gruyeresuisse

29/09/2020

Dactylo Rock

Rock Me.jpg"Rock me Baby ", Divers lieux, Yverdon du 10 octobre 2020 au 24 avril 2021,

Imaginé par Sébastien Mettraux le projet "Rock me Baby "est un hommage à l’industrie disparue de la machine à écrire dans le Nord Vaudois. Nommée d’après le modèle phare de la marque, la Hermès Baby, l’exposition porte un regard pluridisciplinaire sur cet objet emblématique, 30 ans après la fermeture du site de production d’Yverdon-les-Bains.

 

Roc %e.jpgCe projet pluridisciplinaire et collaboratif mêle histoire régionale et création contemporaine. Et ce en 4 lieux. Les travaux d’artistes suisses et internationaux autour de la machine à écrire sont présentés au CACY. Des archives historiques, affiches publicitaires et machines Hermès au Musée d’Yverdon et Région. Des séquences de cinéma culte, jeux vidéos mythiques et couvertures de magazines mettant en scène la machine à écrire à la Maison d’Ailleurs. Enfin des ateliers d’écriture et exposition autour de la mémoire collective des Yverdonnois à la Bibliothèque publique.

Rock me.pngUne cinquantaine de machines à écrire provenant de collections patrimoniales et privées permettront au public de découvrir un aperçu des différents modèles produits dans le nord vaudois. L’exposition offre également des objets rares, tels qu’une machine à indicateur de 1890, des Hermès Baby produites à l’étranger, des machines à claviers exotiques et des prototypes Hermès méconnus. Mais surtout  cette machine devient outil de création, sujet de représentation, ou objet d’un détournement. Sont présents des dessins de la pionnière allemande de l’art postal Ruth Wolf-Rehfeldt, des travaux de la new-yorkaise Allyson Strafella, des oeuvres d'Axel Brandt, Claude Cortinovis, Daniel Ruggiero, Emmanuele de Ruvo, Frédéric Clot, Hervé Graumann, Jannick Deslauriers; Joseph Martin, Julia Sørensen, Julie Trolliet-Gonzalez ,Loreen Fritsch, Martin Gut, Laura Leonardi, Mounir Fatmien ou encore Yannick Lambelet, peintre né à Yverdon-les-Bains.

Jean-Paul Gavard-Perret

28/09/2020

Annelies Štrba : crépuscules de la déesse

Straba bon.jpgAnnelies Štrba, Photographies, Galerie Anton Meier, Genève, du 24 septembre au 28 octobre 2020

Anelies Štrba cherche moins une "réalité" tierce qu’un processus de recomposition. En de multiples pans et points de fuite se créent de nouvelles présences afin d’atteindre une sorte d’effacement ou de déperdition de la photographie originale.

Strba.jpgLes architectures créées deviennent aussi utopiques qu'improbables. Et l’artiste métamorphose les illusions de réalité et met à jour cette frontière crépusculaire où naît l’œuvre d’art dans un renouvellement de son langage.

Sublimations et dépassements, les scénarisations proposent des explorations en une poétique visuelle. Surgissent la théâtralité des formes et leur chorégraphie abstraite. Il ne s'agit plus d'identifier un ou des sujets même si certains peuvent apparaître plus précis. Cela reste toutefois secondaire.

Jean-Paul Gavard-Perret

27/09/2020

Marion Tampon-Lajarriette : champ libre aux interprétations

tampon lajarriette.jpgMarion Tampon-Lajarriette"Echos", Edizioni Casagrande, 331 pages, textes Cristóbal Barria, Mark Lewis, Beau Rhee, Lucille Ulrich, Valeria Venditti. La galerie Laurence Bernard inviter au lancement de la nouvelle monographie de Marion Tampon-Lajarriette, le 3 octobre 2020.

Tampon 2.jpgTout montrer voue la photo au cliché. C'est pourquoi Marion Tampon-Lajarriette préfère les éléments qui cherchent - comme disait Duras - « quoi faire de la solitude ». Sans délire, sans morbidité, sans effets, par fragments de narration ou par panoramiques paysagers Marion Tampon-Lajarriette enjambe le réel comme Don Quichotte enjambait les moulins. La folie du Quichotte c’est aussi sa folie.

Le paysage devient un corps. Le corps un paysage engendré dans des gouffres (du plaisir ?) qu'elle invente. La photographe est là pour saisir certains arpents afin d’en faire une chanson de lignes, d’espaces, de formes et de gestes. Quelque chose bouge que l’artiste fixe. Ce n’est pas l’inverse du cinéma mais sa profondeur.

Tampon 3.pngLa créatrice aime ce qui échappe. Elle se veut aussi captive que captivée. C’est pourquoi elle touche non avec des images émouvantes mais avec des rapports d’images simples. Evitant la fétichisation elle passe toujours d’images vivantes à des images mortes. C’est l’inverse d’un Hitchcock chez qui tout refleurit par la musique. Hitchcock c’est (surtout) du Rakhaminov. Chez la photographe et vidéaste installée à Genève la dramaturgie naît d’une certaine marche d’éléments non dramatiques. Pour que l’être soit absorbé tout entier.

Jean-Paul Gavard-Perret