gruyeresuisse

01/01/2019

Maïa Mazaurette : sans y toucher - enfin presque

Mazaurette.jpgEtre seulement créatrice de tendance à la mode, Maïa Mazaurette - journaliste, blogueuse er romancière - ne s'en contente pas. Son job c'est pas de déshabiller seulement les corps mais de les faire désirer et jouir comme il faut. Coeur avec. L'objectif reste aussi  de secouer le cerveau, de démonter des gueule à l'amour, pour apprendre un peu plus d'égoïsme chez les femmes et un plus d'attention au plaisir de sa partenaire chez les hommes Et pas seulement les jours de fête.

Mazaurette 3.jpgChacun y gagnera. Jusqu'à la planète elle-même. A sa manière l'auteure impertinente est une Anaïs Nin. Elle se moque des tabous, joue des stéréotypes, les exhibants pour rebondir dessus. Elle rappelle que le désir se traverse et que l'amour lui même n'existe que s'il devient "l'âme à tiers" (Lacan)?  Bref, avec un peu de sagesse nous pouvons nous affranchir de tout - pour peu que l'amour soit sale et non un sale amour.

Mazaurette 2.jpgMaïa Mazaurette fait préférer le salace de fruits verts ou mûrs aux salages des interdits. Elle fait briller le dessous des carapaces: chacun chacune lui en rendent grâce et rêvent de se retrouver phagocytés par des baisers empoisonnés qu'une goutte de Chanel fait instiller avant de redevenir poussière et foutre désséché. L'amazone est plus déesse que sorcière. S'affranhissant de tout et avec le temps, elle sait que le plus important dans la vie ( avec le sexe et la tomate mozzarella ) demeure  d'assumer tout et d'être bienveillant avec toutes. Ce qui demande néanmoins un peu de technique kinesthésique.

Jean-Paul Gavard-Perret

(Voir ses différents blogs sur Internet)

Pinocchio n'est pas de bois - Yve Bressande

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Yve Bressande poursuit le recueil(lement) de ses pensées intempestives entre l'aphorisme et l'haiku mais sans jamais se prendre pour un poète voyant. En isolant le fond contextuel de la pensée elle prouve que sa circonférence n'est intéressante que lorsque son cercle est vicieux.

 

 

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Les belles des champs y prennent le rhume des foins face aux Saturne aux taciturnes burnes. Pour chacun les fins du moi semble difficile et sont parfois (surtout lorsqu'ils tombent le dimanche) "un plat de radis sans ciel". Chez Bressande néanmoins l'essentiel est tailleur. L'auteur coupe toutes les mises. Perdants faites vos jeux !

 

 

Bressande 3.jpgCertains d'entre eux croient trouver la martingale en pensant "comme les cons que l'an 2000 est passé". C'est faire beaucoup de cas d'une calendrier qui n'est qu'un cas d'espèce dont l'espace comme l'animal rit. Le poète avance d'un pas plus sûr tout en oubliant le second et c'est ainsi que la pensée trébuche. Le logos admis est réduit à l'état de médicamenteur par notre docteur généraliste. Il se mouche dans son éthernuité.

Jean-Paul Gavard-Perret

Yve Bressande, "Avec un long nez", Gros Texte, Fontfourane, 2018.

30/12/2018

Jan Van Imschoot : c'est là que nous vivons.

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Jan Van Imschoot dans ses fantasmagories picturales fait preuve d'intransigeance et d'autorité. Son geste se veut baroque et anarchiste. Mais l'érudition nourrit un imaginaire encore plus conséquent. Jaillit un monde stupéfiant, bizarre, insolite qui remplace l’occultation par l’occulte.

 

 

Imsshot 2.jpgFace à la médiocrité de notre monde l'artiste offre une forme de surréalisme (belge donc le seul) fait d’une liberté de circulation dans les cultures oubliées ou reconnaissables ((Tintoret, Goya, Tuymans par exemple). L’artiste reste un insurgé. Il ne brûle pas de faire carrière dans la peinture mais dynamite tout ce qui existe autour de lui, autour de nous.

 

 

Imsshot.jpgDivers types de fièvre ou d'attententes animent sa peinture violente par ses couleurs et les mouvements de personnages. Rien de ce qu’on voit habituellement n'est sous les yeux. Pourtant dans ce monde le regardeur mord en de telles images qui lui font face et le toisent. S’y développent des dérives qui ne se peignent nulle part ailleurs. L’inconnu laisse sa trace sur la banquise brûlante d’une utopie que l’œil n’arrête pas et que le geste crée.

Jean-Paul Gavard-Perret

Jan Van Imschoot, "Amore Dormiente", Templon, Nruxelles; du 10 janvier au 23 février 2018