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02/07/2017

Week-end à Rome : Istituto Svizzero

Svizzero Bon.jpg« Inscape Rooms / La vita della mente » Istituto Svizzero, Rome, été 2017.

Dans le cadre de son programme "Inscape rooms" l’Istituto Svizzero de Roma présente l'exposition collective "la vita della mente». S’y explore la vie de l'esprit sous les incidences de l’inconscient : monde des rêves, fonctionnement métaphorique des états de conscience, perceptions multi-sensorielles, confins de la réalité virtuelle ou supranaturelle, flux de conscience, l'état hypnotique, etc. Workshop, installations interactives, performances, concerts, expositions se dérouleront sous la coordination de Giuliana Benassi dans les jardins de la Villa Maraini et ceux de la Dipendenza. Toute une énergie "Fluxus" née en Suisse sera renouvelée et reprise au vol entre autre par l'exposition "Stockage" de John M Armleder.

Svizzero.jpgD'autres paysages intérieurs sont explorés par des résidents de l’institut. Pauline Beaudemont, venue de son laboratoire d'hypnose, invite Vincent Stella et Mario Marazzi à réaliser un workshop sur ce thème. Deux installations de Tumasch Clalüna et Donald Glowinski donnent des approches de la réalité virtuelle. Quant à Leo Hofmann il crée une performance musicale avec Filomena Krause et Andi Otto sur le désir de perception de l'autre. Ce ne sont là que quelques pistes afin de d’ouvrir l’idée d’un week-end (voire plus) à Rome. S’y verront encore - et entre autres - des œuvres inédites de Michela de Mattei, Federica Di Carlo, Antonio Fiorentino, Nelly Haliti, Marta Mancini, Simone Pappalardo, Marion Tampon-Lajarriette. Tous tentent de répondre à la question : que faisons-nous lorsque nous pensons ? Où sommes nous et en quel espace temporel lorsque nous restons isolés en notre for intérieur ? Les imaginaires et langages donneront sinon des réponses du moins des orientations.

Jean-Paul Gavard-Perret

01/07/2017

Sarah Haugg : lapinades

Haugg.jpgPour Sarah Haugg les lapins servent autant de fond que de formes à ses images. Ils semblent sortis d’un rêve, des limbes ou d’une temporalité d’un ordre original. L’artiste crée une perturbation et une lutte obscure contre l’ordre établi. Les éléments flottent de manière impromptue, intempestive et drôle – toujours - d’une œuvre à l’autre. Nous sommes dans la communauté d’un clapier en folie et en couleurs jouissives.

Haugg 3.jpgIl s’agit d’entrer en un monde de rêves particuliers loin de la catastrophe mais où à l’inverse au-delà de la quiétude, le réel ne coïncide plus totalement avec ce qu’il est. Existe à la fois un abandon et un lieu de vigie. La métaphysique drolatique contamine la physique « lapinière » et l’image est donc bien différente d’une simple psyché.

Haugg 2.jpgLe réel est mis en abîme d’être : et ce entre durée et abyme comme s’il s’agissait d’atteindre une limite non du néant mais de la continuité de la durée qui paraît soutenir tous les temps et lui résister là où ce qui reste prend une plaisanterie particulière et moins non-sensique qu’il n’y paraît.

Jean-Paul Gavard-Perret.

Sarah Haugg, « Rabbit, rabbit, rabbit » www.sarahhaug.com

29/06/2017

"Face à face" au Musée Jurassien ou le coeur de la peinture

Wolfender Stetter.jpg"Face à face : la figure humaine au cœur des collections", Musée Jurassien des arts, Moutier, du 2 juillet au 12 novembre 2017.


Il existe un écart entre le visage et le portrait. Surtout depuis l'invention de la photographie. Celle-ci a pris en charge un certain dévoilement de l'identité. Depuis, la lumière du visage peint perce des ténèbres et ouvre de nouveaux horizons comme le prouve les artistes exposés à Moutier : entre autre Gustav Stetter, Ani, Gérard Brégbard, Bernard Philippe, Anouk Richard et chacun dans un langage et un parti-pris particulier. Tous sont capables de donner à voir une vérité qui n'est pas d'apparence mais d'incorporation.

wolfender Moutier.jpgCes artistes ont compris comment depuis l'Antiquité grecque où visage et masque étaient indissociables, le premier est devenu le centre de toutes les ambiguïtés selon une logique anthropomorphique de l'art occidental sur lequel la peinture à partir du XXème siècle a décidé de se dégager.

En parcourant l'exposition, le visiteur comprend que le portrait plus que miroir est devenu une "visagéité" (Beckett) qui souligne la "fausse évidence" des figures "réelles". Ce "face à face" fait éclater les masques et prouvent que tout artiste est celui qui se met en quête d'identité du langage pictural en s'arrachent à la fixité du visage pour plonger vers l'opacité révélée d’un règne énigmatique dont la peinture ouvre les portes en son souci d’incorporation et non de reproduction.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

(Portrait par Stetter et autoportrait de Wolfender)