gruyeresuisse

05/04/2019

Redécouvrir l'oeuvre de Lili Erzinger

Erzinger.pngLili Erzinger, "De la collection", M.B.A.L., Le Locle, du 16 février au 26 mai 2019.

Lili Erzinger (1908 - 1964) resta à la recherche de l'épure et de l'intériorité dans un travail vers - via les portraits et les paysage - l'abstraction et d'analyse pour aller vers une image nouvelle en particulier sous l'influence de Fernand Léger et de Kandinsky. Elle découvre peu à peu une science du rythme et de la «résonance intérieure». Grâce à Jean Arp (avec lequel elle travailla) elle découvrit une avancée supplémentaire vers la simplification des formes qui se retrouve dans son époque des années 40.

Erzinger 2.jpgElle passe ensuite à une abstraction géométrique parfois en formes souples et parfois en lignes plus droite chère aux constructivistes d’Allianz de Zurich et de l’art concret. Peu à peu la ligne colorée isolée ou en gerbes habillent les surfaces avec toujours un souci qui ne quitta pas le créatrice : l'émotion et le rythme des choses initiés par une abstraction tirée non d'une vision métaphysique mais des figures du réel.

 

 

Erzinger 3.jpgCe qui semble sinon informe du moins brut fut de plus en plus puissant eu moment où l’âge de l’anxiété fait bifurquer la peinture vers des résonnances de plus en plus profondes comme si elles venaient d’une autre "vallée". Mais si l'angoisse ne manque pas, mais elle ne prévaut pas. Ce qui domine reste l'émotion particilière insécable d'une recherche qu'une telle exposition permet de redécouvrir. Chez Erzinger le présent de l'art ne se déduit plus du passé. Une montée engendre un recueillement, une attente et un absolu plus terrestre qu'éthéré.

Jean-Paul Gavard-Perret

04/04/2019

Yves Hänggi : épilogues

Hänggi.jpgYves Hänggi est proche à la fois de l'art brut et du pop art : pas de place pour le blanc du support. Le graphisme (encre, feutre, etc.) remplit l'espace, évoque des vieux songes qui reviennent frais comme des gardons. Mais il met à jour aussi le temps et les pays que l'artiste a rencontré lors de ses voyages. Nul réalisme ici mais une manière d'évoquer ce qu'il pransmet entre tristesse, satiété et mystère.

 

Hanggi 3.jpgLe dessin devient  une suite de zébrures souvent mordantes et toujours décalées. Se distingent des monstres ou des grands damnés là où le noir inscrit des cicatrices de la foudre. La tension semble parfois irrespirable, parfois légèrement plus aérée. Le regard ne cesse de monter de descendre, de piétiner.

 

Hanggi 2.pngCe qui se déplie canarde dans le noir. Celui-ci  reste l'inverse de l'ombre. Les contours permettent de voir ce qui se passe dans les interstices où tout lâche. Les formes deviennent des insectes dont l'artiste anime des conduites forcées en saccades, mouvements, imbrications, intrigues sur la "soie" du support. Hänggi se moque des lois du dessin. Celui-ci devient hors limites. Contre l'étouffement. Pour le retourner de dedans. Et voir ce qui en tombe, chuinte ou se retient. "Bon appétit Messieurs" comme disait Ruy Blas.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Yves Hänggi, La Sonette, Lausanne, avrl 2019.

08:47 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

03/04/2019

Contre-attaques de Catherine Bolle

Bolle.jpgCatherine Bolle, "+ - Zéro", Galerie Oblique, du 12 avril au 17 mai 2019.
 
Catherine Bolle poursuit dans son oeuvre une révolution poétique du langage plastique. C'est aussi une évolution formelle où les règles volent en éclat. Mais chez elle la déconstruction va de pair avec des apothéoses originales. Des blocs de vision se recomposent là où le "+- zéro" devient une sorte de clins d'œil.
 
Bolle 3.jpgLe regard du spectateur n'embrasse pas une "scène" restituée par diffraction. Catherine Bolle crée en conséquence une perspective "matérialiste" mais dans un esprit nietzschéen là où des forces antagonistes s'affrontent et où existent néanmoins de lointaines ascendances cosmiques entre fusions et dissonances d'un geste créateur toujours insolent mais sans provocation. Il s'agit "juste" de subvertir les images du "spectacle" pictural.
 
Bolle 2.pngExiste dans toute l'oeuvre une forme de "théorie critique" induite par le "faire" contre toute simple négation et  par affrontements et coupes franches dans un goût de la recherche et de l'étude que Catherine Bolle ne cesse de pratiquer. Tout regard  ne peut que rester en admiration face à un travail d'une telle diversité et ampleur qui embrasse aussi bien l'architecture que le dessin le plus "humble.
 
Jean-Paul Gavard-Perret