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23/04/2014

Celle qui attend une lettre avec des mots qui dansent : entretien avec Viviane Rombaldi-Seppey

 

 

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Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ? Le désir de croquer la vie

 

Que sont devenus vos rêves d’enfant ? Je les cultive

 

D’où venez-vous ? Des montagnes

 

Qu'avez-vous reçu en dot ? Un esprit voyageur

 

Un petit plaisir - quotidien ou non ? Un bout de chocolat

 

Quelle fut l'image première qui esthétiquement vous interpela ? La profondeur du ciel

 

Et votre première lecture ? Les contes

 

Quelles musiques écoutez-vous ? Bach, Satie, Avro Part, Antony and the Johnsons

 

Quel est le livre que vous aimez relire ? J’aimerais presque tout relire

 

Quel film vous fait pleurer ? « Love story » dans ma jeunesse m’avait fait pleurer du début à la fin.

 

Quand vous vous regardez dans un miroir qui voyez-vous ? Un corps que j’habite

 

Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ? Venise

 

Rombaldi portrait.pngQuels sont les artistes dont vous vous sentez le plus proche ? Spencer Finch, Rivane Neuenschwander, Gabriel Orozco et bien d’autres

 

Qu’aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ? Une lettre avec des mots qui dansent

 

Que défendez-vous ? Le Respect

 

Que vous inspire la phrase de Lacan : "L'Amour c'est donner quelque chose qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas"?  Vision pessimiste de l’amour

 

Que pensez-vous de celle de W. Allen : "La réponse est oui mais quelle était la question ?" vision ironique de l’existence.

 

Quelle question ai-je oublié de vous poser ? Celle dont la réponse est inattendue.

 

 

 

Interview réalisé par J-Paul Gavard-Perret, avril 2014.

 

22/04/2014

Alexandra Navratil : de l’écume à l’image

 

 

 

 

Navratil 1.jpgAlexandra Navratil, « This Formless Thing », Roma Publication, Amsterdam, 2014, “The Museum of the Unwanted”, groupshow, Kunstraum Kolin21, Zug, avril-mais 2014, “Solo exhibition”, BolteLang, Zurich, nov-dec. 2014, « Solo exhibition », CCS Centre Culturel Suisse Paris du 31 oct. au 14 dec. 2014, « Swiss Art Awards », Bâle, 17-21 Juin 2014.

 

  

 

Hölderlin affirmait : "si simples et si saintes sont les images qu'on en a peur". Et si "les enfants en deuil" de Rimbaud demeuraient ébahis devant elles c’est parce qu’ils n'en percevaient pas la complexité tant ils étaient fascinés par leur l'énigme et le mystère. Alexandra Navratil tente de les percer tout en nous apprenant à les regarder. L’artiste pénètre leur  équivoque. Partant de l’imitare (ce que l’image imite, reproduit) elle va vers l’imago (ce que cette re-production produit). Elle utilise pour cela de nombreuses stratégies et techniques : vidéo, photos, installations, dessins, déclinaisons, séries, trompe l’œil,  etc. afin d’explorer  le double champ de l'image : l'icône (ce qui est semblable à son modèle) et l'idole (ce qui reproduit la forme des choses).  L’artiste prouve qu’entre les deux il y a un pas et une passe. Ils engagent une différence capitale dans le rapport qu’entretient le visible à l'invisible. L'idole arrête le regard par saturation. L'icône laisse advenir l'invisible dont elle procède. Existe entre les deux le passage du voyeur au voyant, du dormeur à l’éveillé. Mais Alexandra Navratil prouve combien cette distinction ne cesse de s’auto-troubler » : les séries « This Formless Thing » et « Unstable Ground » illustrent combien il existe ni image absolue, ni une nature « en-soi » de l’image. Dans le processus d'apparition et sur sa surface, objets et formes nous regardent les regarder. Derrière cet apparent paradoxe se cache une vérité première : il ne faut pas voir dans l'image de l'achevé, du final mais de l'appel, de la levée. Alexandra Navratil remet aussi en cause à la fameuse formule "lecture de l'image". L'expression en elle-même génère selon elle (et à juste titre) une impossibilité,  une sorte de contresens. Lire revient à nommer donc à reporter  l'image en un champ qui n'est pas le sien.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

21/04/2014

Emil Michael Klein : le rigide et l'organique

 

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Emil Michael Klein est peintre et sculpteur d’un genre particulier. Partant d’une forme d’abstraction et de suprématisme  ce jeune artiste surprend par ses travaux et leurs exigences. On a pu les voir à Lausanne où il vit mais aussi à Milan, à Paris, à Berlin, Bergame mais aussi à New York. L’artiste crée des formes géométriques rigides et basiques et des composition fluides et organiques. Les deux échappent autant à la pure abstraction qu’à la figuration. En ce sens le couleur possède une importance capitale : elle atténue la rigidité des géométrismes et à l’inverse éloigne les aires qui pourraient sembler figuratives. Chaque œuvre ou série est une exploration guidée par le médium. La sculpture devient le lieu de la fixité et de la grille, la peinture celui d’une danse formelle gaie mais profonde . Elle ressemble à ce que Winnicot nommait  « Squiggle » : un griffonnage coloré. Pour autant il n’existe pas entre ces deux médiums une dichotomie mais deux manières de saisir le monde et de le manifester autant à travers l’ouvert que le fermé.

 

 

 

Klein 3.pngAux rituels de certitude font place l’égarement et la transgression. Les membres rigides des entrelacs créent des marges d’incertitudes. Formes, couleurs, linéarités ou enroulements laissent entrer en nous leur inconscient. Il se met en symbiose avec le nôtre. En ce sens si la peinture et la sculpture restent toujours des Psychés ici elles dé-figurent. L’oeuvre de E-M Klein permet donc un fantastique voyage d'exploration autour des formes et des couleurs. L’artiste prouve aussi que la transgression reste la belle incertitude de l’art. "Perds toi toi-même, possède-toi toi-même" semble dire le plasticien qui dans son absence de figuration ou de narration pousse le voyeur à gratter le visible pour voir dedans.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

15:08 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)