gruyeresuisse

04/06/2017

Le radicalisme de Joseph Marioni


Marioni.jpeg.jpgJoseph Marioni, « 6 Pain tings » Galerie Mark Muller, Zurich, 10 juin – 21 juillet 2017.

Depuis les années 70, Joseph Marioni crée des tableaux réalisés à la verticale et au moyen d’un rouleau très chargé afin que le peinture se répande largement. Après séchage l’artiste recommence plusieurs fois en superposant des couches de couleurs différentes ou simplement contrastées. Ses tableaux sont simplement intitulés « Yellow, Blue, Red, Green, White ». La couleur n’est plus à comprendre comme simple surface mais langage. Marioni  2.jpgRestent une texture et une profondeur provoquées par les accidents, les traces de l’acrylique et les vibrations des feuilletages de couches. Existent une quête de liberté absolue, une croyance profonde dans les vertus de la peinture pour elle-même. Celle-ci crée des émotions. Son ressenti intérieur guide le regard. Quant au peintre lui-même son instinct lui indique lorsqu’une toile est achevée. Sa seule évolution est celle d’un cheminement intérieur. Marioni a trouvé avec cette écriture une esthétique capable de transmettre pleinement ce qu’il ressent et ce à quoi il croit.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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01/06/2017

Marie-Claude Gardel et l’effusif

Gardel.jpgMarie-Claude Gardel, « Supports papiers », Impasse du Phoenix, Lausanne, 14 juin au 2 juillet 2017.

La gravure crée une confluence endiguée par le flux plus que le poids de la presse. Elle incorpore dans son avance les encres en alimentant le papier de couleurs en une « fuite » où l’impondérable garde son mot à dire. Un cortège de légèreté semble apparaître mais au nom d’une ascèse qui la comprime et pour la découverte surprise qu’implique cette pratique.

Gardel 2.pngDes incidents de parcours sont toujours possibles, la gravure peut connaître des tremblés, des attentes. Mais c’est ainsi que se franchit la frontière entre image et image « de », entre être et franchir. Chaque tirage bâtit une demeure, un nid indéfiniment suspendu.

Existe toujours quelque chose qui couve et se tient au chaud. La gravure devient une cachette : bientôt se dévoile son secret. De l’air il en reste toujours. S’il n’est pas inclus il est marqué. Il est ce sur quoi la gravure s’appuie et avec quoi elle se compose. Le tirage fait que la suspension d’un souffle devient figure : c’est un film arrêté sur sa propre réussite.

Jean-Paul Gavard-Perret.

 

31/05/2017

Ecarts et accords de Suzanne Kasser

Kasser.jpgSuzanne Kasser, « Supports papiers », Impasse du Phoenix, Lausanne, 14 juin au 2 juillet 2017.

Suzanne Kasser se pose parfois sur le front du paysage pour décider des incrustations qu’elle choisit de garder. Mais il est moins question de donner les informations sur le monde que de l’ « indécider » en des territoires qui révèlent de nouvelles distributions et mises en espace sans mépris du réel ni concession au décor.

Kasser 2.jpgCe monde plastique devient le nôtre parce que soudain notre regard doit intégrer les composantes que l’artiste présente dans des à-plats. Ils offrent le moyen de voir autrement à travers des trames et ce qui reste de « figure » et d’écriture. Certes, la « ronde » des images suit son cours ailleurs : néanmoins il faut retenir le chantier permanent que Suzanne Kasser fomente. Elle concentre une force qui ne se montre pas : il n’est pas aisé d’en surprendre l’alerte ou d’en obtenir l’agrément.

Jean-Paul Gavard-Perret