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12/08/2016

Hommage au fondateur et à l'actualité des Editions du Griffon

 


Griffon 4.jpgExposition "Pourquoi ne faîtes-vous pas un livre sur moi" 70 et + d'éditions d’art", du 15 août au 8 septembre 2016, Editions du Griffon, Neuchâtel.

 

 

 

 

 


Griffon 2.jpgDirecteur d’école à Bienne, Marcel Joray fonde les Editions du Griffon, en 1944. D’abord , et dans un souci de diffusion pédagogique, il publie des ouvrages scolaires et scientifiques. A l’étroit dans ce cadre il crée sa célèbre collection “Trésors de mon pays” consacrée au patrimoine romand et illustrée par des photographes locaux. Mais l’artiste est sensible à l’art international. Peu à peu sa maison prend un envol plus large. En 1963, Victor Vasarely soumet à Marcel Joray un projet d’ouvrage sur ses travaux. Techniquement ambitieux, l’éditeur profite de l’innovation des imprimeries suisses. En retour, le Hongrois confie à l’éditeur l’exclusivité pour l’ensemble de ses travaux d’impression dont de superbes jeux cinétiques. Les Editions du Griffon sont donc associées à Vasarely mais elles ont proposées aussi les premières monographies d’artistes aussi importants que Marino Marini, Brancusi et Soto. Traduit en plusieurs langues ces ouvrages donnent à la maison d’édition familiale une reconnaissance internationale.

Griffon 3.jpgMuettes pendant près de 20 ans après la mort de leur fondateur, les éditions neuchâteloises revivent grâce à Julien Gonzalez-Alonso, passionné et expert d’art contemporain, ancien directeur de la plus grande maison de ventes aux enchères parisienne. Non seulement le nouveau directeur veut revaloriser le patrimoine de la maison (avec un coffret « collector » sur Vasarely) mais fait perdurer son esprit par la défense et illustration de talents actuels : monographie d’Arthur Luiz Piza par exemple. Le directeur non seulement remet au jour le fonds mais tente ainsi une nouvelle aventure éditoriale. Griffon.pngL’exposition permet de rendre hommage à l’ensemble des ouvrages réalisés par Marcel Joray. Elle illustre aussi le projet de Julien Gonzalez-Alonso. Le tout à travers d’œuvres majeures sélectionnées pour illustrer les monographies d’hier et d’aujourd’hui. S’y retrouve des peintures et dessins d’artistes suisses (Wolf Barth, Odon Köch, Le Corbusier, André Ralseyer) et internationaux (Vasarely bien sûr mais aussi Brancusi, Hans Richter, Francasco Somaini, etc.) ainsi que des tirages originaux de photographies qui illustrèrent la collection « Trésors de mon pays ».

Jean-Paul Gavard-Perret

cf. : www.editionsdugriffon.com

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10/08/2016

Marcel Miracle & Line Marquis : les dynamiteurs



Miracle bon.jpgMarcel Miracle et Line Marquis, « Ars & sens », Espace Culturel Assens, du 22 aout au 2 octobre 2016. De Marcel Miracle "Nuit d'émeute sur la piste" (éditions art&fiction, Lausanne)

Face aux artistes prétentieux et mystificateurs de l'absolu qui prennent les regardeurs dans les filets de leurs fades représentations, Line Marquis et Marcel Miracle proposent des interventions ludiques et iconoclastes. Ils forgent au besoin le faux pour casser artifices et artefact plastiques. Peintures dessins et autre interventions cultivent une liberté afin de garantir au regard des moments de plaisirs que seuls les imbéciles estimeront parfaitement inutiles.

Miracle bon 2.jpgLine Marquis dont les yeux font mourir d’amour et Marcel buveur de thé au Sahara sont des intrépides. Ils transgressent tout édit de nostalgie et pensées crépusculaires. L’ironie et la dérision mettent à mal tout snobisme et l’art sort de ses abris et qu’importe s’il passionne si peu les hommes qu'ils n'en finissent pas de s'inventer d'autres activités.

Les deux artistes indiquent des voies cavalières. Les couleurs crépitent et les formes rejoignent des galaxies galopines. Leur création est un voyage dont le parcours est un accroissement de nulles parts. Le reste - si reste il y a - possède l’épaisseur d’une hallucination. Les œuvres transcendent les évidences et sont des travaux réfractaires à toutes dissimulations. Plus questions de confondre le réel avec ses représentations.

Contre le simple retour massif de l'illusion expressive, contre l'évènement en tant que symptôme, Line Marquis et Marcel Miracle développent un long et raisonné processus d'approfondissement. Le réel se met à suinter à travers leurs machineries infernales. Les deux modeleurs restent des mécaniciens d’un genre particulier : lignes et couleurs leur servent à jouer à la fois dans mais aussi contre l'excès. Pour eux la création est une histoire de formes qu'il faut assumer et faire jouer de manière implosive et jouissive.

Jean-Paul Gavard-Perret.

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08/08/2016

Matt Mignanelli : une certaine idée du paysage…


Mignanelli.jpg« Pop up ! », Dubner Project Lugano, du 2 Septembre au 29 Octobre 2016. (Dubner Moderne, Lausanne).

 

 

 

 

 

Mignanelli 2.jpgPar indices géométriques parfois résolument abstraits mais parfois plus « véristes » Matt Mignanelli crée une béance oculaire face au paysage. Le « fictionnant » presque jusqu’à la parodie il traverse des façades pour atteindre des lieux à la fois proches et lointains. L’hyperréalisme se mêle à la fantasmagorie. L’artiste sait que franchir la frontière du réel, modifier les manifestations visibles, transformer leur perception restent un plaisir qui fascine. Les hybridations cassent les frustrations : peuvent surgir des phosphorescences mystérieuses où - sur les ruines du réel - se redessine une architecture admirable nourrie de clarté.

Mignanelli 3.pngLe jeu des lignes crée une distance plus complexe que certaines prophéties le suggèrent. Matt Mignanelli anticipe donc ce qui tend à modifier nos paysages. Il propose aussi la possibilité d’atteindre des environnements sensoriels inédits à travers des mises en scène et en jouant sur les couleurs, les formes, les lumières. Le paysage prend une valeur hypnotique. Il agit sur la perception sans emprunter le détour de la symbolisation. L’artiste préfère jouer d’une « monumentation » particulière entre le flou et le précis. Le réel redevient habitable même si l’individu est absent des images. Il pourra pourtant y trouver une matrice dynamique et « avènementielle » loin de ce que l’architecture classique a monté, tout en s’appuyant sur elle.

Jean-Paul Gavard-Perret

12:09 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)