gruyeresuisse

04/08/2019

Julian Burkhard l'abraseur

Burkhard bon.jpgJulian Burkhard, Galerie Soon, Berne du 5 septembre au 5 octobre 2019

Julian Burkhard est né en 1991 à Berne. Après plusieurs expositions collectives (au Kunsthalle de Berne, à celui de Berlin ou encore au Kunsthaus Langenthal, au Centre PasquArt) et sa première exposition en solo au DieDiele de Zurich, il revient dans sa ville de naissance.

Il travaille principalement la peinture et l'encre sur papier en isolant certains éléments du quotidien non sans humour. C'est pour lui une manière d'approfondir et de questionner la perception. Burkhard.jpgAbraseur des quintessences il laisse l'objet vivre une vie provisoire Chaque image possède la capacité de devenir un lieu, une zone du vivant là où pourtant il disparaît jusqu’à devenir matière en métamorphose.

La visualité ne s’adresse pas seulement à la curiosité du visible, au plaisir de l’être mais à son désir, à sa passion de voir ce qui est la présence comme l'absence. Une figure épurée prend corps afin d'offrir à celui qui regarde une sorte d’immanence, un état de rêve éveillé.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

09:12 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

03/08/2019

Melanie Manchot : une aussi longue attente

Manchot.jpgChez Melanie Manchot le temps ne se perd pas dans les corps d'âge. Mûres ou non les femmes restent des si reines et beaucoup plus romantiques qu'il n'y paraît dans un travail où l'artiste ne cesse de faire comprendre les liens qui unissent ou défont le corps intime et social, l'espace privé et publique.

 

 

Manchot 3.jpgExistent parfois dans ses portraits des hommes qui quoique d'apparence virile semblent quelque peu des épaves impavides. Et se découvrent au fil des séries autant des montagnes suisses et des autochtones en costume folklorique que des couples danseurs en des bastringues de fête nationale quel que soit le pays.

Manchot 2.jpgVidéos et photographies suggèrent souvent des êtres en attente ou en absence. Ils marchent, s’agitent ou restent passifs. C'est comme si des cauchemars leur lançaient des boulons ou des boules de neige en pleine figure. Typhon d’images, oscillations, sauts grenus. Mais ce sont là moins des drôleries que des énigmes. L’inverse est parfois vrai aussi. Au regardeur de se faire son avis.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

01/08/2019

Les fables de Jasmin Joseph

Jasmin Joseph.pngPas très loin de la frontière (à Aix les Bains) sont présentées des oeuvres parfois inédites du céramiste et peintre haïtien Jasmin Joseph (1924-2005). A mi chemin entre sa culture première animiste et chamanique puis chrétienne à la suite de sa conversion au protestantisme, l'artiste offre une interprétation du conte haïtien du Hibou. Jaillissent - à travers un bestiaire poétique - l'amour et l'effacement des différences physiques et sociales.

Jasmin 2.jpgUn chant s'élève dans le jeu des formes et des couleurs tendres là où Jasmin Joseph repasse les jupons des non-dits irremplaçables que les mots ne peuvent atteindre mais que la peinture émet par les vibrations douces des présences animalières. Artiste conquérant le peintre rappelle à un devoir non seulement de solidarité mais de partage au service de l'esprit.

Jasmin 3.jpgC'est aussi une manière de récrire la philosophie de l'Histoire de l'esclavagisme, de la pauvreté, du racisme et ce de manière poétique. Les destins qui jusque là n'ont pu être surmontés, l'artiste leur offre une issue. Les dualités "officielles" se réduisent pour apaiser l'angoisse infinie des vies spoliées et des âmes méprisées. L'artiste produit du mouvement et de la pensée libre. Elle dépasse les cartographies du tragique et offre des possibles immédiatement applicables à qui veut s'y engager.

Jean-Paul Gavard-Perret

Jasmin Joseph, "Le conte du hibou", Editions de la FACIM (Chambéry) et exposition "Jasmin Joseph, le conte du hibou", Musée Faure, Aix les Bains du 15 juin 2019 au 5 janvier 2020.