gruyeresuisse

21/02/2019

Agnès Jouhandeaux : comme si. Comme ça.

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Proche dans l'esprit de photographes tels que Erwin Olaf, Vivianne Sassen, Kasia Bielska, Agnès Jouhanndeaux joue avec la lumière, les récits et les mythes sans chercher à imiter des styles mais en cultivant son propre langage ironique. Médée se déchaîne et la mémoire latine s'enrichit d'une modalité inédite.

 

 

 

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La photographie devient la mémoire de ce qui n'a pas été montré "comme ça" jusqu'ici. L'artiste s'intéresse par l'imaginaire et ses reprises à la promesse plus qu'à l'acquis des mythes. Surgit un monde étrange où tout ce qui s’est en allé dans le temps semble revenir mais de manière obviée. La femme sort de derrières ses fagots cités et joue au besoin les "gigolotes" rigolotes.

 

 

 

AgnesJouhandeaux 3.jpgFin et commencement, dehors et dedans coexistent, comme superposés et présents dans une même vibration. En l’œuvre tout commence ou recommence, inlassablement. L’intime du presque nu se fait discret par effet de superpositions ironisées. Tout se passe comme si l’artiste entretenait avec son travail une immense vénération et une formidable dérision.

Jean-Paul Gavard-Perret.

Agnès Jouhandeaux, "Mythologie", Galerie la Fontaine Obscure, Aix en Provence, du 5 au 23 février 2019.

20/02/2019

Viviane Sassen au Locle

VSassen 1.jpgiviane Sassen, "Totem",Musée des Beaux-Arts Le Locle, du 16 février au 26 mai 2019

Vivian Sassen à travers divers jeux de miroirs, de collages et inscrustations propose une manière de transformer le monde et d'en faire jaillir un insconscient. Si bien que la narration devient un autoportrait sublimé et généralisable de l'artiste et de sa féminité par le biais d'un certaine fantastique ou merveilleux

 

 

 

Sassen 2.jpgExpérimentant divers types de saisies et de mises en scènes, l'artiste donne au corps féminin une prégnance et une densité mais aussi une légèreté particulières entre divers états de rêve et de réalité où la maternité n'est pas oblitérée entre mouvements et chorégraphies particulières.L'artiste propose des transpositions jamais gratuites mais qui laissent au regardeur la liberté d'interprétation.

 

 

Sassen 3.jpgTout se joue entre sensualité et tendrese transposées à travers des placages de plusieurs natures. Les traces de l’âme et du corps transfusent en une communion des sens là où la femme n'est plus un objet érotique mais retrouve par glissements son entière présence. Des espaces d'harmonie et de contrepoint, une perméabilité impénétrable mais fortement poétique métamorphosent les éléments constitutifs de l’image et ses poncifs.

Jean-Paul Gavard-Perret

16/02/2019

John et Yves Berger héritiers l'un de l'autre

Berger.jpgFace à son fils John Berger, s'abandonne, fait simple, ne "devise" jamais. Il parle de la peinture de la manière la plus pertinente. Quelques lignes permettent de passer en revue De Kooning, Beckmann, Kokoschka pour qui "la lumière est un geste d'adieu". Et soudain tout est dit dans un retour vers le fils et un passage de témoin.

 

 

 

 

Berger 2.jpgLe tout dans une dialectique. Père et fils s'envoient des images les commentent. S'envoient des idées sur l'art et les visualisent. Dans cette parenté peut s'oser "ce qui s'ouvre sur le trop grand" comme sur les ratages ressentis entre le visible et l'invisible. Les deux permettent de comprendre ce que voir veut dire. Pour autant nulle théorisation dans cet échange.

Juste ce qui se passe dans l'art comme dans la proximité d'un père et d'un fils loin des mièvreries du pathos. Et juste parfois un dessin de John : celle d'une souris en cage. Chaque fois que le père en attrapait une dans la cuisine de la maison familiale du Faucigny il en faisait un dessin avant de prendre sa voiture pour aller libérer l'animal un peu plus loin. Qu'ajouter de plus ? Avec les deux correspondants les souvenirs ne sont jamais "pagnolesques" : ils ont toujours un sens. Celui de l'art et de la vie.

Jean-Paul Gavard-Perret

John et Yves Berger, "A ton tour", traduction de Katya Berger Abdreadakis, L'atelier contemporain, Strasbourg, 2019, 104 p. 20 E.