gruyeresuisse

14/01/2021

Nouveaux enjeux de l'image : Blanca Blarer et Andri Stadler,

Stadler.jpgBlanca Barer, «Quiet Noise», Andri Stadler, «2+2=5», Galerie Mark Müller, Zurich, 15-16 janvuer2021.

 
Les deux artistes suisses Blanca Blarer et Andri Stadler provoquent, dans une approche conceptuelle et abstraite de leurs travaux,  un glissement du réel dans le symbolique.  Les images se transforment subrepticement selon une radicalité contre toute instrumentalisation de l'image.
 
Barer2.jpgCes modalités ouvrent à une nouvelle perception. L'image se diffracte en parcelles et une sorte de dénudation et une neutralité expressionniste pour  tenter de trouver l’essence du langage. Le tout en supprimant des constructions sociales des images et leurs codes. L'image échappe au stéréotype et n'agit plus comme un outil de régulation.
 
01_der_doppelte_blick-1023x804.jpgSe produit une forme de souplesse qui fait bouger le connu et de stable moins pour émouvoir qu'inquiéter, pour accueillir la nouveauté et l’adapter. Si bien que les modèles d'identification sont modifiés par la sphère d'action des deux artistes. Ils intègrent de nouveaux enjeux tant par le "dessin" que ses matières. De telles oeuvres deviennent des carrefours de signification singulières et contiguës où tout se construit et déconstruit.
 
Jean-Paul Gavard-Perret

12/01/2021

Les hantises de l'air de Sylvain Granon

Granon.jpgSylvain Granon, "Résonances", galerie ligneTREIZE, Carouge, Genève, du 16 janvier au 12février 2021.
 
 
 
Sylvain Granon  évoque le mystère qui prélude aux germes de la présence du réel. La vision est remodelée à l’épreuve d’une rupture entre le sens idéal de la figuration et la présence d'espaces qui évoluent au gré de la lumière  dans la singularité divers moments.
 
Granon 2.jpgCette hantise de l'air  reste néanmoins la  nourriture terrestre et impalpable de la création. Durée et simultanéité ne font qu’un dans la genèse de l’espace. Restent des volutes sourdes et mouvantes gouvernées selon des modulations de vagues. Elles s’élèvent ou s’abaissent par poussées et strates en divers courants  si bien que chaque œuvre recèle en elle un étrange kaléidoscope.
 
Granon 3.jpgExiste dans chaque peinture une immobilité vibrante et agissante qu’exaspèrent des couleurs absorbées sourdement ou la violence de la matière.  L’artiste semble s’absenter mais il est terriblement présent pour laisser tout le champ à ce qu’il ouvre et projette à la lumière sombre répercutée d’étape en étape en un roulement silencieux.
 

Jean-Paul Gavard-Perret

11/01/2021

Solange Kowalewski : l'instantané et l'intemporel

Kowalevski.jpgLe travail photographique de Solange Kowalewski est constitué de séquences documentaires qui deviennent des sortes de fictions. En découle une poussée poétique gage d’un imprévisible tout en créant un resserrement du sens. Le tout selon une mécanique qui crée tout un jeu de bascule dans l’esprit et le regard.

Kowalewski 2.jpgSur une base commune, la plasticienne exprime de qu'elle ressent face aux "paysages" dans ce qui devient possiblement étrange. L'oeuvre met donc en abîme autant l'image que le réel selon des "notules" visuelles » qui pourraient ressembler à celles d’un journal intime mental tissé visant non à recopier du réel mais le réinventer en un ordre d’autonomisation, de suspension, de résistance. Plutôt que de se figer devant l'immuable le plus souvent Solange Kowalewski s'oppose à l'inexorable déni du temps.. 

Kowalewski  3.jpgEn mettant la notion de littéralité au premier plan, de manière certaine mais pas uniquement, la saisie brute du réel, le témoignage concret se transforment. La distance fait partie de ce travail qui se refuse autant à l'auto-représentation qu'à la présence de l'humain. Et si ce royaume reste sans reines ni rois, l'artiste est bien présente là où out est affaire à la fois de proximité et de distance. Et cette double postulation accentue le plaisir l’attention et la surprise. 

Jean-Paul Gavard-Perret

https://www.solangekowalewski.com/