gruyeresuisse

16/05/2017

Vasilis Zografos : la peinture et le silence

Vasilis.jpgVasilis Zografos, Phryctoria, Espace L, Genève, 18 mai au 24 juin, 2017

 

 

Dans l’œuvre de Vasilis Zografos c'est tout un paysage physique aussi bien que mental qui s'élève. Empreintes des genèses arides, lisières au tain usé, étranges érections nuageuses atteignent la nuit en haussant le ton mais sans rien agiter. Tout tient droit - ou presque mais en répondant aux sollicitations du vide
Vassilis 3.jpg

 

La peinture devient un sablier géant et retourné sur la précarité des êtres et des choses. Vasilis Zografos suggère la lenteur d'un temps étiré et règle ses images sur la lumière rétrécie. Avec le but secret d’aborder - un jour - le monde à venir avec l'émoi d'un enfant réconcilié.

 

 

 

 

 

 

Vassilis 4.jpgDans l’œuvre, les remparts s'affirment dérisoires. Des trouées sourdes sapent l'apparence. Désert que désert pour l'équilibre de part et d'autre d'un oubli tranché ou d’une légende traversière. La peinture veut offrir de belles échappées mais que peut-elle sinon induire des interrogations muettes face au temps qui fait main basse sur les territoires humains ?

Jean-Paul Gavard-Perret

15/05/2017

Yves Berger : été ou hiver qu’importe

Berger.jpgYves Berger, "Une saison dehors", Héros-Limite éditions, Genève, 80 p., 22,40 CHT, 2017.

Né en 1976 en Haute-Savoie, Yves Berger (fils de John) vit et travaille dans le hameau du Faucigny où il a grandi. Il y pratique la peinture, l'écriture et le travail agricole. Diplômé de l’école des Beaux-Arts de Genève, il a exposé en Suisse, France, Allemagne et Irlande. Certains de ses dessins et textes ont paru aux USA et au Canada et il a publié deux recueils "Destinez-moi la Palestine" (Dar al-feel, Jérusalem) et "Mes deux béquilles" (Éditions Art & Fiction, Lausanne)

Berger 3.jpg"Une saison dehors" est une suite prosaïque à celui-ci. Yves Berger évoque ses travaux de la terre et sur le papier. Se dégage une réflexion à propos de l'art et de la nature. Jaillissent la sérénité de l'une, le dureté et la violence de l'autre surtout lorsqu'elle se pratique dans une montagne qui n'est pas seulement un "paysage". Berger 2.pngL'auteur crée néanmoins un hymen entre ces deux travaux. Ils forment les piliers d'une sagesse que l'auteur fait partager. Yves Berger déconstruit les grandes illusions mais donne sens aux actes humains. Du temps orageux d’été aux étendues neigeuses d’hiver qui dilue les reliefs, lumières et ombres créent le pendant extérieur de la vie intime du créateur.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Eliane Gervasoni et Imperfetto Lab : surfaces apaisantes, surfaces irritantes

Gervasoni.jpgEliane Gervasoni et Imperfetto Lab, « Come potrei cacciare, se prima non designassi », Galerie ID50, Genève, du 18 mai au 17 juin 2017.

 

En résonance avec l’œuvre de l’italien Imperfetto Lab, Eliane Gervasoni présente une suite de dessins à l’encre blanche sur papier noir aux glacis impeccables. La fixité - selon l’expression consacrée - « déplace les lignes » en lieu et place du mouvement. Chaque œuvre est constituée d’une unité transitive : celle des changements de saturation dans la modulation du noir et de blanc.

 

Gervasoni 2.jpg

 

Tout semble en suspens. L’espace est soumis à des tensions au sein de flux ordonnés. Le dessin implique un rythme et crée l’expérience d’une forme de spatialité particulière. Noir et/ou blanc qu’importe. Si bien qu’à « l’imperfection » de la matière chez l’Italien répond la précision des dessins de la Lausannoise. Elle renvoie le réel au cosmos par effet d'abstraction.

 

 

 

 

Gervasoni 3.jpgLes deux œuvres "en repons" créent une histoire abrasive, une narration d'espaces et une éclaircie de la réalité. Chez Eliane Gervasoni s’inscrit l’esquisse d’une tonalité majeure. Se crée l’ouverture d’une communication insolente où le monde se traverse et se transforme dans une « co-agitation » avec l’œuvre d’ImperfettoLab.

Jean-Paul Gavard-Perret