gruyeresuisse

27/02/2015

Cyril Porchet : explorations

 

 

 

Porchet.jpgCyril Porchet, Glass, Galerie Christopher Gerber, Lausanne, du 15.2 au 19.3 2015 .

 

 

 

Cyril Porchet propose à la Galerie Gerber un fascinant travail de recherche. Voir un rien en retrait devient possible et cela de la manière la plus « esthétique » qui soit. A cela une raison majeure : l’artiste ne néglige jamais le beau et c’est tout à son honneur.  Pellicules et lumières, couches et sous-couches, structures et couleurs, créent des horizons subtils et poétiques au moment où l’artiste abandonne l’appareil photo afin de revenir à la base même de la photographie. L’étude de la diffraction sous la forme de photogrammes n’est pas toutefois purement spéculative. L’artiste interroge la puissance des images en explorant l’impact du verre sur la lumière et vice versa. Les surfaces sont plus troublantes que troubles. Le regardeur revient à la source de l’image dans ce travail de dérivation et de suspension. L’errance est programmée. Demeurent des formes et frottis éloignés de ce que l’accoutumance nous a appris à regarder non sans une certaine myopie. Surgit un « miroir » d’incipits visuels ou leur  labyrinthe. L’image à la fois, chante, vole, apprend à découvrir. Parfois un  diable semble remuer sa queue ou ses doigts. La langue plastique ne se reconnaît pas mais elle virevolte comme un printemps.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

09:53 Publié dans Images, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

26/02/2015

Marie Boucheteil : l’art au poil - Aperti 2015

 

 

 

 

 

Boucheteil.jpgMarie Boucheteil, Aperti 2015 - ouverture des ateliers d'artistes à Lausanne, 21 et 22 mars 2015

 

 

 

Dans ses dessins Marie Boucheteil met en scène des personnages diaboliques et des plantes monstrueuses et vénéneuses soigneusement  grimés sous des aspects drôles et (plus ou moins) inoffensifs. Influencée par toute une iconographie underground mais sachant aussi caresser parfois une touche de romantisme l’artiste cultive tout duvet dans le sens du poil. En violation des règles esthéticiennes actuelles du « bon » goût qui impose l’épilation, l’artiste reste dans le monde de « freaks » qui ne se rasent pas mais ne barbent jamais.

 

Boucheteil 2.jpgEn des images de cours des  miracles, des personnages et végétaux hybrides se baladent ou errent. L’atmosphère semble sortie d’un autre monde. Pourtant au sein de cette ménagerie hirsute rôdent  nos semblables, nos frères et sœurs. Charnels et poilus tout autant que mystiques la faune humaine et la flore ébouriffée permettent des transfuges de la Belle à la Bête et vice-versa. Faisant toujours l’impasse dans son expressionnisme - en rien abstrait -  sur ses propres  joies, peines, repères, Marie Boucheteil opte pour  un réservoir ironique, onirique et/ou cauchemardesque. Le tout pour le plus grand plaisir du regardeur. Pas question pour autant de se rincer l’œil. La plasticienne montre comment détrôner les images-clichées selon différentes chimères  où la pilosité devient le squelette de l’être et sa chair.

 

Jean- Paul Gavard-Perret

 

14:27 Publié dans Femmes, Images, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

25/02/2015

Aperti 2015. Anne Pantillon : les accomplissements paradoxaux

 

 

Pantillon.jpgAnne Pantillon, Aperti 2015 -| ouverture des ateliers d'artistes à Lausanne | 21 et 22 mars 2015

 

 

 

 

 

Anne Pantilon ne cesse d’ouvrir la caverne platonicienne afin d’y faire entrer le jour. La toile devient un drap mais sur lequel une avalanche de couleurs se répand par fragments, grappes, coulures, ravinements, effets de plans et de reliefs. La densité se fait de plus en plus profonde mais non sans fluidité. Le moindre escarpement n'est plus ombre. Se découvre une lumière qui revient progressivement. Tous les trajets de l’artiste sont là pour faire  qu’elle remplisse par strates l’espace. S’inventent peu à peu des noces d'aube : la peinture reste en son lieu (la toile) mais l’artiste y introduit l'impénétrable sourire du monde.

 

 

 

Pantillon 2.jpgIl est fait de falaises aux « bruissements » soyeux d’où émane un émoi particulier.  Anne Pantillon reste fidèle à un art de rupture (donc rupestre) qui ne renonce jamais à investir un étrange cours de l’art afin de le déranger et montrer encore et toujours de l’invisible.  Cette peinture chargée de précipités épouse le mouvement. Le monde y résiste à l’effacement et il échappe au temps.  Sur la peau "lavée" des œuvres apparaissent les pentes de cratère, des coulures  par paliers. Chaque œuvre cerne un suspens,  ébauche quelque chose qui attend qui arrive comme si par la peinture surgissaient des idées de "derrière la tête".

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

09:39 Publié dans Femmes, Images, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)