gruyeresuisse

19/01/2022

Andelu : la voix de l'art

Andelu 2.jpgDepuis toujours Andelu peint les jours entre tant de nuits entassées. Leurs ombres indicibles qu'ils rabattent sur nous elle les racle. Pas de lyrisme pour autant pour le montrer. Mais juste des fragments là où souvent le bleu, le rouge et encore le jaune règnent. Surgissent toujours dans ces éléments épars-disjoints la solitude et la recherche du morceau qui manque : à savoir l'autre. Mais pas n'importe lequel. L'autre dans et de l'amour qui offre à l'image un récit en suspens.
Andelu 3.jpgDes bouts de vie dans chaque tableau ou sculpture d'Andelu se poursuivent, se jointoient plus ou moins là où se dessine une courbe. Elle est moins couvercle ou arceau qu'un élan de vie. Même si le monde nous échappe et nous roule à l'envers. Finalement la peinture devient une voix qui résonne dans les formes et couleurs afin de recomposer les trajectoires.
Andelu.jpgNul ne peut ainsi s'arracher à la lueur qui tient au milieu des orages. Andelu fait avancer le regard : qu'importe la distance et les vanités. Simplement avancer, errer d'une froidure vers un repos, poursuivre sur les lignes, rester en vie, tenir. L'écrire pour répéter le geste de la créatrice. En cage nos vieux mots se dressent, tentent l'insurrection qu'Andelu consent. Mais seul le geste de peindre libère: la couleur brûle les ombres sur des images peaux.
Jean-Paul Gavard-Perret

Voir le site de l'artiste.

18/01/2022

Sookie Sirene : du bon mauvais usage du selfie

sirene.jpgSookie Sirene cultive l'art du selfie de manière particulière - d'aucuns diront presque masochiste. Elle cherche une image "sale" et qui n'a rien de narcissique. L'artiste utilise l'autoportrait parce qu'il s'agit de ce qu'elle a sous la main. Introvertie elle trouve ainsi une sorte d'ouverture.
 
sirene 3.jpgElle y travaille le langage de l'image tout en offrant un discours implicite sur des états affectifs et mentaux là où rôde toujours un certain mal être. Dès lors Sookie Sirene ne cherche pas l'enchantement mais son contraire.
 
sirene 2.jpgElle ne désire pas faire oeuvre mais un "work in progress". Le visage qui saute aux yeux jette de plain-pied dans un vécu. Toutefois la subjugation technique facilite l’accès à d'autres visions. La force de la création se veut d'une certaine manière contrariée par la présence et son impossibilité.
 
Jean-Paul Gavard-Perret

Marie Chapuisat Archinard : Emergences en vibrations

Chapuisat.jpgMarie Chapuisat Archinard, "De pierre et de bois", Galerie Marianne Brand, Carouge, Genève, du 20 janvier au 4 février 2022.
 
Marie Chapuisat Archinard envisage et dévisage le monde au-delà d’une linéarité et par effet de matière. Et ce de manière parfois drôle, parfois minimaliste. Chaque œuvre se décline selon sa masse et le miroitement de la lumière sur ses formes dont ne demeurent parfois que des traces indicibles.  
 
Chapuisat 2.jpgSont présents des états premiers. Ils ne cessent d'élever des visions du bord de l'abîme. Elles deviennent le moyen de subvertir le réel par sa propre représentation. Dès lors, si le réel semble avoir le dernier mot, l’art le dissocie de ses mises en volumes.
 
Refusant narrations et anecdotes ce travail se caractérise par la production d’images aux puissances mentales et émotives. Elles deviennent  des espaces poétiques par excellence. Cette poésie plastique parfois presque fripouille ne cherche pas la séduction : elle veut avant tout suggérer le champ magnétique - aux diverses polarisations - induit par la notion de globalité de chaque pièce et ce, non sans une sensualité aussi aérienne que tellurique.
 

Jean-Paul Gavard-Perret