gruyeresuisse

17/07/2015

Jakub Karwowski : retenir ce qui fait défaut

 

 

 

 Karwowski- BON.jpgJakub Karwowski  donne la mémoire de ce dont nul ne se souvient tant la maison de ses êtres parle - lourde et légère de leurs riches heures. Comme retirée en ses modèles l’artiste aime s’y perdre mais sans selon un cérémonial comparables à celui de ces femmes. Elles s’érigent et se fondent dans des grands espaces silencieux. Il est fort à parier des mots reviennent sur leurs lèvres pour dire conjointement l’oublié, le retenu. Il semble aussi que seule la détresse permet  de rencontrer de telles silhouettes.

 

karwovski.jpgIl est alors possible d’entamer un bout de chemin avec elles. Tout reste néanmoins de l’ordre du présupposé. Jakub Karwowski ne fait plus naître des choses. Mais il fait mieux. Mieux qu’un simple assouvissement en ouvrant ce qui est moins hallucinatoire que nécessaire. Le désir visualisé n’est pas seulement celui du corps mais d’une cérébralité impliquée dans ce qui ne peut plus  être vu comme avant. Toutefois et dans la distance - si le regardeur est  vigilant - il trouvera une nouvelle clarté.

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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Images de guère : Peter Piller

 

 

 

 PILLER BON.pngAprès « Materialen (E) – Peripheriewanderung, Winterthur » où l’artiste présenta des photographies laconiques et humoristiquesde la périphérie de Winterthur (ses complexes industriels vieillissants, ses zones résidentielles bien organisées) l’artiste change d’optique et d’atmosphère. Il travaille - selon une perspective qui lui est chère - sur la réinterprétation et la représentation de photographies et d'images d'archives publiées dans d'autres contextes (journaux, Internet, etc.) et qui représentent le bombardement de Bagdad. Découpées dans des quotidiens allemands juste après le début de la deuxième guerre irako-américaine l’artiste les a classées et ré-agencées dans une double  installation murale à Genève et Winterthur et dans un livre d’artiste.

 

PILLER BON 2.pngLe créateur interroge la puissance et les limites à la fois des médiums-supports, de la photographie et de l'art conceptuel. Il prouve combien la représentation elle-même couve - par  formes et  couleurs - des idées, des secrets sans que l'auteur se permette de donner une issue. Toutefois ses reconstructions laissent imaginer divers sens. Preuve que l'imaginaire  peut intervenir sur un contenu voire son contexte. L'artiste montre aussi par ces assemblages que la réalité n'est pas matière à représentation "simple" et irecte. L'approche  devient une pensée, une chambre claire où tout  s'articule selon une circulation dont personne de manière univoque possède la clef et en maîtrise la direction. Toute image reste seulement un ersatz de totem étrangement dressé.

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

Peter Piller – BELEGKONTROLLE  exposition en 2 parties  au Fotomuseum Winterthur et au Centre de la photographie Genève.

 

À l’occasion de la double exposition  un livre constitué de 12 textes d’auteurs est publié  par les éditions Walther König à Cologne

 

 

 

 

 

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13/07/2015

Leoplod Rabus : étoiles des neiges

 

 

 

 

Rabus 2.jpgLes lapines hivernales aux fourrures blanches de Léopold Rabus  semblent égarées sur les routes de montagne des Alpes Suisses. Mais est-ce vraiment des lapines ? Est-ce vraiment des montagnes ? Par collages, les corps, âmes, objets, paysages se dégagent de leur coque.  Rabus impose donc une autre histoire aux histoires avec une autre fin que celle d’une peau de lapin. Il faut donc regarder des figurations pour guérir du réel et prendre un peu d’altitude.

 

 

Rabus.jpgPeu à peu le spectateur se prend de sympathie pour les visiteurs étranges, les « animaux » plus ou christiques de l’artiste. Les blessures du réel ne demandent qu’à s’asseoir près d’eux en un besoin mélancolique de partager le chagrin du temps passé et de découvrir dans leurs masques des reliques la vie cachée. Beaucoup trouve là (non sans raison d’ailleurs) une manière de rire. Mais comment ne pas être touché ? Les corps  sont là pour montrer à ceux qui restent le peu que nous sommes. Lapins, lapines  restent emmitouflés. Ils sont  pourtant des coups de poing aux carottes avant qu’elles ne soient cuites. Personne pour les protéger ou entendre leur cri. Il convient néanmoins de pactiser avec de tels hybrides : est-ce vraiment eux ?  Est-ce vraiment nous ? Tous demandent confusément  pardon mais de quoi sinon des cicatrices faites par les autres à leur terre ?

 

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

 

 

 

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