gruyeresuisse

29/12/2015

Les rumeurs à voir de Thomas Hauri

 

 

Hauri.jpgThomas Hauri, Kunsthaus Baselland, du 20. Janvier au 6. Mars, 2016

 

Avec un minimum de couleurs Thomas Hauri poursuit un travail à la fois de superposition et d’effacement de l’image selon bien des réminiscences du langage de l’architecture. Divers pans transparents créent un feuilletage fomenté par tout un système de brossages, de ponçages et d’épongeage. L'ensemble met la représentation en abîme. De telles « images » désorientent le regardeur, elles ouvrent un autre espace et donnent quelque chose qui devient une rumeur à voir.

Hauri 2.pngExiste une tension permanente dans un processus dynamique. Il tient en partie du témoignage et de la mémoire dans les traversées qui proposent un dépassement de la pure contemplation. L’image s’inscrit dans un processus paradoxal. Il s’ouvre par des « abandons » successifs que Hari Hauri 3.jpgfomente au moyen de sa méthode de création. L’image fixe est donc soumise à divers systèmes de variations. Elle fait face sans qu’il faille chercher forcément à collecter l’authentification de ce qui est présenté. L’image est construite d’une part pour ce qui lie à elle émotionnellement à travers les vertiges qu’elle induit. D’autre part chaque œuvre devient une machine à penser pour forcer le regardeur à la comprendre.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

11:09 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

28/12/2015

Le lieu des signes : Werner Bischof

 

Bischof 4.pngWerner Bischof, « Point de vue » & « Helvetica », le Musée de l’Elysée Lausanne, 2016.

Bischof.jpgA l’occasion du centième anniversaire de la naissance du photographe suisse Werner Bischof (1916-1954), le Musée de l’Elysée présente deux expositions. La première intitulée « Point de vue » produite par Magnum Photos propose 200 tirages originaux, et parfois inédits choisis dans la collection du « Werner Bischof Estate » de Zurich ainsi que des planches-contacts, des livres, des magazines et des lettres personnelles de l’artiste selon une installation multimédia créée pour l’occasion. La seconde exposition, est produite par le Musée de l’Elysée. Nommée « Helvetica » elle se concentre sur les années suisses de celui qui traversa à multiples reprises le monde. S’y découvrent période de formation, travail en studio, mode, publicité, et années de guerre où l’artiste devient photographe de reportage en travaillant pour le magazine « DU ».

 

Bischof 3.jpgIl existe chez Bischof un langage très particulier qui mélange exubérances spatiales et divers processus de « maquillages » du corps. L’artiste crée des entrelacs avec des figurations énigmatiques et renversantes. Détournant les apparences séductrices consuméristes des magazines de mode il métamorphose le conformisme dans les « pulp-fiction » de productions intempestives et toujours pertinentes: l’immense devient petit, l’inverse est vrai aussi. Une confusion programmée fait le jeu non seulement de la fantaisie mais de la poésie. Celle-ci arrache toute littéralité à la représentation. Et ce afin d’atteindre une forme d’essence du « photographisme ».

Jean-Paul Gavard-Perret

06:54 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

27/12/2015

Frédérique Pottier : Mademoiselle sans le blues

 

 

 

Pottier 3.jpgFrédérique Pottier est une photographe discrète. Adepte des jeux entre le vrai et le faux, elle invente des mises en scène de la nudité et de l’intime. Il s’agit d’atteindre des lieux où le monde se Pottier 2.jpgtransforme en fiction et la fiction en réalité afin d’empêcher le grande jour de tomber sur la perception et sur les représentations de la psyché féminine rendue à elle-même. De telles propositions répondent au désir de rester dans la nuit  à jouer sous la lune au théâtre des ombres.

 

Pottier 2.jpgCe travail permet de combattre le faux ou tout au moins d’aider à faire un certain tri au sein d'une certaine solitude au moyen de l’ombre de présences allusives hors champ. Les Pottier 4.pngimages telles que les propose Frédérique Pottier sont le contraires de ce que Lacan nomma des « re-pères mélancoliques» garantes de la répétition de la loi d’une interprétation à l’identique. A l’inverse, ici, dans ces miroirs plus qu’étranges, photographe et modèles ne cherchent pas à donner un réconfort aux croyances. Elles sont tordues afin que nos représentations gagnent en souplesse par le génie du lieu que propose Frédérique Pottier.

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Site de l’artiste : http://www.mesdemoiselles.book.fr/