gruyeresuisse

26/01/2020

Hans-Ruedi Giger toujours présent

Giger.jpgNé à Chur, en Suisse, le 5 février 1940, Hans Ruedi Giger étudia le dessin, l'architecture et le design. Il publie ses premiers dessins dont son "Atomkinder" (Enfant atomique) dans le journal de son école en 1964. Il développa une passion pour Freud et la psychanalyse, commence à répertorier ses rêves dans un journal et imprime une série de travaux intitulée "Un festin pour le thérapeute". Son univers est alors déjà teinté d'angoisse, d'effrayantes créatures imaginaires et de paysages étranges.


giger 2.jpgArtiste multipartitas, Hans Ruedi Giger a réalisé des courts métrages documentaires avant d'être approché pour l'adaptation de Dune par Alejandro Jodorowski, qui ne verra pas le jour. Mais il est repéré par Ridley Scott pour concevoir la créature de "Alien"dont la chair se mélange à la mécanique, branchés sur des tuyaux, renforcés par des armures.

Giger 3.jpgIl définissait son style comme "biomécanique" créateur d'une ambiance fantastique, sombre et inquiétante. Mais à côté de ses travaucx cinématographiques il continua à produire des œuvres très diverses et à caractère fortement sexuels : sculptures, peintures à l'encre, pochettes d'albums (entre autres pour  Blondie et Emerson, Lake & Palmer), pied de micro du chanteur de Korn, scénographie du Mylenium Tour de Mylène Farmer. Celui qui aurait préféré être musicien que plasticien reste un un créateur de premier plan qui aura influencé son temps.

Jean-Paul Gavard-Perret

22/01/2020

Senta Simond et les ostentations discrètes

Senta-Simond.jpgLe premier livre de la jeune photographe suisse  Senta Simond "Rayon Vert" publié par Kominek en 2018, a été un succès critique et commercial. Son travail donne lieu en ce début d'année à sa première exposition américaine. L'artiste se concentre sur une approche intime du corps féminin. En lien avec ses modèles la photographe crée un monde plus sensuel que sexuel. Elle élimine le regard voyeuriste.

 

 

Senta-Simond 2.jpgL'objectif est de suggérer divers sentiments chez ses modèles avec lesquelles elle travaille parfois  depuis 10 ans. Elles sont choisies parce que Senta Simond trouve en elle "quelque chose d’intrigant dans leur caractère, leur attitude, quelque chose de fort et de doux en même temps. Il y a quelque chose de très spécifique qui me fascine, ce que je trouve généralement chez les femmes." écrit-elle.

 

Senta-Simond 3.jpg

Les photos sont prises afin de porter toute l'attention sur le modèle avec de simples arrière-plans en effacement. C'est là une manière essentielle pour se rapprocher du sujet afin de capter des moments subtils et intimes. Pas étonnant dès lors que celle qui a étudié l’esthétique et la théorie du cinéma à l’Université de Lausanne et a obtenu un Master en Photographie à l’ECAL est déjà une créatrice d'envergure internationale.

Jean-Paul Gavard-Perret

Senta Simond, "Exposition", Danziger Gallery, 980 Madison Avenue, New York, du 23 janvier au 29 février 2020.

13/01/2020

Loren Kagny et les déplacements identitaires

Loren Kagny.jpgLoren Kagny, "For your doll & heart", Quark, Genève du 16 janvier au 29 février 2020.

Loren Kagny crée un monde baroque à la fois par les costumes qu'elle invente et leur mise en scène dans un art de la pose et de la lumière. La poésie de ses images en couleurs ne cherche jamais l’emphase mais la sublimation.

Loren Kagny 2.jpgL'ancienne élève de l'HEAD incarne une synthèse réussie de la liberté stylistique mais aussi de la rigueur en croisant diverses thématiques dans lesquels l’humain demeure central. De telles photographies portent les marques d’amours, de blessures et de joies mais toujours vues avec écart et parures pour éviter les effets platement psychologiques.

Loren Kagny 3.jpgExistent de petits traités d’archéologie de la mode donc du fugace mais aussi des stéréotypes identitaires et onementatux. Le tentation du raffiné est toujours contrecarrée par une pinte de "punk-attitude" là où il ne faut jamais rechercher le prétendu marbre de l’identité supposée mais sa terre friable. Celle qui fait face dans le réel comme dans l’illusoire au sein d’un jeu de piste dont une telle oeuvre devient le nid. Les personnages en surgissent de la pénombre afin de toucher quelque chose de fondamental et aux échos multiples.

Jean-Paul Gavard-Perret