gruyeresuisse

02/10/2016

Marie Taillefer revisitée par Thomas Koenig et Mazyar Zarandar



Taillefer bon.jpgCollectif Rats / Installation – Thomas Koenig + Mazyar Zarandar sur l'oeuvre de Marie Taillefer, LAC Scubadive, 2 octobre 20

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Taillefer 2.jpgDiplômée en 2003 de l’Ecole de photographie de Vevey, Marie Taillefer vit entre Paris et Mexico. Lauréate de nombreux prix le travail de l’artiste est revisité ici par l’installation des deux jeunes talents Thomas Koenig et Mazyar Zarandar pour la dernière soirée de « Lac Scubadive ». Celle qui se dévoile souvent au travers de portraits retouchés (scan, réimpression) qu’elle peint, déchire pour apporter une dimension nouvelle par une seconde numérisation par superposition avec le cliché de base, trouve là une nouvelle « reprise » ou réinterprétation. La recontextualisation joue donc un rôle central dans cette installation qui isole les différentes dynamiques d’un carnet de voyage de Marie Taillefer.

Taillefer 4.jpgLe matériel de ce carnet est tiré du blog de l’artiste et émerge en une forme d'humour et d'interrogation. Cet "activisme" vient dévier le propos de l'artiste non sans préserver une sorte d'hommage en ce qui devient une narration : en partie énigmatique. Au mystère de la présence première répond l'énigme de l'installation. Devenue prétexte à l'iconographie des deux jeunes artiste la transgression et la subversion de l'"originale" prennent d'autres voies. Ils posent différentes questions : Qu’est ce qu’une image ouvre ? Que devient une œuvre lorsque des "intrus" s’en empare, c’est-à-dire l’agrandissent, la blessent, la renversent et la rehaussent ? Quelle sidération est proposée ?

Jean-Paul Gavard-Perret

16:57 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

De Chet à Bastian (Baker)

 

Bastian Baker.jpgLe lausannois Bastian Baker a contre lui son look de beau gosse qui pourrait le réduire à un Justin Bieber helvétique et confinerait son espace vocal et musical à une image. Mais à l’inverse de l’icône superfétatoire made in USA, le Vaudois ne cherche pas à parler de ce qu’il ne connaît pas. Il évite les vertiges de l’amour qu’il ignore (« je n’ai pas vécu de longues relations qui m’ont déchiré au point de composer trois albums sur le sujet ») et privilégie des textes sur des relations moins égotiques - jusqu’à la religion et la relation au temps (dans « Charlie from Sydney » par exemple après l’attentat au journal Charlie Hebdo). Et lorsqu’il aborde le thème classique sentimental c’est moins pour roucouler qu’afin d'évoquer des visions plus complexes. Certes il existe du romantisme dans ses textes mais l’auteur n’en fait pas un absolu comme un autre Baker : Chet.

Bastion Baker 3.jpgDéjà titulaire eux disques de platine, de cinq Swiss Music Award, et d’un World Music Award, Bastian poursuit son chemin. Mixé avec Mark Plati (guitariste de David Bowie) son nouvel album est plus folk que les deux premiers (Tomorrow May Not Be Better et Too Old to Die Young - clin d’œil à un classique du genre et qui fit un habitué du festival de Montreux – Jethro Tull) avec l’intrusion de l’harmonica, du banjo, des cuivres. Bastian Baker 2.jpgL’album est accompagné d’un descriptif de la genèse de chaque chanson qui justifie pour l’auteur de l’importance de ses paroles. Après son tube "Lucky" (2011) et sa reprise d' "Hallelujah" et un univers bien calé, l’artiste prend donc un virage tout en proposant toujours des mélodies impertinentes. Elles font de lui un des artistes internationaux les plus intéressants de la musique de variété. Il ne faut pas demander au genre plus que ce qu’il peut donner. Mais rien lui retirer est essentiel afin de se laisser séduire par le charme vocal d’un nouveau crooner.

Jean-Paul Gavard-Perret

Bastien Baker, « Facing Canyons », Phonag Records, 2016

01/10/2016

Naissance d’ARISTIDE brillant

 

Aristide.pngFondé par les artistes graphistes Simon De Castro,et Anaëlle Clot et par l’écrivain Anthony Martins de Macedo, le collectif « ARISTIDE » de Lausanne privilégie la sérigraphie au sein d’un petit atelier pour mettre en exergue leur nouveau fanzine éponyme (pour l'heure pas encore publié en sérigraphie mais c'est ce qu'on souhaite aux animateurs comme aux amateurs) et la défense et l’illustration d’artistes suisses (mais pas seulement). La publication sera pour l’heure vendue (à prix libre) sur les marchés de microédition et dans des lieux culturels. Mais il sera possible aussi de l’acheter via le site du collectif. Yasmine Nairat, Florence Aellen, Augustin Rebetez, Romain Iannone, Fichtre Okacha sont - entre autres- au sommaire du premier numéro dans lequel les fondateurs se sont superbement effacés – c’est assez rare pour être noté.

L’objectif premier du projet tourne autour de la notion de temps et de distance que les données du monde actuel ne cessent de distordre, d’accélérer, de réduire si bien que là où existe une possibilité de circulation a priori inédite l’espace est de plus en plus réduit. Certes cet espace permet de faire tenir dans la paume d’une main toutes les bibliothèques de l’humanité. Mais reste à se poser la question : qu’est-ce qu’on en fait ? A sa manière le Fanzine à l’ambition - pas à pas - d’y répondre. Preuve qu’un collectif peut caresser Aristide2.pngl’espoir d’une sortie de la scène non d’une illusion mais de L’illusion au profit de l’ « obscénité » (à savoir ce qui est hors scène) transsexuelle, trans-esthétiquen trans-éthique. Apparaissent des angles de « prise » qui ne se contentent plus jouer du pareil et du même. L’image reprend tout son sens dans ce qui sera considéré par beaucoup comme des déviances dont l’ironie reste majeure. Longue vie au groupe.


Jean-Paul Gavard-Perret.

www.collectifaristide.ch