gruyeresuisse

19/05/2022

Le néo-surréalisme de Flora Mottini

Mottini Bon.jpgFlora Mottini, "Rivage à bascule", Hall Nord, Genève, du 3 juin au 26 juin 2022.
 
Le travail de la Genevoise Flora Mottini est essentiellement pictural. Paysages et horizons deviennent la cartographie d'espaces poétiques abstraits et utopiques à travers lesquels l'artiste nous invite à naviguer.
 
Sculptures gonflables, paysages moelleux empreints d’un chromatisme vigoureux, surfaces lisses de l’aluminium anodisé, espaces imaginaires aux atmosphères cosmiques, fragments de textes imagés s'assemblent selon des narrations en formes d’îles. Tout flotte en un archipel que l'artiste nomme "fuluwatu".
 
Mottini.jpgFlora Mottini offre des visions néo-surréalistes là où ce qui reste de réalité se peuple du spectre des rêves tirés d'un vaste sommeil. Nous sommes au-delà de la conscience là où de silhouettes coulent sur les vitraux opaques d'un temple de la couleur. Tous les éléments réunis dans cette exposition personnelle sont comme des souvenirs que le regardeur glane dans cet archipel fictionnel.
 
Jean-Paul Gavard-Perret

18/05/2022

Jean-Hubert Martin visiteur impertinent

Martin 4.jpgJean-Hubert Martin,  "Pas besoin d'un dessin",  Musée d'Art et d'Histoire de la Ville de Genève, Les Presses du réel, mai 2022, 380 pages, 36.00 €.
 
Pour sa seconde grande exposition "carte blanche", le Musée d'art et d'histoire de la Ville de Genève a invité l'historien de l'art  et commissaire d'exposition Jean-Hubert Martin à poser un œil neuf sur ses collections.
 
Martin 2.jpgDans son approche l'éminent spécialiste abolit toutes  hiérarchies et en conséquence incite à revenir à la relation première entre l'œuvre d'art et le regardeur. Un tel ouvrage révèle la richesse du patrimoine genevois en reprenant la logique du parcours découpé en une vingtaine de séquences et en puisant dans tous les domaines artistiques et historiques de la collection.
 
 
Martin 3.jpgChaque chapitre se charpente  sur des suites d'analogies, de correspondances tant sur le fond et la forme des oeuvres qui recèlent  une histoire : de la croix au globe, de l'arnaque à la décapitation. Une telle approche  abolit les hiérarchies et stimule le regard en partant d'un constat : l'accumulation de connaissances, depuis la naissance de l'histoire de l'art, a lentement et sûrement fait perdre de vue l'essence des œuvres. Dès lors "Pas besoin d'un dessin" comme l'annonce le titre de l'exposition.
 
Jean-Paul Gavard-Perret

16/05/2022

Michele Landel ; du passé au présent, de la réalité au rêve.

Landel.jpgMichele Landel, "Invisible ; Unseen ; Unknow", Le Salon Vert, Genève-Carouge, du 13 mai au 18 juin.
 
L'artiste américaine Michele Landel est  établie depuis 2005 en France, à Sèvres. Elle développe une pratique qui associe le textile, la peinture et le collage à la photographie. Comme d'ailleurs le numérique au collage et l'enduit. Ses travaux sont présentés dans toute l’Europe et aux Etats-Unis. Ses œuvres jouent non seulement de différentes matières mais de différents temps.
 
Landel 2.jpgDes bouquets peuvent évoquer des souvenirs précis mais plus loin des silhouettes fantomatiques voyagent à travers un décor en une scénographie qui bascule du réel au songe. D'où différents moments  d'’évanescence, d’apparition, de disparition. L'artiste crée une fusion des perceptions dans un travail introspectif dont les frontières restent volontairement troubles.
 
Landel 3.jpgLe titre de cette exposition  "Invisible; Unseen; Unknown" marque bien - en ses natures mortes et paysages avec personnages, imprimés sur tissu - comment se construit un univers complexe. A partir de la photographie première tout un travail de métamorphose prend corps sur des matériaux qui ne sont jamais neutres mais racontent une histoire afin que des liens se tissent  entre passé et présent,  vu et invisible, su et insu.
 
Jean-Paul Gavard-Perret