gruyeresuisse

10/03/2014

Aperti 2014, Lausanne : Florian Javet entre rêve et réalité

 

 


Aperti.pngComme chaque année Aperti permet la découverte des artistes de Lausanne. La 8e édition (intitulé « Le Grand Frisson ») aura lieu  les 5 et 6 avril 2014. Elle permettra de fréquenter des ateliers insolites et intimes. On retiendra cette année parmi un foisonnement de créateurs Florian Javet. L’artiste multiplie les techniques et les approches pour donner des équivalents plastiques aux actions qui forment l’essentiel du répertoire de la vie humaine. Celle-ci à l’image des œuvres de l’artiste ne semble en rien dépourvue de significations mais elles n’apparaissent pas à celui qui la voit  comme quelque chose de simple et d’évident. Entre sophistication et art populaire le Lausannois fait de ses images non des signes mais des symboles dans le registre de l’espoir comme d’une certaine nostalgie poétique. La psyché comme la mémoire s’y retirent pour de nombreuses traversées de plus en plus libres.

 

 

Javet 1.jpgL’œuvre est la persistance et le passage de métaphores fondamentales qui échappent à une vision primaire. Elles prennent place dans la grande pièce de théâtre que le monde déploie. L’artiste ne le dépouille pas de son caractère réel mais il le pénètre en utilisant entre autres le dessin comme l’approche numérique. Ces techniques immobilisent le mouvement sans l’empêcher de donner l’impression qu’il coule de manière souvent harmonieuse. Florian Javet  opère le transfert des rêves vers l’état de veille. Mais il  maintient l’ambiguïté entre ce qui est et ce qui n’est pas en proposant toujours une énigme à déchiffrer.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

De Florian Javet, Michael Rampa,  « Le sillage de la torpeur »,  Varia 2013, CHF 110 / € 90

 

 

 

05/03/2014

Albertine et les fantômes

 

 

 

albertine bon 2.jpg

 

 

 

Albertine, « Mise enscène » du 15 mars au 5 avril, Atelier Galerie Maya Guidi, Carouge, « Lupanar », Editions Humus, Lausanne.

 

 

 

Dessiner sert à consoler de l’inutilité de l’image. Il suffit de s’accouder à une table puis de couler dans des exercices d’imbécilité afin de coudre l’endroit à l’envers comme  le fait Albertine dont l’œuvre est un délice - parfois tendre mais parfois sulfureux. Tout reste néanmoins sur le registre de l’humour et de le retenue : la nudité y est une chemise qu’on repasse (jusqu’à à ses poches secrètes) pour qu’on n’ait pas à regarder (pour les coincés) avec des pincettes ou en voyeur comme les ruminants regardent passer les trains d’enfer.

 

 

 

albertine 1.jpgChez Albertine le dessin fait et défait nos marionnettes et que le soleil hésite ou que le café se renverse importe peu. Nous sommes avec l’artiste de Dardagny des Jésus tombés de leur croix ou des Marie-Madeleine près aux derniers outrages. L’éternité se transforme en instant. C’est un spectacle qui ne cesse de se détruire en tant que spectacle. Il appelle le rideau. Mais il arrive qu’on y grimpe.  D’autant que l’artiste ne cesse d’habiller l’espoir  par ses strip-teases où des étoiles inattendues se voient là où s’ouvrent une grande verrière et une porte-jarretelle. On éprouve un vrai plaisir de sybarite à se laisser troubler par ce qui se passe plus à l’intérieur de l’image que par ce qu’offre hors champ le paysage.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

 

 

Elisabeth Beurret : alchimie de la nature, texture de l’image

 

 

 beurret.pngElisabteth Beurret, « Dracaena », Galerie Kaminska et Stocker, Yverdon, Mars-Avril 2014

 

 

 

 

 

Elisabeth Beurret est à la recherche d’une alchimie de la nature et du point de vue qu’on porte sur elle.  Ce qu’elle observe elle le transforme en une sorte de journal de bord  ponctuée de nombreuses étapes. A la fragilité du végétal et sa complexité (ici le dragonnier) l’artiste offre plus qu’un écrin. Par un composite de papier et d’image à travers des images numérisées  se trament des  calligraphies insolites et  sophistiquées. La Genevoise introduit en sa chambre des merveilles par une  matérialisation de la lumière dont l’effet de « neige»  provoque la présence  magique de la réalité. Elisabeth Beurret épure le grouillant afin d’inscrire des agencements structurés où l’extase est  « matérielle » et renvoie à un hellénisme en vertu d’une idée du beau, des matériaux et des formes.  Par le traitement du végétal l’artiste poétise le réel en une maïeutique particulière où l’expérience sensorielle liée à la trace est liée à sa matière.  Les célébrations « texturologiques » restent la manière de s’extraire du temporel et de l’anecdote sans rejoindre pour autant un monde d’universaux. L’artiste devient actrice des métamorphoses. Elles font que l’éphémère n’en finit pas de rejoindre une transcendance dans des lieux d’impénétrables proximités où la délicatesse reste toujours présente.

 

Jean-Paul Gavard-Perret.

 

 

 

 .

 

 

 

09:04 Publié dans Femmes, Images, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)