gruyeresuisse

20/09/2016

Valérie Reding : vivre d’une autre vie

 

 

Reding 3.jpgValérie Reding, « Smile ! Other portraits, LAC Scubadive, Vevey, le 20 septembre 2016.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Reding.jpgValérie Reding est une artiste multimedia qui travaille à Zurich. Elle joue des maquillages et de la chorégraphie afin de transformer les genres, identités, stéréotypes et normes pour continuer le mouvement des théories féministes et LGBT. Elle prouve combien franchir les frontières du genre, changer de corps touche au plaisir, à la jouissance mais aussi à la peur de celles et ceux qui face à de telles images se voient interpellées. Elle suggère que le corps « ensemencé » n’est pas incorruptible voire qu’il n’est pas le bon : il peut être simplement mal « programmé » et doit ressusciter pour devenir glorieux en quittant la distribution des genres.

Reding 2.pngA travers ses « queers » Valérie Reding, au désir contourné, à l’empêchement substitue la possibilité - hors culpabilité - de jouir du même et d’être soi-même. Ce changement extrait de la pure illusion comme de l’errance et de la répétition. Accepter une forme de « perte », c’est regarder du côté de l’autre en soi et d’en oser le risque. Cela n’a rien d’une forme de schizophrénie mais d’un rêve bien éveillé.

Jean-Paul Gavard-Perret

18/09/2016

Maria Guta et les femmes

 

Maria Guta.jpgMaria Guta, « Installation VR de Maria Guta pour POV paper », Lac Scubadive, Vevey, le 18 septembre 2016

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maria Guta 2.pngMaria Guta fait tenir debout les femmes au besoin en les couchant sur un lit afin d’affermir leur équilibre. Pour elle, ses égéries le trouvent par les sentiments, les sensations, les intuitions qu’elles font éprouver à l’artiste. Elle les scénarise en les illuminant d’humour et de fantasmagories. Elle s’offre le luxe de jouer avec leur présence en la transformant en "artifice". Quant à l’homme, il n’est jamais présent : il n’est que le témoin inquiet des monstrations de l’artiste.

Maria Guta 3.pngMaria Guta répète la certitude de son existence par des postures de feintes d'illusions. L’artifice, elle l’incarne. La photographie apparaît comme la fiction d’une présence qui subtilise le désir des hommes par celui des femmes. Pas question de dérober les pensées de ces dernières mais juste de les utiliser en en jouant. S’incarne tout autant l’extase de la lucidité que de l’illusion.

Maria Guta 4.pngL’espace tourne autour du corps féminin. C’est un fleuve entre terre et ciel déchirant l’entre-deux. Il devient creux, orbites, cavernes, diaclases. Tout est à sa place. Les lumières et les ombres à partir du corps qu’elles éclairent ou obscurcissent sont suspendues sans appel dans une fixité drôle ou spectrale.

Jean-Paul Gavard-Perret

16/09/2016

Les histoires d’O de Céline Peruzzo

 

Peruzzo.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Céline Peruzzo,"Cuisses & Palms", galerie Body & Soul, à partir du 17 Septembre.

Enlever son soutien gorge en fin de journée, enfiler son jean après être épilée, ou manger directement de la glace dans le pot tout en se donnant du mal pour maigrir ne suffit plus. Céline Peruzzo réclame plus pour ses femmes. Donc pour elle-même. Son œuvre est moins un faire part qu’une part faite pour parfaire le corps féminin au sein d’une révolte fantaisiste contre la honte, l'incompréhension qui saisissent les fées du logis dès les paradis verdâtres des amours enfantines.

Peruzzo Bon.jpgAu lit de salades frisées la femme doit préférer le sien. Et pour s’y reposer. L’homme ne pourra plus y jouer les alouettes. S’il enlace sa chérie il y a fort à parier qu’elle s’en lasse eu égard aux conseils de l’artiste : Bourguignon ou non le mâle sera un négociant en vain. Et Céline Peruzzo le prouve. Pour une femme il n’y a pas d’histoire d’O dans celle de vaisselle. A Monsieur Propre les nonnes du ménage ne montreront plus leurs seins. Finis l’hypertension, la phlébite. Comme l’Albion l’artiste apprend à filer à l’anglaise et c’est pourquoi ses femmes ont la cuisse belle. Que certains mâles s’en hérissent cela qui ne manquerait pas de piquants.

Jean-Paul Gavard-Perret