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07/09/2021

Marco Maggi ou la passion du détail

Maggi 1.jpgXippas Paris propose 12 nouvelles œuvres dont deux installations au sol de l'Uruguayen installé à New York  Marco Maggi. Il réalise souvent des dessins abstraits et détaillés en utilisant des matériaux du quotidien (papier, plexiglas, feuille d’aluminium…). Quant au résultat de son travail analogique et méticuleux il est à la fois cryptique et fascinant. L'artiste grave ou découpe des formes pour ajouter une troisième dimension à ses dessins.
 
Maggi 3.jpgIl travaille tel un sculpteur en tenant compte des ombres et de la lumière et des espaces négatif et positif. L'artiste avec méticulosité décrit un monde d'éléments infimes, presque invisibles parfois. Tous les détails sont considérés comme des éléments fondamentaux, car ils façonnent notre environnement physique, technique, social. Dès lors cette " Révolte du détail" ne se construit pas contre tout système mais comme un moyen  à résister à tout ordre.
 
Maggi 2.jpgLes œuvres d’une grande complexité dialoguent avec l’installation au sol et proposent un effet de confusion. Sommes-nous face à des vues satellites d’un site archéologique, où à la surface d’une réalité microscopique et technologique ? Et ce, là où Marco Maggi revisite l’histoire de l’abstraction en portant un regard critique sur nos sociétés, obsédées par la maîtrise du détail et qui échappent toujours à nos tentatives de contrôle.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 

Marco Maggi, "La révolte du détail",  Xippas Paris, du 4 septembre au 9 octobre 2021.

04/09/2021

Claudia & Julia Müller : accords et désaccords

Julia.jpgClaudia et Julia Müller extraient et reproduisent partiellement à la main des images issues de leurs archives dans de grandes peintures murales. Ce processus leur permet de mettre en avant des éléments. Ils peuvent au premier abord sembler cachés mais  révèlent des comportements humains.
 
Julia Bon.jpgLes deux soeurs  ne sont pas forcément d'accord sur tout. Mais elles croisent des manières analogiques et digitales de création ainsi que d’effacement d’image entre délayage manuel et gommage Photoshop. Parmi ces peintures murales du non-visible, contrastent des silhouettes et détails dessinés en contours nets. Ces fragments émergent comme des passages marquants ou des personnes inoubliables,
 
Julia 2.jpgLa cour intérieure et l’espace d’exposition sont occupés par de grandes sculptures-lampes. Leurs formes organiques s’apparentent à des silhouettes humaines et des lampions.  Cohabitent de la sorte deux installations, une à l’extérieur et l’autre à l’intérieur, l’une abstraite et l’autre plus figurative. Dans leur dialogue, elles illustrent le processus de création à quatre mains. Il entraîne entre les soeurs accords et désaccords. Dans leurs allers-retours elles ne trouvent pas forcément un compromis unanime, mais cela n'entrave un rien la création de plusieurs voies possibles. Au contraire.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
Claudia et Julia Müller, "Une brève histoire de baskets sales" Centre Culturel Suisse, Paris, du 17 septembre au 14 novembre 2021.

10/08/2021

Léo Barthe : chien de vie

JBarthe.jpgacques Abeille (aka Léo Barthe)  propose une fiction aussi obscène que littéraire comme il en a le secret. Il prouve que les "choses" les plus osées peuvent se dire avec élégance. L'auteur ne se perd pas dans une pornographie de bas étiage. Mieux il propose une leçon de tolérance et de liberté qui est toujours - écrit l'auteur - une "provocation".
 
Tout devient carne à val. C'est une saison arrachée au gris, noir sur blanc. Dans des bijoux qui sont ceux d'une "famille"  pour le moins imprévue. Les sens prennent un chemin dangereux et en toute errance au nom des caprices qui s'empilent dans la boîte crânienne. Mais pas que.  Car lorsque le couple héros du livre se voit offrir la garde d'un chien par un duo d'amis, le toutou se montre très affectueux et quittera avec peine les jupes de sa maîtresse provisoire. Elle-même éprouve à son égard des sensations qu’elle a oubliées depuis longtemps. Si bien qu' une relation se noue mais doit se distendre lorsque les amis reviennent.  Tout prend fin avec le départ définitif des propriétaires du chien,  mais l'héroïne aura enfin compris ce qui lui permet d'atteindre l’extase et l’épanouissement.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
Leo Barthe, "L'animal de compagnie", La Musardine, Paris, 2020, 16 E..