gruyeresuisse

14/05/2014

les ostensoirs François Burland

 

 

BURLAND 2.jpgFrançois Burland est ouvert à diverses techniques et approches qui allient la photographie, la peinture, le collage, la sculpture. Ses images retiennent le temps tout en proposant par effet de bande une réflexion - parfois avec drôlerie et parfois gravité - sur l’époque. En ses (re)constructions l’espace est démultiplié. Une confrontation communicante à plusieurs entrées se décline au moyen de reliques. Le créateur les scénarise pour tordre les idées reçues. Cherchant la sidération ironique il transforme le passé, le décale. Bref il offre le paradoxe d'images "mangées" pour que d’autres images se développent. Un suspens demeure. Il permet de passer de l’illusion subie à l’illusion exaltée. Les créations ne sont donc pas de simples fenêtres ouvertes sur le monde. Leur  découpe renvoie à une obscurité par la luminosité. La création devient même le lieu d’un rite de passage où tout s’inverse.  Les œuvres sont les fables de lieux anachroniques qui - repris -  brisent notre façon de voir et de penser. Elles sont ni le propre ni le figuré mais une zone où l'émotion crée moins le songe que la méditation. Là où les apparences sont mangées jaillit une poésie plastique forte en émulsions En résumé François Burland propose la puissance occulte et humoritique des images. Elles ne sont plus là  afin de commémorer le souvenir mais afin d'en laisser la béance dans le vent des montagnes et sa vibration.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

 

 

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11/05/2014

Art-Phi : perles de lueurs

 

 

 

 Artphi 2.jpgwww.art-phi.com, Lausanne.

 

 

 

A la recherche de l’intimité féminine Art-Phi (aka Olivier Francillon) ne cherche pas l’indécence. Ses modèles échappent partiellement à la vue. Elles restent les montrées-cachés qui ne donnent pas de réponse à l’abyssale nudité du corps. Le plaisir du voyeur à former avec l’image  un duo est écarté. Fidèle au jeu érotique l’artiste propose de repenser la valeur et la fonction de la photographie dite de nu.

 

 

 

Le Lausannois en  efface en partie son langage. Il rappelle qu’en photographie la nudité n’est pas la chair. Le plaisir ou son appel  n’ont chez lui qu’une place remisée. La complicité se fait dans le différé, le suspens. L’exhibition d’un dehors devient la complice d’une forme de gravité. Elle pose la question de la solitude non pour la repousser mais parce qu’elle engendre un remotio particulier. Il  articule à ce qui est dévoilé à ce qui ne peut se pénétrer. L’être y est éprouvé dans sa fragilité et un demi éveil. La chair semble incrédule à la morsure amoureuse, au ruissellement du désir. Reste une place à l’œil vers le chemin du cœur. Au regardeur de le découvrir dans des photographies argentées. Ce qui croule et dévale se fait complice de bien des ambigüités. Pour emporter le rêve bien sûr. Mais aussi ce sur quoi s'estime une relation, son échec ou sa réussite, ses crépitements, ses tracés, ses émotions, ses amertumes.

 

 

 

Artphi.jpgL'innommé, l'invisible peuvent alors faire surface, ils ne sont plus retenus, confisqués par la simple exhibition charnelle. Il convient d’errer au fond d’histoires dont Artphi ne délivre pas la clé. Reste une certaine pudeur plus que l’extase. A la faim du loup se superpose une légende en image. Dans les murailles d’indices qu’un bas blesse, qu’un pull recouvre et sur ces perles de lueur le temps vient faire ses griffes en un perpétuel sursis.

 

 

 

Jeran-Paul Gavard-Perret

 

 

 

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08/05/2014

René Groebli : Le désir du détachement

 

Groebli.pngRené Groebli, L’œil de l’amour, Chez Higgins,  Montreuil.

 

 

 









René Groebli souffle le brûlant et le glacé

 

Ce qui reste de textile est une note tenue.

 

Silence de l’intime par effet de résonnance d’un certain désordre :

 

L’ordre des modèles l’égalise

 

Elles posent dans l’indifférence ou l’ennui

 

( A leur insu ? )

 

La lumière qu’elles reçoivent

 

S’ajoute à celle que l’artiste obtient d’elles

 

Tout est ramené au plus simple « appareil ».

 

Avec du net et du précis. En avance, en retard.

 

Décadrer au besoin

 

Et ne pas tout montrer :

 

Laisser une marge d’indéfini dans un cadre fini

 

En une manière neuve de dénuder et d’ajuster.

Groebli 4.jpg


 





Le moindre tissu est un diamant

 

Il médite sur la beauté qu’il transfigure.

 

Groebli accorde aux habits l’air d’avoir envie d’être là sans y être.

 

Et aux femmes l’abandon de leurs gestes qu’il fixe

 

Sans enflure ou pittoresque. Et psychologie pas plus.

 

Offrande brisée ou attisée : la juste essence, l’essence pure.

 

L’élévation d’un chemisier, le rouleau d’un bas 

 

Rachètent les larmes d’éros

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

 

 

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