit pas d'évoquer une "tabula rasa" qui n'est qu'une commodité de la conversation. L'auteur en appelle à une responsabilité que beaucoup de politiciens du continent ont du mal à assumer.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

23/05/2019

Walead Beshty - l'été au MAMCO

Beshty.jpg"Walead Beshty", MAMCO, Genève, 29 mai au 8 septembre 2019.

L'exposition estivale du Mamco consacrée à Walead Beshty a pour but "d'expliciter l’image comme résultat d’un processus, plus proche en quelque sorte d’un software que d’un hardware". Créés par un script les travaux de Walead Beshty questionnent l'apparition  des images et les liens qu'elles entretiennent avec le réel en une société mondialisée.

Beshty 3.jpgCe travail est donc crucial pour comprendre l'oeuvre d'art et son langage. Celui-là illustre par exemple différentes facettes d’une même "histoire". Le spectateur est donc situé en un porte à faux où demeure entière l’énigme de la représentation. Photographies, magazines, cartes postales, objets, gravures, installations, séquences télévisuelles, peintures, etc.,  embrassent tous les champs en passant par l’information ou l’imagerie populaire. Repéré entre autres à la Biennale de Venise en 2015, Walead Beshty traverse la représentation de Brunelleschi à Instagram, de Marey à Gordon Parks en divers filtrages.

Besthy 2.pngLe plasticien déstabilise tout en ayant pris conscience que ce qui fait son approche au sein d’une perpétuelle remise en cause. Une transmutation s'opère à différents niveaux et sur divers supports. L’artiste relie un dedans et un dehors souvent inconnus. Il inscrit les états inqualifiables de processus ou les empreintes de moments de désaccords et de fractures entre l'homme et le monde. L'oeuvre les donne à voir dans une épaisseur de strates et de plans.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

19/05/2019

Hreinn Friofinnsson : murs et murmures de la pensée

Frioff.pngHreinn Friðfinnsson, "To Catch a Fish with a Song: 1964 - Today", Centre d'Art Contemporain, Genève, du 24 mai au 25 aout 2019.

Le Centre d’Art Contemporain Genève présente la première exposition personnelle de Hreinn Friðfinnsson en Suisse. L'Islandais fait preuve autant d'austérité que de lyrisme en une série de transfigrations abstraites de la nature.  L'expression  - trop pompeuse peut-être - "une sorte d’alchimiste idiosyncrasique". pour le définir met néanmoins  l'accent sur les transformations fabuleuses que l'artiste propose afin de mêler l'art et le temps, la raison à une certaine folie créatrice d'émotions puissantes.

Frioff 2.pngInstallé à Amsterdam depuis 1971 le plasticien est un artiste majeur du temps. Photographies, dessins, vidéos, installations, ready-made : tout passe par une économie autant sémantique que de moyens.  L’univers, commencé en une soupe chaosmique, est remis sinon sur pied dans une vision contre toute attente. Elle remet les pendules du monde et de l'art à l'heure. D'intempestives vues de l’esprit prennent corps en un mixage de repères qui interceptent la lumière et la communique à l’autre dans une magie visuelle.

Jean-Paul Gavard-Perret