gruyeresuisse

17/07/2019

Claudine Loquen : princesses en cavalcades

Loquen.jpgEntre sculptures et peintures Claudine Loquen ne cesse de nous porter vers un monde des songes. Le rêve est fait pour dénouer les cauchemars du réel par un vigoureux instinct vital et via le stupre inconscient des préludes aux amours enfantines. 

 

Loquen 2.jpgIl suffit d’accepter de suivre les princesses de l'artiste car (à l'inverse de celles des gogol gothas des cours d'Angleterre ou d'ailleurs) elles mènent bien plus loin et dans des lieux qu'ignorent l'art du temps. La plasticienne poursuit ses vagabondages hors des bourrasques mais en fidélité notoire avec une douceur et une alacrité. Elles emportent afin que le charme et la joie de vivre s'infuse.

Loquen 3.jpgLe désir, la peinture devient une même force qui va. Pour autant Claudine Loquen ne réduit pas le regardeur à l'état de voyeur en jouant sur l'ambiguité des impubères et les fantasmes douteux. « Le ça voir » est tout autre : les Princesses viennent rappeler que l’être a tord de souffrir et que la terre est bien plate loin des replis du songe. Ici - les princes charmants remisés - les fausses dormantes suffisent à réanimer les contes parcheminés : ils remontent, ils respirent. Qu'importent si les loups noirs rêvent de les croquer : leur carotène les rend bêtas. Ils ne peuvent rien face à des féminités plus (im)pertinentes qu'eux.

Jean-Paul Gavard-Perret

Claudine Loquen, "Peintures et Sculptures", Espace Culturel Franklin Roosevelt, Agon Coutainville, du 13 au 24 juillet 2019.

 

14/07/2019

Steve Davis pom-pom girls et orchidées vagabondes

Davis bon.jpg"Pride in America" est une série réalisée entre le milieu des années 1970 et celui des années 1980 en Idaho par un photographe en herbe soucieux de créer une libre chronique de sa jeunesse. S'estimant "à tord ou à raison" comme il le dit lui-même "pionniers du punk de l’Idaho", le photographe précise que "l’impulsion initiale de cette série n’était pas autre chose que de partager certains des sujets abordés" et d'ajouter : j’espère que d’autres pourront se rapporter au peuple et à l’époque que je présente dans cet ouvrage".

Davis 2.jpgApparemment le photographe voulait créer une ode à son pays. Mais le photographe est doué : si bien que son témoignage et éloge connaît un "twist" (comme on dit aujourd'hui) ou un tour particulier. Les filles des paroisses ne sont pas forcément angéliques et les coeurs et les corps s'enflamment sous des enjoliveurs qui ne protègent pas forcément les roux de divers tourments.

Davis 3.jpgLes fleurs vivaces jaillissent et éclatent des bourgeons qui n'ont rien de mélancoliques. En se mêlant des affaires de ses ami(e)s Steve Davis plonge au plus profond de la vie telle qu'elle était. Les éclats nous poursuivent par delà les années. Et l'aspect vintage reste tout compte fait secondaire dans ce que le photographe a saisi d'éternel - ou presque.

Jean-Paul Gavard-Perret

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13/07/2019

Etti Abergel : révisions des images

Etel 4.jpgEtti Abergel, "Decodage", Galerie Mezzanin, Genève, du 13 septembre au 11 novembre 2019

Toute l'oeuvre de Etti Abergel navigue entre solitude et appartenance, déracinement et ré-enracinement. L'artiste crée des images mythiques mais tout autant "réalistes" (dans une révision de l'art abstractif et conceptuel). Le tout à la jonction de deux mondes - d'un côté, celui de sa propre solitude et, de l'autre, de la communauté d'appartenance nouvelle. Afin d'y parvenir, elle trouve un nouveau langage indépendant nourri de ses expériences, de ses études, de sa mémoire intime et collective et de ses mythes - judaïques en l'occurrence.

Etel 3.jpg

Par ce qu'elle a vécu et appris l'artiste invente un langage visuel subjectif et transgressif. Il s'agit de reprendre diverses approches afin de rectifier le réel tel qu'il est par une vision expérimentale. Celle-ci  ne manque jamais de grâce, de majesté, de force même lorsque le réel tel qu'il est semble pris à la gorge.

 

 

Etel 2.jpgA travers des sédiments de différents niveaux (textes, images, objets, etc.) Etti Abergel ouvre une narration personnelle mais à caractère général. Tout est construit afin de créer une monstration plurivoque qui se veut une lutte contre divers traumatismes là où les différentes déconstructions deviennent la voie d'une création où le mythe est renouvelé en érections intempestives.

Jean-Paul Gavard-Perret