gruyeresuisse

25/12/2015

L’image qui revient : Christian Tagliavini

 

christian-tagliavini1.jpgAvec « 1503 » Christian Tagliavini reprend à sa main les portraits du peintre de la Renaissance Bronzino. Les photographies à la fois transposent et métamorphosent l’iconographie de l’époque. Le pictural se modèle de manière plus frontale et abrupte. Sous le "plat" horizon de chaque photo  surgissent à la fois la profondeur du temps et une vision d’un dicible étrange.

christian-tagliavini3.jpgL’artiste italo-suisse traque ce qui manque à l'image et au portrait  - à savoir son image absente (impossible ?) à travers ses prises. Il resserre leur existence sans chercher à "intellectualiser" et c'est là l'essentiel. Car le photographe sait que tout reste toujours à monter, à découvrir. Par ses prises et recompositions hommes et femmes jaillissent de manière plus impertinente que dans les originaux. L’identité de carnation (à savoir ce que l’être a souvent de profond) se fait plus prégnante et la perfection plus grande. Dans ces œuvres Christian Tagliavini retient ce qui gonfle l’émotion non sans un effet de froideur. D’où l’élan de telles photographies : sous le (beau) prétexte de la reprise, est remisée une donne pour accorder une forme d’éternité au style et au temps.

Jean-Paul Gavard-Perret

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18/12/2015

Sarah Hildebrand et les polders

 

Hildebrand.jpgSarah Hildebrand, « LIPPEPOLDERPARK », Edition Freitaube, 2015.

 

Immergée (ou presque) dans un célèbre polder, Sarah Hildebrand en déploie les tours et détours. Traversant le lieu et sensible à ses contraintes l’artiste le restitue sous un aspect naturaliste mais parfois mythique - sans pour autant jouer de manière évidente de ce second levier. La créatrice se place ici plus en symbiose avec le paysage que ses habitants. A travers lui surgit des émotions simples mais essentielles.

 

Hildebrand 2.jpgLe polder induit par sa nature même la fragilité non seulement du paysage mais de ce qui le peuple. L’enchantement est donc là mais pour rappeler son aspect toujours provisoire. Le projet n’a donc rien d’une simple traversée touristique. C’est même le contraire. Toutefois, au lieu de projeter la catastrophe et attiser les peurs, l’artiste veut témoigner de la beauté avec en filigrane l’injonction de ne pas y toucher.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

16/12/2015

La belle liberté de Guillaume Denervaud

 

Denervaud 4.pngGuillaume Denervaud dans ses différentes expériences et tentatives propose une effraction de la conscience perceptive par le renouvellement de dispositifs stratégiques. Tant par la structure de ses images graphiques que par ses installations végétales. Celles-ci laissent (un peu) sur notre faim mais le travail de dessin est des plus pertinents. La liberté y demeure à la fois plus débridée mais maîtrisée. Elle se répand et essaime en une fragilité colorée.

 

Denervaud 2.jpgLes découpes foisonnent sur le support où elles restent à la fois forcément fixées mais dans un dynamisme grouillant. Il y a là humour et joie. Néanmoins, et « derrière », se cache une vision plus âpre. Se jouent  rassemblement et déliaison. Contre la rigidité, la souplesse des formes propose un système de féerie particulière. L’image reprend toute sa force de dérangement. Elle a de quoi inquiéter et séduire. Elle justifie sa brouille avec l'ordre et annonce un beau devenir chez le jeune artiste.

 

Jean-Paul Gavard-Perret.

 

 

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