gruyeresuisse

23/05/2019

Walead Beshty - l'été au MAMCO

Beshty.jpg"Walead Beshty", MAMCO, Genève, 29 mai au 8 septembre 2019.

L'exposition estivale du Mamco consacrée à Walead Beshty a pour but "d'expliciter l’image comme résultat d’un processus, plus proche en quelque sorte d’un software que d’un hardware". Créés par un script les travaux de Walead Beshty questionnent l'apparition  des images et les liens qu'elles entretiennent avec le réel en une société mondialisée.

Beshty 3.jpgCe travail est donc crucial pour comprendre l'oeuvre d'art et son langage. Celui-là illustre par exemple différentes facettes d’une même "histoire". Le spectateur est donc situé en un porte à faux où demeure entière l’énigme de la représentation. Photographies, magazines, cartes postales, objets, gravures, installations, séquences télévisuelles, peintures, etc.,  embrassent tous les champs en passant par l’information ou l’imagerie populaire. Repéré entre autres à la Biennale de Venise en 2015, Walead Beshty traverse la représentation de Brunelleschi à Instagram, de Marey à Gordon Parks en divers filtrages.

Besthy 2.pngLe plasticien déstabilise tout en ayant pris conscience que ce qui fait son approche au sein d’une perpétuelle remise en cause. Une transmutation s'opère à différents niveaux et sur divers supports. L’artiste relie un dedans et un dehors souvent inconnus. Il inscrit les états inqualifiables de processus ou les empreintes de moments de désaccords et de fractures entre l'homme et le monde. L'oeuvre les donne à voir dans une épaisseur de strates et de plans.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

20/05/2019

Claudie Laks : imbroglio et passementerie

Laks 2.jpgClaudie Laks, "Colorigraphies", Espace Nicolas Schilling et Galerie., Neuchâtel, à partir du 25 mai 2019.

Claudie Laks invente un monde coloré fait de taches marquées avec intensité sur la toile. Le geste est donc essentiel même si, contrairement à d'autres artiste, c'est pour la plasticienne, le résultat qui compte. Jaillissent des lignes qui se fracturent en des mouvements circulaires et un assemblage de points dont la matière colorée suinte.

Laks.jpgSur d'autres surfaces blanches les couleurs deviennent des sortes de bourgeons ou de graines de différentes tailles. Tout explose et semble jailir des profondeurs de la matière. Les couleurs semblent se battre les unes contre les autres dans leurs constellations. Dans un tel imbroglio une passementerie prend la forme d'un louvoiement poétique. L’artiste crée bien plus que de simples abstractions de quintessence. Surgissent des espaces chancelants, des lueurs d’ornières où un réel sauvage se tatoue. Les pelotes de couleurs deviennent les fleurs brèves écloses au bord glacé de la neige du support. La nostalgie de l’irréel tombe en chute libre. L’irrésolu se révèle hors pathos en d’étranges rondes.

Jean-Paul Gavard-Perret

19/05/2019

Hreinn Friofinnsson : murs et murmures de la pensée

Frioff.pngHreinn Friðfinnsson, "To Catch a Fish with a Song: 1964 - Today", Centre d'Art Contemporain, Genève, du 24 mai au 25 aout 2019.

Le Centre d’Art Contemporain Genève présente la première exposition personnelle de Hreinn Friðfinnsson en Suisse. L'Islandais fait preuve autant d'austérité que de lyrisme en une série de transfigrations abstraites de la nature.  L'expression  - trop pompeuse peut-être - "une sorte d’alchimiste idiosyncrasique". pour le définir met néanmoins  l'accent sur les transformations fabuleuses que l'artiste propose afin de mêler l'art et le temps, la raison à une certaine folie créatrice d'émotions puissantes.

Frioff 2.pngInstallé à Amsterdam depuis 1971 le plasticien est un artiste majeur du temps. Photographies, dessins, vidéos, installations, ready-made : tout passe par une économie autant sémantique que de moyens.  L’univers, commencé en une soupe chaosmique, est remis sinon sur pied dans une vision contre toute attente. Elle remet les pendules du monde et de l'art à l'heure. D'intempestives vues de l’esprit prennent corps en un mixage de repères qui interceptent la lumière et la communique à l’autre dans une magie visuelle.

Jean-Paul Gavard-Perret