gruyeresuisse

12/11/2019

Claire Nicole & François Matthey vers la lumière

Claire Nicole.jpgClaire Nicole & François Matthey, "L'Obscurité diaphane", Editions Couleurs d'encre, Lausanne, 2019, 48 p., 29 CHF..

 

Pour rehausser "l'équilibre harmonieux d'un quatrain" et de l'écriture de François Mathey, Claire Nicole évite le fantasme d'une peinture fruits de terres étrangères. Pour autant elle rameute de l'inconnu de l'obscurité diaphane qui saisit les couleurs autour d'un motif inaccessible.

 

Claire Nicole 2.jpgChaque peinture donne une impression de justesse au seins de lignes qui soulignent des substances en mutation pour rendre hommage à la lumière du monde de manière paradoxale là où si ne se perçoit pas d'emblée la relation entre le terre et le ciel tout gravite autour de lois physiques et métaphysiques.

 

Claire Nicole 3.jpgLa peinture souligne l'écart entre le visible et l'invisible. Existe dans cette double approche un goût pour le mystère. L'image comme le texte demeurent en suspens eu égard à la saisie de l'oxymore engagée ici. Les deux créateurs greffent leur propre recherche l'une à l'autre là où la peinture paraît sans fin ni début.  Elle ne borne rien mais ouvre le temps du poème en offrant une cohérence entre divers axes.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

11/11/2019

Peggy Viallat-Langlois et l'adhésion dégagée de l'ombre

PViallat bon 2.jpgeggy Viallat-Langlois sait qu'on ne chasse pas le brouillard avec un éventail. C’est pourquoi au lieu de bétonner la vanité dans le sens du gris elle confectionne sa propre dentelle de couleur tandis que Liron la modèle de ses phrases. Cela évite de sacrifier aux suintements nocturnesdes pleurs inhérents à ce qu'un tel genre rappelle. Même si bien sûr demeurent ce que de telles images fomentent et que souligne Liron : Les hommes font aussi volontairement parfois de ces images dont ils ignorent eux-mêmes le sens et qui les troublent comme nous trouble ce que l'on entrevoit de nos passions, de nos pulsions, des mécaniques inconscientes qui nous déterminent, de ce que fermente notre mémoire."

Viallat bon.jpgNéanmoins l'artiste crée une certaine distance teintée d’humour par rapport à soi-même et au genre. Ce que la vanité généralement ampute, enleve, sectionne,  retranche est métamorphosé. A l'asthénie généralisée de crâne fait place la gourmandise dans le carnaval des couleurs. Si bien que par la "grâce" roturière de l'artiste, les morts ainsi léchés ne restent plus sourds aux compliments qu'elle leur adresse au sein d'un "puits" et d'un soupir non extrême mais post-exotique dans ce qui est souvent l'objet d'une jouissance morbide aussi prégnante que silencieuse

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Jean-Paul Gavard-Perret

Peggy Viallat-Langlois & Jeremy Liron, "Edouard", Editions Strandflat, 2019, 34,00 €.

Leila Ricci : le renversement des idées

Ricci 2.jpg

Leila Ricci oriente son travail photographique vers un certaine abstraction afin de redéfinir la perception du réel. Les notions du haut et du bas echappent afin que l'état des choses soit entraîné dans des saisies insolites voire mystérieuses.

 

 

 

Ricci 3.jpgC'est une manière de déranger l'ordre et le décor. Le sens artistique est mis en évidence par les éléments architecturaux extérieurs comme intérieurs. De telles prises "renversantes"  préservent de l'usure du temps. La photographe lui accorde une patine et des axes originaux. Dans l'évidence d'un solstice aussi net qu'erratique.

Ricci 4.jpgElle propose des basculements et parfois elle greffe des trous dans ses photographies afin de pérenniser cette mutation et rendre des révolutions cinétiques au plan fixe. Le réel reprend vif, les édifices gondolent par la manière dont Leila Ricci multiplie les points de vue possibles où les murs et le décor acquièrent une nouvelle "respiration".

Jean-Paul Gavard-Perret