gruyeresuisse

16/03/2019

Les infiltrés - Charles-François Duplain et Mathieu Charvel

CHFD 4.jpgEntre montage suprématiste de quatre fragments narratifs et les montrages visuels un rien bauhaus qu'ils induisent - mais à bonne distance - se crée le jeu de sourds et de repons entre Charles-François Duplain et Mathieu Charvel.

CHFD 2.jpgLe motif est l'espace (disséminé) dans des arrêts sur image que les textes induisent et déboîtent (entre autre sous l'éffet des CFF que du TGV et de deux sombres héros Théorore et Palimpse Ash sorte de mélange d'Arthur Rimbad et Hash). Aux quatre textes vitaux et vitraux (Etau, Islande, Usine, Arche) répondent ce qui devient le titre décalé du libre (TERRASSES & islande).

 

Existe à la fois mise en boîte et jeu de cloche pied.Charvel semble plus farceur. CHFD ne le serait donc pas... Mais il faut se méfier de l'eau qui dort. Et après tout qui ne dit mot consent. Dans cette suite, la mise en abîme et de filtrage est le seul moyen de prouver que l'on existe. Du moins Mathieu Charvel le donne pour acquis là où dans cet étrange couplage nul ne sait qui suit l'autre. Ni comment ou pourquoi. C'est remarquable, parfait et drôle.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

CHFD & Mathieu Charvel, "TERRASSES & islande", 2019, 20 exemplaire.

 

15/03/2019

Thomas Huber : l'espace en guise de bonnet d'âne

Huber.jpgLa force de l’œuvre de Thomas Huber n’est jamais éloignée de l’impressionnisme mais la dépasse en poussant plus loin les espaces que l'artiste investit. Il faut se laisser happer par une contemplation d’œuvres aux couleurs tranchées, tendues et détendues de manière imposante.

Le travail s’apparente à une sorte de «Visitation». Le fragment crée une belle autorité d’altération ironique ou voluptueuse et une puissance énigmatique en sortant des formes qui volent comme des «exceptions» et deviennent des lois sui generis. Elles suppriment les règles antérieures de la représentation. L'expérimentation ne tient pas seulement de la seule nouveauté technique mais d’une destruction / reconstruction. Elle demande un degré supplémentaire à celles ceux qui veulent mettre à jour la parcelle de réalité qui est la leur.

Huber 3.jpgThomas Huber crée en relief, en à-plat, en des «déformations»  ou profondeur, des espaces qui nourrissent l’imaginaire et désenclavent l’œuvre entière de tout risque d’impasse. Se découvre l’affirmation d’une exception à la règle commune. Tout s’efface au profit d’une symbolique d’un nouveau genre et d’une paradoxale «choséité» particulière et volatile.

Jean-Paul Gavard-Perret

Thomas Huber, "Nemi", Skopia, Genève, du 15 mars au 4 mai 2018.

14/03/2019

Pierre Gattoni : Avanti !

gattoni bon.jpgPierre Gattoni, "o p u s # 4 4 - 44 ans de peinture abstraite", Espace Nicolas Schilling et Galerie Faubourg de l'Hôpital, Neuchâtel, du 19 janvier au 10 mars 2019.

 

 

La peinture de Pierrre Gattoni navigue entre le radicalisme et le brutalisme sans pour autant cultiver la violence ou le provocation. L'artiste se "contente" d'extraire de l'art tout ce qui demeure en lui de supplétif.

 

Gattoni 3.png

Refusant la donnée d'inspiration  romantique ou farcesque , niant tout effet de style symboliste ou fait de contrastes, Gattoni crée un art des plus incisifs. Il cherche une corporalité de la matière et des formes mises en tensions ou en découpages pour créer un jaillissement lumineux.

 

 

Gattoni 2.pngPeu à peu dans l'oeuvre le jeu se complique mais les fondamentaux demeurent. Rien n'a lieu que des mises en rapports autant inédits qu'improbables parfois de manière subtilement insensibles. La technique possède chez lui des contraintes d'efficacité en créant des recherches de couleurs qui donnent à la peinture jeunesse, vigueur, intempérance (mesurée)  et une sorte de faux nihilisme comme suprême ironie.

Jean-Paul Gavard-Perret

20:14 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)