gruyeresuisse

29/06/2016

Sylvain Baumann : cartes, scènes, étendues, territoires

Baumann.jpgSylvain Baumann, « Termes et conditions », 3 juillet - 21 août 2016, EAC Les Halles, Porrentruy.


L’EAC continue d’offrir des œuvres représentatives et novatrices de la production contemporaine. Ce laboratoire de l’expérimentation artistique et de l’innovation invite pour l’été Sylvain Baumann. Le jeune artiste (1981) qui vit entre Bâle et Le Frasnois, (France) poursuit une expérience sur ce qu'il nomme  un « climat de confiance » au sein de la complexité et l'accélération du monde actuel. L’artiste apprend à être vigilant devant certaines appellations et à se méfier des imitations. Il cultive au besoin les premières mais ignore les secondes en leurs menteuses moulures quitte à couper l’herbe sous le pied de l’été.


Baumann 2.jpgAfin d’analyser les modalités « techniques » du climat de confiance, Baumann a monté sa propre « entreprise d'ingénierie de la confiance ». L'EAC est un lieu d’élection pour présenter et évaluer les vecteurs premiers et identitaires des essais visuels. Baumann y insiste sur les termes d’un contrat qui lie le public à l'œuvre. Des réseaux jusque là opaques commencent à délivrer leur mystère. En surgit tout ce qui peut créer un sentiment de confiance ou de doute afin d’apprendre à chaque visiteur à se fier à son instinct qu’on nommera plus que jamais de conservation. L’artiste écarte la détresse et le prophétique. Il garde le contact avec le réel - là même où il semble se distancier - et refuse le jacassement plastique du saccage inhérent à la fable humaine.

Jean-Paul Gavard-Perret

10:07 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

25/06/2016

Primitifs du futur à l'Elysée


Elyséé Victoria Will.jpg« La mémoire du futur, dialogues photographiques entre passé, présent et futur », jusqu’au 28 août 2016. Musée de l’Élysée, Lausanne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ElyséeOscar Munoz.jpgDepuis son arrivée à la tête du Musée de L’Elysée, Tatyana Franck a revitalisé le lieu. Elle revalorise un fonds accumulé au fil du temps sans direction précise mais dans un souci d’œcuménisme photographique. Pour autant l’exposition n’a rien d’une expérience nostalgique. Plutôt que d’exhumer des trophées passéistes l’exposition crée une dialectique entre passé et futur et montre comment les recherches des photographes actuels savent tirer profit de procédés photographiques archaïques.

ElyséeChristan Marclay.jpgDaguerréotypes et autres cyanotypes sont mis en écho des œuvres les plus nouvelles. Aux travaux primitifs de Gustave Le Gray ou d’Anna Atkins répondent les expérimentations de Christian Marclay, Oscar Munoz, John Dugdale, Takashi Arai ou encore les recherches sur la lumière d'un James Turrell. Non sans louable souci pédagogique l’exposition permet une réflexion approfondie sur le médium et prouve comment l’esthétique photographique se construit sur la « matière ». Et ce même à l’époque du numérique. La patine, la craquelure, l’effet de trace investissent le médium – parfois jusqu’à un maniérisme discutable. A voir pour tout amateur d’un art confiné trop longtemps au rang inférieur.

Jean-Paul Gavard-Perret

(photosde Victoria Wall, Oscar Munoz, Christian Marclay)

22/06/2016

Les Insolents Plonk et Replonk


Plonk 3.jpg« Plonk & Replonk + Andrea Barciela » Au LAC de Vevey jusqu'au 31 juillet 2016, en collaboration avec Swissachtung.ch.


Les éditeurs de la Chaux de Fonds Plonk & Replonk, sont déclarés d’ « inutilité publique » depuis 1997. Ils se posent provisoirement au LAC avec leur nouveau Bestiaire non surveillé. Décalés et impertinents, ils viennent néanmoins déclarer allégeance aux neuf muses monumentales du jeune artiste Andrea Barciela. L’humour particulier et absurde de leurs fameux photomontages d’inspiration rétro, leurs anciens livres, leurs cartes postales ou encore leurs Nains Bétonnés fait merveille.


Plonk.jpgLes deux compères proposent des visions qui échappent à toute logique. De fait l’imaginaire repose ici sur le réel par modification de point de vue et de prise. Spécialiste des détournements et autres vacations a priori farcesque leur travail ne peut que réjouir. L'impossible devient possible. Les « niches » des iconoclastes ne manquent jamais de chiens. Ils jouent les artilleurs afin de suggérer combien les bienfaits tournent à la férocité. Des raies alitées produisent des crimes et pas seulement pour ceux qui en des alcôves suaves savourent leur Darjeeling dans des tasses athées.


Jean-Paul Gavard-Perret