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30/01/2019

Michel François : brisures et convictions

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Michel François, Galerie Mezzanin, Genève, jusqu'au 23 février 2019.

 

Michel François vit et travaille à Bruxelles sa ville natale. Sa reconnaissance est internationale. Il est exposé dans le monde entier et fit sensation dès 1992 à la "Documenta 9" puis à la 48 ème Biennale de Venise où il représentait son pays. "Plan d'évasion" (2009) organisé par le S.M.A.K de Gand et l'Institut d'art contemporain de Villeurbanne fut l'occasion de sa première exposition monographique et rétrospective. La galerie Mezzanin rend compte de la richesse d'une telle œuvre.

François 3.jpgL'artiste emprunte un grand nombre de médiums (photos, installations, sculptures, vidéos, etc.) et de nombreuses matières même les plus improbables : pissenlits, cactus, éponge, eau, verre, briques, encre, etc.). Sous l'apparent éparpillement il invente divers types de réseaux, échos, correspondances. Michel François sait jouer de l'ellipse formelle (pour évoquer par exemple la prison) mais il sait tout autant et de manière explicite créer des visions précises (cube de verres aux parois brisées dans "Pièces à conviction, Pavillon brisé").

François 2.jpgLa sculpture et la mise en espace lui permettent de présenter divers types de figurations comme avec ses "Scribbles" dont les embrouillaminis représentent ce qu'il nomme de « gigantesques monuments à la rature ». Tout dans l'oeuvre est dynamique, cabossé ou à l'inverse longiligne et en constante transformation ou énergie là où l'aspect muséal est remplacé par la force du vivant.

Jean-Paul Gavard-Perret

Les échappées belles de Martin Kippenberger

Kimpen.jpgL'artiste allemand Martin Kippenberger est un parfait iconclaste radical. Un ancien catalogue du Mamco le définit parfaitement : " Il prétend être le meilleur peintre de la deuxième ligne. Il pose les questions qu’il ne faut pas poser. Il admet se permettre le luxe de produire des « au-dessus-de-canapé-tableaux » pour clientèle avec canapé." Dans ce but il a investi un vaste champ de réflexions et d'expérimentations.

Kimpen 3.jpgL'artiste a occupé tous les territoires : la peinture, la sculpture, le frottage, L'installation, le collagela gravure, dont il se servait spécifiquement sur ses cartons d'invitation. Il a déployé une formidable énergie pour créer une œuvre intense, chaotique et indisciplinée. Il a collaboré avec beaucoup d'artistes et devient directeur du "S.O. 36", une salle de concerts berlinoise qui abrita des manifestations très animées, comme les concerts d'Iggy Pop ou de Lydia Lynch

kimpen 2.jpgN’ayant pas assez de temps pour tout faire, il délègua son travail. Et a publié la fin du roman « Amérique » de Franz Kafka, resté jusque-là fragment : « The Happy End of Franz Kafka’s Amerika ». Son travail inlassable englobe tous les styles, ce qui ne revient pas à n'en avoir aucun. Bien au contraire.

Jean-Paul Gavard-Perret

Martin Kippenberger, The Museum of Modern Art Syros", MAMCO, Genève, Hiver 2019 du 27 février au 5 mai 2019.

29/01/2019

Quand Myart Armada hèle le passant

Myart Armada.jpgMyart Armada, Vitrine StationShow, passage sous gare, Lausanne, février 2019.

 

Les dévoilements de Myart Armada cherchent avant tout un cerclage particulier des formes par les jeux de couleurs. L'enchantement optique opère de manière simple, efficace, astucieuse. Cela tient d'un rite que l'artiste met en place afin que la "peau" de l'image ne fasse pas pléonasme avec celle du réel. Aux ombres enchanteresses succède une matérialité plus probante. Elle capte les flux de lumière au coeur de l’obscur. Si bien que les histoires courtes de l'artiste sont plus vraies que nature par la narration qu'il en propose.

Myart 3.jpgIl puise des clairs de lune en des remises en scène voire  aux aspirations contradictoires. Elles fragilisent le voyeur. Maisqu'importe toutefois : le risque encouru sera moins grand qu’en la maison déserte de son existence. Le passant en ce lieu particulier d'exposition se laisse happer un instant. Il faut pour cela des images comme celles de Myart Armada :  emblèmes invariables d'un rêve qui s'efface et qu’il faut retenir.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

18:17 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)